D’Icardi à Slimani. En termes d’ascenseur émotionnel, difficile de faire mieux que celui connu par les supporters de l’AS Monaco fin août. Le mercato est ainsi fait : le premier nom sorti n’est pas toujours le dernier choisi. Alors que Radamel Falcao pousse son départ vers Galatasaray, l’ASM s’affaire pour lui trouver un remplaçant. L’Argentin est ciblé avec la volonté de l’associer à Wissam Ben Yedder. Face au refus du nouveau joueur parisien, Jardim sort sa botte secrète : Islam Slimani.
Euphémisme : l’enthousiasme est mesuré sur le Rocher. Perdre son capitaine, qui assure la bagatelle de quinze buts a minima par saison, pour le remplacer par un attaquant à la forme inconnue ressemble à un panic-buy parfait. Car, à l’époque, pour parier sur Slimani, il n’y a pas grand monde. L’Algérien n’est plus la machine à marquer révélée à l’Europe par le Sporting Portugal (57 buts en 111 matches).
Le 31 août 2016, l’Algérien change de dimension. L’inédit champion d’Angleterre, Leicester, sort la tirelire pour l’arracher au club portugais. 30 millions et 5 de bonus pour celui qui va devenir le joueur le plus cher de l’histoire des Foxes. Sur le papier, tout semble coller : un attaquant de fixation puissant, travailleur et buteur, que demander de plus ?
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Ryad Mahrez et Islam Slimani, les deux attaquants de Leicester.

Crédit: AFP

5 buts en un an et demi

Après des débuts prometteurs (6 buts en 16 matches) avec son pote Riyad Mahrez, Slimani subit le contrecoup d’une CAN décevante sur le plan collectif (élimination en poules pour les Fennecs algériens). Claudio Ranieri a dû plier les gaules et l’attaquant est sujet à des blessures qui le coupent dans son élan. Le début d’une longue descente aux enfers.
Les pépins s’accumulent et son temps de jeu se réduit. Fin janvier 2018, il est prêté à une équipe de Newcastle en difficulté. Quatre matches et aucun but avant un prêt à Fenerbahçe où il retrouve des couleurs, sans forcément crever l’écran (25 matches, 5 buts). Autrement dit, avant la CAN 2019, Slimani n’a marqué que cinq buts en un an et demi en club.
Entre temps, en revanche, Slimani s’est rapproché des 34 buts d’Abdelhafid Tasfaout avec les Fennecs en portant son total à 28 pions, égalant le mythique Rabah Madjer. Il a aussi soulevé le Graal avec cette Coupe d’Afrique si désirée cet été. A ce moment-là, Slimani est un paradoxe : au summum en sélection, indésirable en club. Sans pour autant faire l’unanimité autour de lui. "Il y a toujours eu un avis mitigé sur lui car il n'a pas le style que les Algériens aiment", reconnaissait, lucide, Djamel Belmadi.*

7e j. - Jardim : "Slimani est un joueur qui travaille pour l'équipe"

A aucun moment, on ne peut se relâcher avec lui
Leonardo Jardim, lui, aime ce style-là. Car des avants-centres aussi durs au mal, c’est assez rare. Et parce que son profil colle exactement à ce qu’il cherche. Leur année passée ensemble au Sporting, en 2013-2014, l’a convaincu que Slimani-Ben Yedder était le duo idéal. Voilà donc le Portugais qui le ramène auprès de lui dans un moment compliqué, quand son ASM tangue et que son poste est menacé.
En l’espace d’un mois, personne ne viendra lui reprocher son choix. Avec son récital du dernier match face à Brest (4-1, un but et trois passes décisives), Slimani a mis définitivement le Rocher dans sa poche. Et la Ligue 1 avec, au vu de son bilan statistique impeccable.
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Puissant et altruiste, le numéro 20 monégasque forme avec Ben Yedder l’un des duos les plus complémentaires du championnat. "Peut-être parce qu’on a du sang arabe", s’est-t-il marré après le nul à Strasbourg (2-2). Libéré, WBY peut se balader sur le front de l’attaque librement et récupérer les remises intelligentes de son partenaire d’attaque. Parfait pour son profil. Le pivot Slimani se charge du sale boulot et bonifie presque tous ses ballons offensifs. Et quand on sait qu’il est le premier à lancer le pressing, on se dit que Jardim a décidément eu le nez creux.
"A aucun moment, on ne peut se relâcher avec lui", a même regretté le Strasbourgeois Stefan Mitrovic après coup. Celui qui joue "avec rage" court encore après la reconnaissance comme il l’expliquait en 2018 : "Quand on vient d'Algérie, il faut prouver plus que les autres, être trois fois meilleurs pour être à la hauteur aux yeux de certains". Il est déjà à la hauteur de la Ligue 1. Et après tout ce qu’il a vécu, ce n’est pas rien…

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