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Nice-Bordeaux, le choc des "projects"

Nice-Bordeaux, le choc des "projects"
Par AFP

Le 08/11/2019 à 00:07

LIGUE 1 - Vendredi soir (20h45), le projet britannique de Nice va affronter le projet américain de Bordeaux. L'occasion de faire la comparaison entre les deux projets.

Le "British project" façon Ineos de Nice confronte son ambitieux modèle à l'"American project" de Bordeaux, d'un an son aîné, vendredi sur la Côte d'Azur pour la 13e journée de Ligue 1 (20h45). Étude projet contre projet.

  • Propriétaires: Grosse fortune contre fonds d'investissement

A Nice, le nouveau patron est une des plus grosses fortunes mondiales, fluctuant entre la 100 et 110e place du célèbre classement Forbes. Jim Ratcliffe, 67 ans, fondateur et actionnaire majoritaire d'Ineos, groupe pétrochimique de dimension mondiale, farouche partisan du Brexit et résident fiscal monégasque, peut faire rêver les supporters des "Aiglons". Surnommé outre-Manche "JR" (le méchant d'une série américaine) ou "Dr No" (le célèbre adversaire de James Bond), après ses bras de fer avec les syndicats et les élus, Ratcliffe n'est pas venu pour faire de l'argent, mais pas non plus pour en perdre, comme lui et son frère Robert, patron opérationnel du GYM, l'ont souvent répété.

Jim Ratcliffe

Jim RatcliffeGetty Images

A Bordeaux, passé sous pavillon américain il y a tout juste un an, les fonds d'investissements GACP (actionnaire manager) et King Street (actionnaire majoritaire) ne l'ont jamais caché: ils entendent profiter de la manne des futurs droits télé pour faire de l'argent. Si le président du conseil d'administration est le New-Yorkais Joe Da Grosa, le projet sportif est piloté par son associé portugais Hugo Varela (ancien agent et coordinateur sportif de GACP), qui n'apparaît pas dans l'organigramme. La présidence a été confiée à Frédéric Longuépée, ancien dirigeant du Paris SG, qui chapeaute l'Espagnol Eduardo Macia, le directeur du football débauché à Leicester cet hiver, et l'entraîneur portugais Paulo Sousa, venu avec un staff pléthorique.

  • Investissements : Nice plus actif sur le mercato

Si les deux nouveaux propriétaires ont payé chacun une centaine de millions d'euros pour leur club (Ratcliffe un peu plus), la politique d'investissements sportifs semble déjà plus avancée à Nice. Le Gym a bouclé dans l'urgence, en cinq jours, après la conclusion du "deal", un mercato anticipé en amont. Les Britanniques ont fait revenir le duo de dirigeants Jean-Pierre Rivère (président) et Julien Fournier (directeur du football) et donné plus de moyens à leur politique de valorisation de jeunes joueurs prometteurs, revendus ensuite plus cher.

Jean-Pierre Rivere (Nice) le 11 janvier 2019

Jean-Pierre Rivere (Nice) le 11 janvier 2019Getty Images

Un peu plus de 50 millions ont permis les transferts sans précédents à Nice de l'international danois Kasper Dolberg (Ajax), d'Alexis Claude-Maurice (Lorient), du Parisien Stanley Nsoki et du prêt payant de l'international algérien Adam Ounas (Naples), formé à... Bordeaux.

Chez les Girondins, Da Grosa avait promis 80 millions d'euros d'investissements, mais deux mercatos plus tard, de nombreux observateurs s'interrogent sur la promesse du patron de GACP. Après avoir bien vendu Jules Koundé à Séville (25 M EUR) ainsi que le Danois Lukas Lerager au Genoa (6 M EUR), et dû éponger le classique déficit de fonctionnement, le "low-cost" a primé l'été dernier avec l'arrivée de joueurs libres (Mexer, Benito, Kwateng), une trouvaille peu onéreuse (Hwang) et un prêt (Aït Bennasser). Finalement, l'arrivée de l'expérimenté Laurent Koscielny a crédibilisé un peu le projet, mais Sousa réclame des renforts via quelques piques en conférence de presse.

Paulo Sousa (entraîneur de Bordeaux)

Paulo Sousa (entraîneur de Bordeaux)Getty Images

  • Supporters : moins d'enthousiasme à Bordeaux

A Nice, les "Welcome Mister Ratcliffe" contrastent avec le kop vide de Bordeaux contre Saint-Étienne, sur fond de colère des supporters contre leurs dirigeants. Les Ultras azuréens ont été parmi les tout premiers à rencontrer et à échanger sur leur vision et les projets du club avec Bob Ratcliffe. Les sifflets des supporters, dimanche dernier au coup de sifflet final de Nice-Reims (2-0), visaient plutôt la gestion minimaliste de la seconde période des Aiglons.

A Bordeaux, les griefs des Ultramarines, principal groupe de supporters girondins, visent depuis quelques semaines le président Longuépée, à qui ils reprochent ses méthodes, son relationnel et sa vision du football, ainsi qu'Antony Thiodet, directeur de la stratégie commerciale. Côté sportif en revanche, malgré des débuts marqués par six défaites de rang à la fin de l'exercice précédent, Sousa semble trouver grâce aux yeux de la majorité, qui le soutient et croit en lui pour que Bordeaux, actuellement 6e, retrouve l'Europe de manière pérenne... Soit le même objectif que Nice, seulement 13e.

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