Sept matches, sept victoires, Monaco est inarrêtable cette année. L'ASM va viser un dixième match sans défaite dimanche contre Lorient (13h) et confirmer sa folle série. Séduisante dans le jeu, efficace devant le but adverse, l'équipe de la Principauté est la formation la plus en forme de Ligue 1. Paradoxalement, sa star ne peut en dire autant. Wissam Ben Yedder a retrouvé son sens du but récemment, auteur de deux doublés depuis un mois, à Montpellier et contre Nice. L'attaquant se doit pourtant dernièrement de ne pas traîner pour trouver le chemin des filets. Ben Yedder n'a plus terminé une rencontre depuis deux mois, une tendance qui tend à s'accroître au fil des semaines.
Un capitaine absent des débats au coup de sifflet final, l'image est rare. Elle est pourtant devenue monnaie courante sur le Rocher. Wissam Ben Yedder a été remplacé en cours de match lors de ses dix derniers matches de Ligue 1. Depuis le 15 janvier, l'avant-centre ne cesse de voir son temps passé sur la pelouse se réduire. De 80 minutes à Montpellier, son heure de sortie a été rapportée à la 56e minute à Nîmes dimanche dernier. Ce qui n'a pas semblé le ravir, bien au contraire.
L'ancien de Toulouse et du FC Séville s'est pourtant longtemps forgé une réputation d'homme des fins de rencontre, régulièrement décisif dans les moments cruciaux, en particulier en Andalousie. "WBY" a inscrit plus d'un cinquième de ses buts après la 75e minute en club (37/166 selon Transfermarkt, soit 22,3%). Quelle mouche pique donc Niko Kovac de se priver de son principal atout offensif, reconnu pour ses qualités dans le money time ?
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"La période du Covid m'a un peu ralenti"

Visuellement, Ben Yedder semble régulièrement émoussé à mesure que les rencontres avancent. L'attaquant de 30 ans avait été touché par le coronavirus durant le rassemblement de l'équipe de France le 12 novembre dernier, quelques heures après avoir affronté la Finlande. Avec Monaco, il n'avait pu prendre part au choc contre le PSG, avant de ne jouer qu'une petite demi-heure pour sa reprise le 29 novembre contre Nîmes. "Ce n'était pas facile la période du Covid, elle m'a un peu ralenti" consentait volontiers le joueur le 21 janvier dernier en conférence de presse. Tout en assurant être désormais "en bonne santé".

Kovac : "Il faut être prudent avec Ben Yedder"

"Dans le choix de l'entraineur de faire sortir un joueur offensif comme ça même s'il est important, il peut y avoir la dimension athlétique, nous avance comme hypothèse Jocelyn Gourvennec. C’est-à-dire qu'avec la répétions des matches, il peut y avoir la peur que le joueur se blesse." Une sortie avant le coup de sifflet final reste un des moyens les plus sûrs de Niko Kovac afin d'éviter un pépin physique à son attaquant vedette. D'autant plus que l'ASM a pris la bonne habitude de se mettre assez rapidement à l'abri en 2021. "Quand tu mènes au score ce qui arrive régulièrement à Monaco en ce moment, Kovac souhaite peut-être avoir un attaquant qui fera plus d'efforts et plus de courses", explique Jocelyn Gourvennec.

Kovac, entre style éreintant et abondance de biens

Le technicien croate impose à ses attaquants un travail défensif constant, héritage de ses racines puisées dans le jeu pratiqué en Bundesliga, berceau du gegenpress. "J'ai dit à Wissam : 'Écoute, Kevin Volland travaille aussi beaucoup pour l'équipe, pourtant, il marque et donne des passes décisives, racontait Niko Kovac avant la rencontre à Montpellier le 15 janvier. En travaillant moins ou courant moins, tu ne marqueras pas forcément plus. Kevin démontre d'ailleurs le contraire."
Car outre Ben Yedder, Niko Kovac dispose des ingrédients pour répondre à son exigence. La grosse densité offensive de l'effectif monégasque lui offrent les deux revers d'une même pièce. D'un côté, l'ancien coach du Bayern Münich peut pianoter à sa guise pour constituer son onze de départ. De l'autre, il se doit aussi d'offrir du temps de jeu à tous ses protégés pour maintenir leur forme physique et leur capital confiance. Excellent depuis novembre, Kevin Volland justifie pleinement les opportunités laissées par son coach. L'Allemand est impliqué sur 44% des buts monégasques sur la période. Alors quand Volland flambe, le moindre coup de pompe de Wissam Ben Yedder l'expose à être la première option pour faire tourner la ligne d'attaque de l'ASM.

Kevin Volland et Wissam Ben Yedder (AS Monaco)

Crédit: Getty Images

Derrière, les candidats à un temps de jeu plus important ne manquent pas. Stevan Jovetic n'a pas la caisse pour enchaîner les efforts, mais sa patte droite en fait un supersub redoutable (deux buts en janvier contre Angers et Marseille). Le jeune Italien Pietro Pellegri piaffe toujours d'impatience quand son corps veut bien le laisser tranquille. Et c'est sans compter les nombreux éléments de couloir pouvant offrir d'autres options tactiques tels la recrue hivernale Krépin Diatta ou le Russe Aleksandr Golovin en plein retour de grâce.
"Mais le plus important, c'est que Ben Yedder est titulaire tout le temps, c'est le capitaine, tempère Jocelyn Gourvennec. C'est ça la marque de confiance de son entraîneur. Quand un joueur sort, il ne faut pas qu'il oublie que s'il sort, c'est qu'il était titulaire…" Wissam Ben Yedder possède ainsi le troisième temps de jeu du groupe monégasque, sans jouer 90 minutes régulièrement. Cadre inamovible du quatrième de Ligue, l'international est peut-être moins présent, mais pas moins dangereux. Une fin de saison réussie mais à l'économie serait la meilleure des nouvelles pour lui afin de postuler à l'Euro l'été prochain.
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