Jesé et le PSG, c’est terminé. Le club parisien a annoncé ce dimanche avoir résilié le contrat de l’Espagnol, acheté au Real Madrid à l’été 2016, par consentement mutuel. Loué pour sa polyvalence et destiné à être une doublure crédible à Edinson Cavani à son arrivée, l’attaquant s’est finalement avéré être un boulet. Un poids non seulement sportif, mais également financier pour Paris, comme le montrent des chiffres tour à tour faméliques et exorbitants.

25 millions : la fausse bonne affaire

Ligue 1
Le PSG résilie le contrat de Jesé
06/12/2020 À 09:32

Lors d’un été 2016 où Paul Pogba est devenu le joueur le plus cher de l’histoire en signant à Manchester United pour 105 millions d’euros, payer 25 millions d’euros pour un attaquant prometteur du Real Madrid pouvait ressembler à une bonne affaire. Jesé, alors international espagnol bien coté malgré ses difficultés à s’imposer chez les Merengue, avait des airs de doublure convaincante. Quatre ans après, le PSG doit regretter d’avoir signé un tel chèque.

Rendez-vous compte : Jesé Rodriguez est le deuxième joueur le plus cher de l’été 2016 en Ligue 1, derrière Grzegorz Krychowiak, un autre échec à Paris (27,5 millions d’euros), et devant la doublette Sidibé - Mendy à Monaco (respectivement 15 et 13 millions). Dans l’histoire du PSG, il est tout de même le 20e joueur le plus cher de l’histoire. Devant un certain Zlatan Ibrahimovic, acheté seulement 21 millions d’euros...

Jesé Rodriguez sous le maillot parisien lors du match face à Lens en 2020

Crédit: Getty Images

400.000 euros par mois : mieux que Bernat ou Kurzawa

L’Espagnol n’aura pas coûté que 25 millions au PSG. Car il n’était pas parmi les moins bien lotis au point de vue du salaire, loin de là. Avec une fiche de paie estimée à près de 400.000 euros bruts par mois (soit près de 4,8 millions d’euros par an), Jesé se situait dans la moyenne de l’effectif, et même au niveau de certains cadres.

L’ancien Madrilène était ainsi proche de Thilo Kehrer (4,9 millions d’euros annuels), Pablo Sarabia (5,4 millions) ou Layvin Kurzawa (4,5 millions), se situait loin devant les latéraux Juan Bernat (3,6 millions) ou Alessandro Florenzi (3,9 millions), et talonnait la recrue Rafinha (5,2 millions) - qui a déjà joué, en quelques mois, quasiment autant de matches (12 contre 18) que Jesé en plus de quatre ans sous le maillot parisien...

Éternel retour, mieux payé que Sarabia ou Bernat : Jesé, symbole du fiasco de 2016

4 prêts : l’impossible vente

Pas convaincu par Jesé après des premiers mois compliqués, le Paris Saint-Germain a rapidement essayé de s’en séparer. La stratégie ? L’exposer en prêt pour lui faire gagner de la valeur. Mais il y a eu un hic : Jesé n’a jamais réussi, hormis quelques mois à Las Palmas, à retrouver un niveau correct et à s’approcher de statistiques dignes de son statut. Le bilan, fin 2020, fait mal.

L’Espagnol a été prêté quatre fois en quatre ans, pour un temps de jeu et des statistiques à chaque fois, ou presque, très faibles. D’abord à Las Palmas (3 buts) dès l’hiver 2016-2017, puis à Stoke City (1 but) en 2017-1018, au Bétis Séville (2 buts) la saison suivante et enfin au Sporting Portugal (1 but) l’année dernière. Chaque été, Jesé est revenu. Au grand dam de Paris, qui a fini par faire une croix sur une éventuelle revente. Le site spécialisé Transfermarkt n’estime de toute façon la valeur de l’Espagnol qu’à trois petits millions d’euros. Bien loin de 2016.

Jesé sous le maillot du Betis

Crédit: Getty Images

0,11 but par match : un ratio miséreux au PSG (et ailleurs)

L’adage veut qu’un attaquant soit d’abord jugé sur ses statistiques, et celles de Jesé se suffisent à elles-mêmes. Depuis son arrivée, l’ancien du Real n’a porté le maillot du PSG qu’à 18 reprises, pour un total de… deux buts. Soit un ratio de 0,11 but par match. Pour rappel, celui d’Edinson Cavani, dont il devait être la doublure, s’approche de 1 but par match en 301 rencontres parisiennes.

Ses difficultés se sont elles aussi exportées : 1 but en 17 matches avec le Sporting (0,05 but par match), deux en 18 rencontres avec le Betis (0,11), un seul en 14 avec Stoke City (0,07), et trois en 16 avec Las Palmas (0,18), sa meilleure performance durant les quatre ans de son bail parisien. Avec le Real, l’Espagnol émargeait à 0,19 but par match, avec 18 réalisations en 94 apparitions.

Jesé à Stoke City

Crédit: Eurosport

0 achat de l’été 2016 encore à Paris : le symbole d’un échec

Krychowiak, Ben Arfa , Meunier, Lo Celso et Jesé : voici le tableau de chasse du mercato estival de 2016 à Paris. Cette année, après le départ du Belge et la résiliation de contrat de l'Espagnol, il n’en reste plus aucun dans la capitale. Et la plupart sont, comme ce dernier, des échecs totaux pour le club parisien. Hormis Giovanni Lo Celso, qui a permis au club de réaliser une belle plus-value en partant pour 22 millions d’euros au Betis, et Thomas Meunier, qui a correctement rempli son rôle avant de partir fâché à Dortmund.

Les autres transferts p​arisiens de 2016 n’auront pas laissé de grands souvenirs. Krychowiak, joueur le plus cher de L1 cet été-là, a quitté le club après 19 matches. Hatem Ben Arfa a été mis au ban et a alimenté un feuilleton médiatique plus que sportif. Et Jesé, lui, aura plus fait parler pour ses exploits musicaux que footballistiques. Avant de mettre dimanche un point final à une aventure qui a tout du fiasco.

Krychowiak, Jese, Kimpembe et Ben Arfa

Crédit: AFP

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