Réussir sa sortie n’est pas chose aisée. C’est peut-être même ce qu’il y a de plus compliqué. Parce qu’on part souvent trop tard. Steve Mandanda, lui, n’avait pas envie de rater la sienne. Alors, il est parti plus tôt. L'international français (34 sélections) a quitté l’Olympique de Marseille à deux ans de la fin de son contrat et malgré une reconversion assurée dans les rangs d’un club dont il a porté les couleurs plus que quiconque dans l’histoire (613 matches).
Arrivé en 2007 en provenance du Havre et accompagné de belles promesses rapidement transformées en actes, fidèle au poste depuis - hormis à l'occasion d'une parenthèse londonienne non concluante quand le Marseillais s’était dit qu’il était temps d’aller voir ailleurs -, Steve Mandanda a finalement quitté ses pénates phocéens. A priori, sa fin de carrière, Il Fenomeno la vivra du côté du Stade Rennais où il s'est engagé pour deux ans dans la foulée.
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Mandanda (OM), décisif face à Rennes

Crédit: Getty Images

Sa sortie du Vélodrome, Steve Mandanda l’a, à sa manière, réussi. Et sans doute bien mieux qu’il ne l’imaginait il y a un an, quand Jorge Sampaoli et l’OM lui avaient mis Pau Lopez dans les pattes. A la fin de l'été, le coach argentin avait même décidé de faire de l’Espagnol son numéro 1, parce qu’il avait de meilleurs pieds que le champion du monde 2018.

Communiqué laconique

Cantonné au banc de touche et quelques miettes, alors que son coéquipier et rival montait en puissance et finissait par prouver que ses mains n'étaient pas mal non plus, Mandanda a attendu son heure, bougonné, parfois plaisanté, mais il s'est adapté et a eu droit à un dernier tour de piste, en Ligue 1 et sur le Vieux Continent.
Alors que Lopez baissait de pied et donnait des signes patents de faiblesse, Mandanda retrouvait son meilleur niveau. Lui qui a connu de sacrés hauts avec l’OM et des bas tout aussi spectaculaires sous la même tunique espérait que cela suffirait à convaincre ses dirigeants et le staff en vue de la saison actuelle. Il n'en a rien été. Steve Mandanda a préféré ne pas attendre de savoir s’il serait numéro 1 ou 2 ou 1 bis. Pablo Longoria n’ayant pas levé le doute, le capitaine de l'OM s’est dit qu’il était temps de faire ses valises. La séparation a été actée "d'un commun accord". Tant pis pour la Ligue des champions. Tant pis pour le reste.
L’Olympique de Marseille a eu le temps de le voir venir, ou plus précisément partir. Mais, au moment de l’annoncer, le club n’a pas jugé bon lui réserver plus de deux lignes dans un communiqué que l’on qualifiera de laconique. Il y est écrit que le gardien de but au numéro 30 dans le dos "est incontestablement entré dans la légende olympienne". Chacun jugera de l'utilité de l'adverbe "incontestablement", soit dit en passant.
Il y avait sans doute mieux à dire, plus à raconter que ce qui a été publié à l’heure où a été officialisé son départ. On a connu communiqués plus longs et hommages plus appuyés pour des joueurs qui en ont fait moins. A Marseille, comme ailleurs.
Steve Mandanda aura l’occasion de revenir au Vélodrome sous les couleurs de Rennes et, probablement, de recevoir cette fois les honneurs qu’il mérite. En légende, incontestée, qu’il est.
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