Arkadiusz Milik ne connaît probablement pas Michel Polnareff. Et pourtant, l'attaquant polonais n'a cessé de rendre hommage à la fameuse poupée du chanteur ces derniers mois. Oui, celle qui fait "non, non, non non, non". Le numéro 99 du Napoli a tout d'abord commencé par dire "non" à ses propres dirigeants, qui souhaitaient lui prolonger un contrat qui expire en juin prochain. "Depuis que je le connais, je lui propose de prolonger, il me regarde et ne me répond pas. A ce point, vous devez accepter le fait qu'il parte. Je le vendrai au plus offrant, je ne néglige aucune offre", lâchait le président napolitain Aurelio De Laurentiis fin juillet. Problème, son joueur a continué à faire "non". Même aux autres clubs. Sauf un.

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Courtisé les semaines suivantes par l'AS Rome, qui l'a longtemps espéré pour compenser le départ annoncé d'Edin Dzeko à la Juventus Turin, Milik a certes vacillé. Mais pas vraiment emballé, il a fini par refuser cette possibilité. Résultat, personne n'a bougé et ce jeu des chaises musicales s'est rapidement arrêté. "A Naples, on suspecte le joueur d'avoir enchaîné les refus pour se libérer à la fin de son contrat", écrivait récemment La Gazzetta dello Sport. De quoi pousser le Napoli à prendre une décision drastique en le mettant au placard. Définitivement. Le club partenopeo n'a d'ailleurs jamais vraiment oublié le flirt entre son buteur et la Juventus Turin à l'été 2019. Là, le Polonais n'avait pas tardé à dire "oui", probablement excité par la perspective de rejoindre celle qui règne sur l'Italie depuis maintenant neuf ans. La presse italienne parlait alors d'un accord entre l'intéressé et la Vieille Dame. Mais cette dernière n'en trouvera jamais avec Naples. Tout ça pour ça.

Le Napoli espérait une autre attitude

"La rupture commence à l'été 2019, quand Milik refuse des propositions pour prolonger avec, surtout, un salaire beaucoup plus élevé, nous explique le journaliste italien Pierpaolo Matrone, qui travaille pour le site spécialisé TuttoNapoli. Le Napoli espérait une autre attitude d'un joueur sur lequel il a investi plus de 30 millions d'euros. Le club s'attendait à un minimum de reconnaissance, surtout que tout le monde l'a attendu lorsqu'il a été absent pendant de longs mois."

Milik, et s'il était le grand attaquant que l'OM a tant cherché ?

Entre deux graves blessures aux ligaments croisés entre 2016 et 2017, une mutinerie avec ses coéquipiers et de récentes actions en justice, l'histoire entre Milik et le Napoli n'a jamais vraiment été simple. Elle se termine de la pire des façons. Il y a pourtant eu de belles éclaircies, notamment quand l'attaquant polonais est parvenu à enchaîner les matches. Lors du millésime 2018-2019, il inscrit 20 buts en 47 rencontres au terme d'une saison pleine. Avec quelques perles, comme son enchaînement exceptionnel pour ouvrir le score face à l'AS Rome ou encore son coup franc en pleine lucarne contre la Lazio.

La Juve, un peu plus qu'un flirt...

A l'époque, personne n'imaginait une rupture aussi brutale. Et pas grand monde n'aurait probablement misé un centime sur un départ à l'OM un an et demi plus tard, surtout après l'intérêt avéré de la Juve, qui n'a d'ailleurs jamais réellement cessé de le suivre. Et c'est probablement pour cette raison que le Napoli a insisté pour insérer une clause "anti-Italie" dans le deal avec le club olympien. "De Laurentiis veut empêcher le retour de Milik dans un club italien pour les quatre prochaines années", écrivait le quotidien de Naples Il Mattino mardi. Il y a finalement renoncé devant la réticence de son désormais ex-attaquant.

Arkadiusz Milik sur le point de quitter le Napoli.

Crédit: Eurosport

Qui sait ce qu'il se serait passé si l'attaquant se serait réellement retrouvé libre en juin prochain ? L'occasion aurait été belle pour beaucoup de clubs. Même les plus gros. Mais dépenser de l'argent pour un joueur en fin de contrat, personne n'a voulu le faire. Encore plus dans un contexte économique difficile. L'OM, de son côté, en avait probablement trop besoin, d'où l'effort financier consenti. Pas certain qu'une telle chance ne passe deux fois. Et l'été prochain, la concurrence aurait probablement été beaucoup plus grande.

"La Juve voulait attendre que Milik se libère 'gratuitement' pour le récupérer, assure Pierpaolo Matrone. Le Napoli a toujours fait barrage pour un transfert." L'international polonais aurait donc pu attendre encore six mois avant de faire ce que bon lui semble. Mais entre temps, sa fédération lui a mis un joli coup de pression. "S'il reste au Napoli même après ce mercato, il me semble normal qu'il ne dispute pas l'Euro", lâchait Zbigniew Boniek, le président de cette dernière, le 13 janvier dernier. Un message limpide qui est rapidement arrivé aux oreilles du joueur, mis au placard depuis le début de saison. L'OM est alors devenu une opportunité évidente. Le club marseillais cherchait un attaquant, le joueur cherchait du temps du jeu et le Napoli cherchait un acquéreur pour récupérer de l'argent. Les deux clubs finissent par s'entendre autour d'un prêt de 18 mois, assorti d'une option d'achat obligatoire de 8 millions (+ 4 de bonus) dès le premier point marqué par l'OM. Ironie de l'histoire, Milik a dû prolonger au préalable son contrat avec le Napoli pour que ce prêt soit possible.

A Naples, on est heureux qu'il ne rejoigne pas la Juve

"C'était assez inespéré, confie Matrone. Les tifosi imaginaient déjà Milik partir libre et signer du côté de la Juve. Milik a réalisé de belles choses ici, mais il n'a jamais vraiment totalement convaincu. Toutefois, il ne faut pas oublier ce qu'il a fait de bien aussi. A Naples, il n'y a pas de regrets et on est heureux de pouvoir encaisse de l'argent pour un joueur bientôt libre, en plus de ne pas le voir partir chez le grand rival."

Il restait toutefois quelques litiges à régler dans une histoire dont le divorce ne se passe pas vraiment à l'amiable. "Il y a eu deux amendes envers le joueur : l'une pour une mutinerie après un match de C1, l'autre pour des droits d'image. Milik avait utilisé son image pour faire la publicité de l'un de ses restaurants. Le joueur, lui, réclame des bonus non versés et des commissions non versées à son agent. Au total, le contentieux s'élèverait à 1 million d'euros", estime le journaliste italien, spécialisé du club napolitain. Pas vraiment du genre à faire marche arrière, Aurelio de Laurentiis a finalement décidé de laisser tomber les poursuites pour ne pas entraver le départ du joueur à l'OM. "Ces derniers mois ont été une véritable odyssée", résumait La Gazzetta dello Sport mardi. La voilà désormais terminée.

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