2020-2021 devait être la saison de la confirmation pour ces joueurs. Brillants avec leurs clubs, figures installées ou en devenir de notre championnat, ils avaient marqué le précédent exercice. Mais quelques mois plus tard, et avec une pandémie mondiale qui ne cesse de perturber la compétition, c’est une toute autre dynamique qui accompagne ces acteurs, aujourd’hui loin des standards qu’ils avaient établis.

Predrag Rajković (Stade de Reims)

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La forteresse serbe s’est quelque peu fissurée cette saison. Impérial dans les buts champenois la saison dernière, taulier de la meilleure défense du championnat (21 buts encaissés seulement en 28 matches disputés), le portier des Balkans réalise une première partie de saison plutôt laborieuse. Une étude statistique réalisée par Statsbomb révèle que le gardien rémois affiche l’un des pires ratios de tirs arrêtés dans les cinq grands championnats européens, juste devant Paul Nardi (Lorient) et Salvatore Sirigu (Torino).

Fébrile, inconstant et coupable de plusieurs erreurs, le Serbe est bien loin du niveau qui était le sien la saison dernière. Des performances qui avaient joué un rôle fondamental dans la belle saison rémoise, sixième à l’issue d’une saison tronquée. Sur courant alternatif cette année, Reims (14e) aura pourtant besoin d’un grand Rajković pour s’éviter les frissons d’une relégation.

Predrag Rajkovic, le gardien de Reims

Crédit: Getty Images

Kasper Dolberg (OGC Nice)

Il devait être l’un des fers de lance du projet Ineos sur la Côte-d’Azur. Débarqué à Nice pour près de vingt millions d’euros, Kasper Dolberg peine à assumer son statut de joueur phare des Aiglons. Malgré une première saison prometteuse (11 buts et 3 passes décisives en 23 matches de Ligue 1), l’international danois semble traîner son spleen et déçoit depuis l’ouverture du championnat.

Souvent sur le flanc, gêné par des pépins physiques et touché à deux reprises par la Covid-19, la situation de l’ancien Ajacide commence à agacer du côté de l'Allianz-Riviera, notamment son entraîneur Adrian Ursea, qui a repris les rênes de l’équipe après le licenciement de Patrick Vieira, en décembre dernier. “Cette situation me désole pour "Kass", on l’attend parmi nous au plus vite.” Le réveil de Dolberg est donc attendu au plus vite du côté de Gym. Car jusqu’à présent, l’attaquant danois traverse la saison comme un fantôme (3 buts en 15 matches avec Nice)...

Kasper Dolberg lors de Bordeaux-Nice, en septembre 2020

Crédit: Getty Images

Denis Bouanga (AS Saint-Etienne)

Cette saison devait être celle de la confirmation pour l’international gabonais. Auteur d’un exercice 2019-2020 très séduisant avec l’ASSE, dans la lignée de son aventure nîmoise, Denis Bouanga réalise un exercice 2020-2021 très compliqué. A l’image de son équipe, tout simplement.

A court de forme, frappé par le coronavirus, le natif du Mans est surtout en panne de confiance comme en témoigne son pénalty raté lors du derby aller, en novembre dernier. Pis, l’ancien Lorientais a reçu plusieurs piques de la part de Claude Puel. L'entraîneur forézien avait pourtant fait de Bouanga l'un de ses hommes de base jusqu’à présent. “Si on avait des joueurs indispensables, ils seraient systématiquement sur le terrain. Tout le monde a eu l'occasion de montrer les choses depuis le début de saison”, a notamment lancé le technicien stéphanois pour justifier le choix de se passer de son milieu offensif.

Seizièmes à quatre petits points de la zone rouge, les Verts auront bien besoin de leur homme providentiel pour sortir la tête de l’eau. Jusqu’ici, avec trois petits buts en L1 et beaucoup de prestations en demi-teinte, il est davantage le problème que la solution à Saint-Etienne.

Dimitri Payet (Olympique de Marseille)

Qu’elle semble déjà loin l’époque où le Tricolore régalait l’Hexagone avec ses fulgurances quasi tous les week-ends… Grand artisan de la très belle deuxième place acquise par les Phocéens en 2019-2020, nommé joueur de l’année par les internautes d’Eurosport, Dimitri Payet s’est éteint cette saison. Comme une vieille habitude, malheureusement.

Car ce n’est pas la première fois que l’international français est en délicatesse après une saison de haute volée. Mais cette saison, le Réunionnais, hors de forme, semble avoir touché son plafond de verre et ne parvient pas à tirer son équipe vers le haut, comme attendu. Le point d’orgue de cette “dynamique” est intervenu face à Nîmes, il y a dix jours. Opta révélait que le milieu de terrain avait parcouru 6,8 kilomètres pour cinq sprints à 6 km/h de moyenne en 66 minutes de jeu. Loin, très loin de ses meilleurs standards.

Pour ne rien arranger, André Villas-Boas a (re)dévoilé au grand jour les tensions entre le joueur et son coéquipier Florian Thauvin. Pas idéal pour espérer relancer une machine marseillaise en déliquescence et qui semblait pourtant bien huilée il y a encore quelques mois.

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Axel Disasi (AS Monaco)

A l’instar de son ancien coéquipier Rajković, le jeune défenseur, révélation de la saison dernière, n’est pas en réussite. Débarqué sur le Rocher avec de belles intentions et pour la coquette somme de 13 millions d’euros (plus 2 millions de bonus), le joueur formé au Paris FC a perdu sa place de titulaire au cours des dernières semaines, la faute à des performances loin de ses standards de l’exercice écoulé.

Relégué sur le banc des remplaçants depuis quelques matches par son entraîneur Niko Kovac, qui lui préfère aujourd’hui le Chilien Guillermo Maripán, le Francilien est encore jeune et a tout le temps de se relancer. Les prochaines échéances des Monégasques devraient lui permettre de faire son retour dans le onze asémiste.

Axel Disasi lors de la rencontre entre Metz et Monaco en 2020

Crédit: Getty Images

Mounir Chouiar (Dijon)

Il avait presque gagné le sobriquet de nouveau Duc de Bourgogne. Brillant pour sa première saison en Ligue 1 avec Dijon, Mounir Chouiar avait mis tout le monde d’accord. Auteur de 6 buts et une passe décisive en 24 matches toutes compétitions confondues avec le DFCO, le transfuge du RC Lens avait séduit et tapé dans l'œil de nombreuses écuries européennes.

Cependant, le vent a vite tourné pour le natif de Liévin. Dans un collectif à la peine, le milieu de terrain de 22 ans peine à confirmer et ne retrouve pas ses belles dispositions de la saison dernière. Des productions ternes qui ne sont pas du goût d'Olivier Delcourt, le président dijonnais, qui a d’ailleurs ouvert la porte à un départ de son joueur sur France Bleu Bourgogne. “Avoir du talent c’est bien, mais moi je préfère avoir un joueur qui a moins de talent mais plus d’envie. Mounir Chouiar souhaite quitter le club et je ne suis pas contre non plus…” L’avenir de l’ancien Sang et Or, peu utilisé ces dernières semaines, devrait donc s’écrire loin de Gaston-Gérard. Mais les Dijonnais auraient rêvé de la version 1.0 de leur milieu de terrain pour éviter le marasme actuel...

Mounir Chouiar lors de la rencontre entre Montpellier et Dijon, le 25 février 2020, en Ligue 1

Crédit: Getty Images

Jonathan Ikoné (Lille)

Un début de championnat avec le frein à main pour l'autre natif de Bondy. Titulaire indiscutable et auteur de performances très remarquées avec le LOSC depuis son arrivée en 2018, qui lui avaient ouvert les portes des Bleus, Jonathan Ikoné n’est pas en réussite cette saison et est même devenu coutumier du banc des remplaçants.

Très souvent utilisé en “faux pied” par Christophe Galtier depuis ses débuts, l’ancien titi a légèrement reculé dans la hiérarchie lilloise. En difficulté dans le jeu, première victime d’une concurrence impitoyable (Luiz Araújo et Yusuf Yazici en tête), Ikoné peine surtout sur le plan tactique depuis quelques mois comme l’expliquait son ancien formateur François Rodrigues dans les colonnes de L’Equipe. “Il doit encore progresser sur l'adaptabilité tactique. Le fait de le bouger régulièrement peut aussi lui enlever quelques repères, et il en a peut-être un peu plus besoin que d'autres.”

Néanmoins, son potentiel et sa polyvalence devraient inévitablement lui permettre de vite relever la tête. A l’heure où Lille pourrait voir son calendrier se surcharger progressivement avec la Coupe de France et la Ligue Europa, l’international français (4 sélections, 1 but) devrait pouvoir prouver que ce début de saison n’était qu’un passage à vide. A quelques mois de l’Euro, Ikoné sait ce qu’il lui reste à faire pour espérer accrocher le wagon bleu.

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M’Baye Niang (Rennes)

Homme fort des derniers succès rennais notamment en Coupe de France et en Ligue Europa, homme de confiance de Julien Stéphan, Mbaye Niang est aujourd’hui un homme dans l’expectative. Alors que son avenir semblait s’écrire loin de Rennes lors du dernier mercato, l’international sénégalais est finalement resté en Bretagne, faute de proposition satisfaisante pour ses dirigeants.

Envoyé à Marseille tout l’été ou presque, annoncé proche de Saint-Etienne au début de l’automne ou encore d’un retour en Italie, l’attaquant a été très longtemps mis de côté chez les Rouge et Noir. Avant que Julien Stéphan ne lui redonne une petite bouffée d’oxygène avec sa réintégration à la rotation rennaise. En vain. Avec neuf apparitions pour un petit but, certes ô combien précieux pour le SRFC (celui de la victoire à Nice en novembre dernier), l’ancien Caennais est, la plupart du temps, abonné au banc des remplaçants ou au tribunes. Et semble avoir définitivement fait le tour de la question du côté du Roazhon Park. Un départ du joueur pourrait d’ailleurs intervenir dans la dernière ligne droite du mercato hivernal.

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