Comment avez-vous vécu la période de confinement et les trois mois sans match, ni entraînement ?

Stéphane Moulin. : "Je n'avais jamais connu un tel arrêt pendant ma carrière d'entraîneur, ni quand j'étais joueur. Comme tous les Français, il a fallu s'adapter et trouver des moyens pour rester actif. Au début, j'ai trouvé des occupations, mais à un moment donné, mon activité principale, c'est-à-dire le football, m'a manqué. On était convaincu qu'on reprendrait le championnat le 17 juin. On avait imaginé retourner à l'entraînement début mai. Quand on a appris que la saison n'allait pas reprendre et que notre reprise serait repoussée, ç'a été un peu plus compliqué. Il y a eu un vrai manque et une déception à ce moment-là. Nous, on souhaitait reprendre mais pas en le faisant n'importe comment.



Le SCO Angers restait sur une série de trois victoires (Montpellier, Brest et Nantes). Est-ce que le club aurait pu espérer terminer plus haut que la onzième place sans cet arrêt prématuré ?

S.M. : D'abord, il y a eu une frustration de ne pas avoir fini ce qu'on a commencé. Quand on est sur une dynamique comme celle qu'on a connue, on peut toujours imaginer que ça puisse se poursuivre. Nous devions ensuite nous déplacer à Amiens et recevoir Toulouse. Ces deux rencontres extrêmement importantes étaient à notre portée, même si ce n'est pas parce qu'on joue le 19e et le 20e que ce sont des matches plus faciles. Après c'est facile de dire, 'Si on n'avait pas arrêté, on aurait pu être européens'. Mais au moment où le championnat s'arrête, on est à deux points d'une éventuelle place qualificative pour l'Europe (ndlr : dans le cas où le PSG remporte la Coupe de la Ligue et la Coupe de France, libérant la 5e et 6e en C3).

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Lors de la saison 2019-2020, le SCO Angers a pris davantage le jeu à son compte. Avez-vous eu la sensation d'avoir passé un cap sur ce plan depuis votre retour en L1 en 2015 ?

S.M. : Oui évidemment. Ç'a été certainement beaucoup plus visible cette saison. On a franchi un palier sur la manière d'évoluer. C'est ce vers quoi on doit continuer. Quand on est monté en L1, il fallait installer les fondations. On a eu ce sentiment de progression, les joueurs aussi. Maintenant, on sait très bien que tout repart à zéro chaque été. On va redémarrer quelque chose de nouveau cette saison même si l'effectif ne devrait que très peu bouger.

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Comment avez-vous senti vos joueurs à la reprise de l'entraînement ?

S.M. : Nous étions heureux de nous retrouver. Je les ai trouvés en bonne santé physique, par rapport à leur activité sportive. 90% des joueurs ont un poids convenable et appréciable. Ils ont effectué le travail demandé à partir du 1er juin et partent avec une bonne base pour démarrer la préparation. Ce n'est pas une surprise car j'ai un groupe sérieux et responsable.


Est-ce que vous viserez toujours le maintien cette saison, ou un peu plus haut ?

S.M. : Nous, notre base minimale, c'est de se maintenir. On va jouer notre sixième saison en L1, c'est déjà une belle performance, et il faudra en faire une septième. Pour cela, il faudra se maintenir. Nous, on n'est pas des gens qui claironnent. Mais on a des ambitions qu'on garde pour nous. Les deux saisons précédentes, on avait annoncé le maintien et finalement on a fini treizième puis onzième. Ça veut dire qu'on ne se contente pas de ce qu'on a.

Le recrutement de Paul Bernardoni ? On n'envoie un message à personne

Le SCO Angers vient de réaliser le transfert le plus cher de son histoire en recrutant Paul Bernardoni (7 millions d'euros). Depuis combien de temps le suiviez-vous ?

S.M. : On avait failli le faire venir à l'issue de notre première saison en Ligue 1. Le club s'était intéressé à lui lorsqu'Alexandre Letellier avait été victime d'une rupture des ligaments croisés. Ça ne s'est pas fait à l'époque. Il était tout jeune (19 ans lors de la saison 2015-2016, lorsqu'il jouait à Troyes). Nous l'avons toujours suivi parce qu'il a démontré de la qualité sur le plan technique mais aussi beaucoup de conviction et de dynamisme dans son jeu. Il incarne l'avenir, la réussite. Tout ça nous a particulièrement plu.


Recruter le gardien de l'équipe de France Espoirs, c'est aussi un message envoyé à vos adversaires...

S.M : Le seul message qu'on a annoncé, c'est que le club a engagé un bon gardien de but. Un gardien d'avenir et c'est tout. On est content de l'avoir recruté. Après, on n'envoie un message à personne. A part à notre groupe, comme quoi nous avons envie de continuer d'avancer et de progresser.


Dans une interview accordée au Courrier de l'Ouest en juin, vous avez déclaré que le SCO Angers ne pouvait pas promettre à Paul Bernardoni de viser la première place de L1 mais beaucoup de travail...

S.M : Oui, ça on peut le promettre. Paul est venu ici pour continuer sa progression. Nous, on s'est engagé à l'aider en ce sens. On espère qu'il permettra aussi au club de progresser.


A quel moment de l'année avez-vous décidé que Ludovic Butelle ne serait pas titulaire pour la saison 2020-2021 ?

S.M. : C'est une réflexion qu'on a eue depuis un petit moment. Ludo a 37 ans et on savait qu'à un moment donné, on serait amené à prendre une autre direction. C'est vrai que sa saison n'a pas été à la hauteur de ce qu'il avait fait les années précédentes. Si j'ai un doute sur un poste aussi important que celui de gardien de but, je préfère en discuter avec lui. Je comprends qu'il soit déçu. J'en suis désolé, d'un point de vue affectif. Je lui ai d'ailleurs expliqué notre choix. J'espère qu'il jouera son rôle de doublure pleinement. Tout le monde y sera gagnant. Son expérience peut énormément apporter. Sans oublier qu'on peut compter sur lui si on a le moindre souci.

Danijel Petkovic, recruté lors de la dernière intersaison en provenance de Lorient au poste de doublure, pourrait donc être amené à partir cet été...

S.M. : J'ai eu une discussion très claire et nette avec lui. Malheureusement, l'arrivée de Paul le repousse encore un peu plus d'une place pour jouer. C'est aussi une situation inconfortable pour lui. S'il peut trouver un projet, on va l'aider à retrouver du temps de jeu ailleurs. Il le mérite. Il a une certaine expérience et est international monténégrin. Son état d'esprit est remarquable.


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Angers a recruté Paul Bernardoni puis Souleyman Doumbia (prêté par Rennes lors de la phase retour) mercredi. Sur quels autres postes avez-vous des besoins pour la nouvelle saison ?

S.M. : On aura des besoins à d'autres postes seulement si des garçons nous quittent. On considère que le groupe a beaucoup de qualités. Il a réalisé de belles choses la saison passée. Avec une expérience d'un an supplémentaire pour certains, ça ne devrait pas être moins bien. Après, s'il y a des opportunités, on sera à l'affût.


Sébastien Larcier, le nouveau directeur sportif du club, a déclaré la semaine passée que Baptiste Santamaria et Rayan Aït-Nouri ne seraient pas retenus en cas d'offre intéressante. Avez-vous fixé une "dead-line" ?

S.M. : C'est compliqué de fixer une dead-line avec ce mercato estival, qui va s'arrêter pour un mois. On travaille quant à un éventuel départ de ces deux joueurs. Mais aujourd'hui, il n'y a pas d'offre. Pour l'instant, ils sont bien avec nous. Je vais même aller plus loin : j'espère qu'ils resteront avec nous.

En avril dernier, Yvan Le Mée, l'agent de Baptiste Santamaria, a comparé le milieu angevin à Claude Makélélé et dit qu'il pourrait jouer au Real Madrid, dans une interview accordée à Marca. L'imaginez-vous jouer un jour dans un grand club européen ?

S.M. : Je lui souhaite car c'est un joueur avec un excellent état d'esprit et qui travaille bien. Il vient de réaliser une très grosse saison. Il avait également été performant précédemment. Baptiste est extrêmement régulier, c'est le joueur de Ligue 1 qui court le plus. Il a aussi progressé sur les plans technique et tactique. Il a atteint un niveau suffisamment intéressant. Est-ce qu'il est suffisant pour aller jouer dans un grand club européen ? Aujourd'hui, personne ne peut répondre à cette question. C'est difficile de mesurer la valeur d'un joueur du Real Madrid et du SCO Angers, donc je ne m'aventurerai pas sur ce terrain-là.

La saison qui se présente est importante pour Angelo Fulgini. Il arrive à un moment où il doit exprimer tout son potentiel... Je crois beaucoup en lui. Et j'espère qu'il va donner la pleine mesure de son talent cette année pour continuer à franchir des paliers

Quant à Rayan Aït-Nouri, qui est un arrière gauche moderne et suivi en Europe, l'imaginez-vous aller très haut ?

S.M. : La différence avec Baptiste (25 ans) est que Rayan a 19 ans. En plus, il évolue à un poste très recherché car il y a peu de latéraux gauchers de ce niveau-là. En Espoirs, il a joué avec des joueurs qui avaient trois ans de plus que lui. C'est le plus jeune joueur de la sélection. Ça montre à quel point Rayan est un joueur rare. C'est aussi la raison pour laquelle de grands clubs s'intéressent à lui. Il a tout l'avenir devant lui.

Qu'aimez-vous chez ce joueur ?

S.M. : J'aime son sens du jeu tout simplement. Il a beaucoup progressé sur l'aspect défensif. Au début, c'était un défenseur qui n'aimait pas trop défendre. Il aussi beaucoup progressé sur le plan athlétique. J'aime aussi sa manière d'évoluer, c'est un joueur moderne, capable d'éliminer son adversaire et de faire des passes décisives. Il créé du jeu et du danger. Aujourd'hui, il prend une autre dimension parce qu'il commence à bien défendre collectivement, tout en étant intéressant individuellement.

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Lors de la précédente intersaison, Stéphane Bahoken avait un bon de sortie avant de finalement rester. Est-ce qu'il pourra partir en cas d'offre intéressante cet été ?

S.M. : Les bons de sortie, ça ne veut rien dire du tout. Il y a tout simplement des joueurs sous contrat et qui sont sollicités. Après nous, on est vendeurs pour personne. Mais si un club suit Stéphane Bahoken, que le joueur est intéressé et que tout le monde s'y retrouve, alors on en discutera. Au même titre que pour Rayan Aït-Nouri, Rachid Alioui ou un autre joueur qui pourraient intéresser un autre club.

Le milieu de terrain Angelo Fulgini, sous contrat avec le SCO Angers jusqu'en juin 2021, n'a pas encore prolongé. Au vu de son potentiel, peut-il passer un cap cette saison ?

S.M. : Je le pense et je l'espère pour lui ainsi que pour nous. Il en a les capacités. La saison qui se présente est importante pour lui. Il arrive à un moment où il doit exprimer tout son potentiel, ce qu'il a fait en deuxième partie de championnat. Malheureusement pour lui, il s'est blessé assez gravement lors de la préparation l'été dernier. Je crois beaucoup en lui. Et j'espère qu'il va donner la pleine mesure de son talent cette année pour continuer à franchir des paliers.

Enfin, le SCO Angers en Youth League, qu'est-ce que cela vous inspire ?

S.M. : Pour arriver premier de son championnat, il faut réaliser une bonne saison. C'est le résultat du travail des coaches, à savoir Denis Arnaud dans un premier temps puis Olivier Auriac. Cela permettra aux joueurs concernés de vivre une belle expérience. C'est plutôt valorisant."

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