Dimanche dernier face à Lens (0-1), ce fut un enchantement. Un de plus. Téji Savanier a marché sur la Ligue 1 comme il a pris l'habitude de le faire depuis plusieurs saisons désormais. Joueur instinctif et délicat, meilleur passeur de L1 en 2018/2019, fer de lance avec son pote André-Pierre Gignac des Bleus aux JO de Tokyo, le meneur de poche du MHSC compile les honneurs et les matches références.
Mais cet été, ce sont ses amis Andy Delort (Nice) et Gaëtan Laborde (Rennes) qui sont allés voir ailleurs chez des clubs plus riches et plus ambitieux. Savanier est resté à Montpellier, désormais orphelin de l'un des trios les plus excitants du championnat de France. Alors pourquoi lui, en pleine force de l'âge (29 ans), n'a-t-il pas fait le grand saut ? D'abord parce que Savanier, aussi talentueux soit-il, peut faire peur. Il est le genre de joueurs auxquels il faut laisser une liberté totale ou presque sur le terrain.
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Son principal problème, la régularité
Son profil nécessite que l'équipe soit articulée autour de lui. Des équipes plus ambitieuses que Montpellier peuvent-elles se le permettre ? "C'est un peu vrai, nous concède Bernard Blaquart, son coach à Nîmes de 2015 à 2019 et qui connaît parfaitement le phénomène. Aujourd'hui, l'équipe tourne autour de lui. Peut-être qu'il lui manque un peu de rigueur défensive mais lors de notre première saison en L1, il était le joueur qui gagnait le plus de ballons en L1 et il jouait sentinelle."
En tout cas, pour son ancien entraîneur, ce n'est plus une question d'hygiène de vie, lui qui est revenu des Jeux Olympiques affûté comme une lame. S'il a connu des problèmes de poids dans le passé, il a désormais tout mis en place pour jouer au plus haut niveau : "L'année du premier maintien, il faisait six kilos de plus qu'aujourd'hui, il avait toujours des petits pépins mais il jouait tout le temps, se souvient Blaquart. Il n'apportait pas ce qu'il est capable d'apporter aujourd'hui. Donc c'est de l'histoire ancienne." Le physique reste tout de même un point central et fait fluctuer son niveau. Ce n'est pas tout à fait un hasard de le voir infliger une masterclass à Lens dimanche dernier après 15 jours de trêve internationale. Avant la coupure, Savanier tirait la langue.

Bernard Blaquart et Savanier sous les couleurs de Nîmes

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Sakho : "Je le mets dans mes tops 10 des joueurs que j’ai connus"

Le maître à jouer du MHSC est peut-être trop souvent dans le rouge. "Son principal problème, c'est la régularité dans un match et dans une saison, témoigne Blaquart. C'est ce qui peut effrayer les clubs. Mais, malgré ça, il pourrait jouer dans le top 4 français. Sauf au PSG, quoique… Je me souviens d'une discussion que j'avais eue avec lui avant qu'il parte. Mon rôle aussi, c'était qu'il n'ait pas de regret à la fin de sa carrière. Alors j'ai dit à Téiji : tu n'as pas d'autres ambitions ? Avec tout le respect que j'ai pour Montpellier, je le voyais plus haut." "Téji, comme je lui dis, c’est un gâchis, a lâché Mamadou Sakho vendredi en conférence de presse. Il aurait pu faire une meilleure carrière que ça. Il aurait pu jouer dans de très très grands clubs. Je le mets dans mes tops 10 des joueurs que j’ai connus."
A l'été 2019, Lyon l'avait dans le viseur mais lui a finalement préféré Thiago Mendes. Quelques mois plus tard, l'AC Milan lui propose 220 000 euros mensuels (soit le double de ce qu'il perçoit actuellement dans l'Hérault) et le FC Séville lui fait la danse du ventre. Refus catégorique. En janvier dernier, il s'en expliquait dans les colonnes de Midi Libre : "Je suis arrivé à une stabilité que je n’aurais jamais imaginée : jouer avec mon club formateur en Ligue 1, habiter avec ma famille chez moi. Beaucoup en rêveraient et j’y suis arrivé. Je suis heureux quand je me lève le matin."

La cité Gély plutôt que Milan, Lyon et Séville

Tout Savanier est là, dans ces trois phrases. Il n'est ni un carriériste, ni un homme d'argent. Question de culture, d'éducation. Lui aime être entouré de son clan. Savanier ne veut pas quitter la cité Gély, à la fois port d'attache et repère, où toute sa famille habite. Si bien qu'il a acheté une maison en périphérie de Montpellier mais n'a jamais pu y habiter. Il a tant souffert de l'éloignement lors de ses années à Arles-Avignon quand le MHSC ne voulait plus de lui que quitter sa ville restait une option inenvisageable jusqu'ici.
Mais dans ce même entretien, il finit par ouvrir la porte : "Avant, je ne me sentais pas prêt. J’ai eu beaucoup de propositions à l’étranger et je disais non immédiatement. J’étais plus jeune dans ma tête. Ma femme n’était pas prête non plus." Qu'est-ce qui pourrait le convaincre aujourd'hui ? Blaquart a sa petite idée : "Il doit être heureux. Et c'est pour cela qu'il a choisi Montpellier parce qu'il rejoignait son club formateur et sa famille. S'il est bien dans sa peau, il s'adaptera partout et dans n'importe quel championnat. Il a besoin d'être bien, de toucher beaucoup de ballons. Et croyez-moi qu'il peut réussir n'importe où."

Téji Savanier (Montpellier) face à Lorient - Ligue 1 2021-22

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