Ligue 1/Mercato I Lyon I Cherki, Fofana, Nuamah... Vendre pour 100 millions minimum : la mission impossible de l'OL
Par Vincent Bregevin
Publié 20/11/2024 à 00:28 GMT+1
Lyon doit faire rentrer de l'argent dans ses caisses pour satisfaire la DNCG, qui a infligé de lourdes sanctions au club rhodanien en raison de son endettement. John Textor compte actionner plusieurs leviers pour y parvenir, parmi lesquels figurent la vente de joueurs lors du mercato d'hiver. Une mission délicate au regard de la valeur des Gones sur le marché des transferts, mais pas seulement.
Rayan Cherki et Malick Fofana, les hommes forts de l'OL cette saison
Crédit: Getty Images
John Textor se veut rassurant. Mais malgré le discours du président de Lyon, c'est difficile de ne pas voir que l'OL est dans une situation d'urgence. La DNCG lui a asséné un coup violent la semaine passée en prononçant un encadrement de sa masse salariale, une interdiction de recruter lors du prochain mercato d'hiver, et surtout une relégation à titre conservatoire à l'issue de la saison. La sanction pour un endettement colossal, légèrement supérieur à 500 millions d'euros, qui contraint le club rhodanien à renflouer ses caisses. Et donc à vendre des joueurs. Mais qui, et combien ?
C'est un sacré défi au regard de la valorisation de l'effectif des Gones. Selon le site transfermarkt, spécialisé sur les transferts, aucun de ses joueurs n'est actuellement estimé au-delà des 20 millions d'euros. Ils ne sont que neuf à se situer dans une fourchette entre 10 et 20 millions d'euros, mais seulement huit en réalité puisque Wilfried Zaha (10 millions) appartient à Galatasaray. Et sur ces huit éléments, certains paraissent particulièrement délicats à vendre au-delà de leur valeur marchande actuelle.
Peu de joueurs "bankables"
C'est notamment le cas de Moussa Niakhaté (28 ans), valorisé à 15 millions d'euros alors qu'il a été acheté plus du double de cette somme (31,9 millions d'euros) l'été dernier. Aussi de Saïd Benrahma (29 ans), lui aussi estimé à 15 millions d'euros, le prix déboursé par l'OL pour lever son option d'achat l'été dernier. Dans les deux cas, l'âge limite les perspectives de réaliser une bonne opération financière. Maxence Caqueret est plus jeune (24 ans), mais son début de saison compliqué ne permet pas vraiment d'envisager une vente supérieure à sa valeur estimée (18 millions d'euros). Un constat qui s'applique également pour Gift Orban (22 ans), valorisé à 15 millions d'euros.
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Maxence Caqueret, le milieu de l'OL
Crédit: Getty Images
Ces joueurs-là sont parmi ceux qui ont la plus haute valeur marchande à l'OL, mais pas vraiment les plus "bankables". Pour rentrer dans cette catégorie, il faut chercher ailleurs. Peut-être du côté d'Ernest Nuamah. L'ailier de 21 ans, estimé à 18 millions d'euros, serait suivi par Everton. Les clubs anglais sont réputés pour être plutôt bons payeurs, mais c'est difficile d'imaginer les Toffees aller au-delà des 25-30 millions d'euros pour un joueur lui aussi discret cette saison. Et qui avait coûté 28,5 millions à l'OL au moment de lever son option d'achat l'été dernier.
Cherki et Fofana, tout d'un dilemme
Il y a aussi Georges Mikautadze. L'avant-centre géorgien est, avec Rayan Cherki, le joueur dans la valeur marchande est la plus importante au sein de l'effectif de l'OL (20 millions d'euros). L'ancien Messin, recruté l'été dernier pour 18,5 millions d'euros, peine à confirmer chez les Gones ses performances sous le maillot mosellan la saison passée, avec seulement 2 buts en 14 apparitions. Même si son bel Euro est encore dans toutes les mémoires, le contexte sportif est loin d'être idéal pour le vendre au prix fort.
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Georges Mikautadze (Lyon-Auxerre)
Crédit: Getty Images
Il est nettement plus favorable pour Rayan Cherki (21 ans) et Malick Fofana (19 ans), les deux hommes forts du début de saison des Gones. Deux hommes, aussi, dont la valeur estimée selon le site transfermarkt, respectivement 20 et 15 millions d'euros, semble inférieure à leur valeur réelle. Compte tenu de leur âge, d'une part, et d'un talent offensif toujours très prisé sur le marché des transferts, d'autre part. Lyon peut légitimement espérer des sommes supérieures en cas de vente sur ces deux joueurs. Ce serait préférable. Car la perte sportive serait considérable dans l'optique d'une qualification européenne en fin de saison et des rentrées d'argent qu'elle pourrait apporter.
Des prix au rabais
L'OL doit ainsi y réfléchir à deux fois avant de s'en séparer. Et ce n'est pas le seul obstacle qui se dresse sur sa route dans l'optique de vendre ses éléments qui ont la plus forte valeur marchande, sans être très élevée pour autant. La situation financière de Lyon est désormais connue de tous. Textor doit couvrir une somme estimée entre 100 et 200 millions d'euros garantir l'avenir du club rhodanien. Le président lyonnais compte en injecter une partie via sa société, Eagle Football Holdings, mais la vente de joueurs est une nécessité qui n'a échappé à aucun club. Et qui place les éventuels acquéreurs en position de force pour négocier des prix au rabais.
Cela limite fatalement les perspectives pour la direction de l'OL. Elle ne pourra pas réclamer 40 ou 50 millions sur des joueurs comme Cherki et Fofana dans sa situation actuelle, et les autres membres de son effectif laissent difficilement envisager une forte rentrée d'argent en cas de vente. Le temps et le contexte lui sont clairement défavorables pour combler son déficit sur le prochain mercato. L'OL paie surtout son mercato estival, avec des achats anticipés pour compenser des ventes qui n'ont jamais eu lieu. Cela n'a pas seulement plombé les caisses du club. C'est aussi ce qui l'a mis devant un défi impossible pour les renflouer l'hiver venu.
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