Ligue 1 - Dernier rempart la saison passée, comment Geronimo Rulli est devenu le symbole d'un OM fragile
Par Gabriel Baldi
Mis à jour 02/02/2026 à 22:39 GMT+1
Auteur d'une saison précédente éblouissante, Geronimo Rulli vit des derniers mois de calvaire à l'Olympique de Marseille. Si tous les maux du club ne passent pas par le portier argentin, qui arbore paradoxalement des statistiques honorables, il est devenu le symbole d'un OM fragile.
"Cette semaine, l'OM peut imploser"
Video credit: Eurosport
En quelques secondes samedi face au Paris FC (2-2), Geronimo Rulli a symbolisé beaucoup des maux qui rongent l'OM ces derniers mois. Auteur d'une sortie non contrôlée les deux poings en avant sur le visage de Marshall Munetsi, le portier argentin a offert le penalty de l'égalisation transformé par Ilan Kebbal. La mauvaise gestion des fins de match, des gestes incompréhensibles : tout ce qui plombe les Marseillais éliminés plus tôt dans la semaine en Ligue des champions.
La crise qui se profile dans les Bouches-du-Rhône porte indéniablement le visage de Rulli, fautif à Bruges (3-0) mercredi sur l'ouverture précoce de Mamadou Diakhon. La suite est connue, mais Roberto de Zerbi n'a pas voulu charger son portier. Depuis son arrivée de l'Ajax Amsterdam à l'été 2024, le gardien de 33 ans a toujours été épargné par l'Italien, globalement assez protecteur publiquement vis-à-vis de l'ensemble de son groupe. "C'est l'un des joueurs les plus positifs du vestiaire dont les quelques erreurs n'enlèvent rien à notre confiance, louait même De Zerbi vendredi avant d'affronter le PFC. On est arrivé en même temps donc je ne peux honnêtement que le complimenter sur ce qu'il a fait jusqu'à présent."
Le discours de l'ex-coach de Brighton a légèrement changé après cette nouvelle déconvenue, entre défense… et impuissance : "Rulli a 33 ans, s'il manque de confiance, c'est grave. Il a fait deux erreurs (dans la semaine) comme tout le monde peut en faire, je ne pense pas que ce soit une question de confiance. Si c'était le cas, on devrait s'inquiéter." Il serait justement temps peut-être de s'inquiéter, suggérerait-on bien au technicien marseillais, face à un gardien qui a soufflé le très chaud pour sa première saison ici, puis le très froid depuis cet automne.
Un contexte qui n'invite pas à sa sérénité
Celui qui n'a plus terminé un match avec un clean sheet depuis le 14 décembre, avait lancé cette succession de déconvenues le 29 novembre face à Toulouse (2-2), surpris par une touche longue amenant à l'égalisation. Son erreur a coûté deux points à l'OM le 5 décembre à Lille (1-0) sur une sortie ratée amenant au but d'Ethan Mbappé. "Dans une saison, aucun joueur ne peut être au top tout le temps. Je suis très tranquille, je travaille beaucoup mais je suis humain, je peux faire des erreurs", avait alors répondu Geronimo Rulli. Une certaine sensibilité mise à mal dès le début de saison et le départ de son ami Adrien Rabiot après une bagarre avec Jonathan Rowe. Et quelques mois plus tard, lors d'une interpellation de Medhi Benatia envers Leonardo Balerdi, relayée par L'Equipe dans la semaine.
Les tensions du vestiaire marseillais n'ont pas favorisé la sérénité du gardien. Le bloc défensif de l'OM sur la pelouse non plus. Car Geronimo Rulli possède encore, au-delà de la mi-saison des statistiques favorables, avec 75,8% d'arrêt d'après L'Equipe. Avec 49 arrêts en championnat, il est aussi plus sollicité qu'un Lucas Chevalier à Paris, par exemple (33 arrêts). Sur la scène continentale, l'ancien Montpelliérain a certes pris 14 buts, mais il a aussi sorti 36 parades. C'est bien supérieur à David Raya (18 arrêts) et Manuel Neuer (20 arrêts), gardiens des deux premières équipes de la phase de ligue, aussi logiquement moins exposés.
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Rulli battu par Kebbal sur le pénalty qu'il a provoqué.
Crédit: Getty Images
Lors du premier but brugeois mercredi, Rulli rate certes sa sortie mais c'est en pompier de service qu'il doit intervenir après des errements défensifs. Auteur d'une quinzaine d'arrêts au mois de septembre au Bernabeu, le natif de La Plata auteur d'un match extraordinaire n'avait pas pu empêcher le Real de s'imposer (2-1). Devant lui, son compatriote Balerdi ne lui permet pas de transpirer de sérénité. Au contraire, le capitaine de l'OM est le symbole d'une équipe qui manque de leaders pour évoluer sous la pression.
En Coupe, l'OM vise le titre... avec De Lange
"Il continue à me surprendre. Je ne connaissais pas vraiment sa qualité au pied. Mais il a ça aussi et parfois il est comme un défenseur central en plus, avec nous", se réjouissait Balerdi en décembre. Pareil ici, Rulli traîne un constat paradoxal : s'il est plus adroit à la passe que Neuer et Raya en C1 et dans leurs championnats respectifs, le portier de l'OM joue aussi beaucoup plus court. Le schéma de relance est assumé par Roberto De Zerbi, mais il ne porte clairement pas ses fruits à l'image de la réception de Liverpool (3-0) où les locataires du Vélodrome se sont mélangé les pinceaux.
Face à ces mêmes Reds, le gardien alors à Villarreal avait été l'auteur de trois bourdes dans une demi-finale retour (3-2) durant laquelle le Sous-Marin Jaune avait coulé après avoir mené 2 à 0. En 2026, Rulli et l'OM ne verra même pas les barrages, alors qu'ils sont désormais relégués à 9 points du leader parisien après la 20e journée. Le seul espoir de soulever un trophée cette saison pour les Phocéens se situe probablement en Coupe de France où ils affrontent Rennes ce mardi (21h10) en huitième de finale. Avec Rulli dans les cages ? Non puisque Jeffrey de Lange occupe les cages dans la compétition. Mais le Néerlandais ne bouderait pas un rab d'expérience dans les prochaines semaines.
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"Le fusible De Zerbi doit sauter" : Pourquoi le coach de l’OM ne doit pas rester sur le banc
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