Ligue 1 - Risser, comme Thauvin et Udol, se met tranquillement à toquer à la porte des Bleus

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Lens se déplace samedi sur la pelouse du Paris FC. Un match de Ligue 1 qui aurait pu ressembler à tant d'autres, mais qui aura un enjeu supplémentaire pour certains lensois, qui rêvent d'équipe de France à un gros mois du rassemblement de mars, l'avant-dernier avant la Coupe du monde. Parmi eux, Florian Thauvin qui vient d'être rappelé, Matthieu Udol qui toque à la porte et... Robin Risser.

Robin Risser

Crédit: Getty Images

À Lens, les belles histoires, on connaît ces dernières années. Jonathan Clauss qui connaît sa première sélection en équipe de France, Seko Fofana qui annonce la prolongation de son contrat dans une mise en scène dans le rond central de la pelouse de Bollaert, Florian Thauvin de retour au haut niveau rappelé par Didier Deschamps ... mais la possibilité de voir Robin Risser chez les Bleus, pas grand monde ne l'avait vue venir.
Pas même Jean-Louis Leca, le directeur sportif du club artésien, lui-même ancien gardien, et qui a misé l'été dernier sur la jeunesse de Risser en le faisant transférer depuis Strasbourg, où son avenir était bouché après deux prêts à Dijon et au Red Star. Le Corse, qui a évoqué son petit protégé au micro de RMC, avait été séduit par "sa personnalité". Car "un gardien, on le voit tous plonger, relancer... mais ce qui n'est pas quantifiable c'est la personnalité qu'il a, ce qu'il dégage quand ça se passe mal. Qu'il ait arrêté un penalty ou pris un but casquette, il a toujours la même posture."
On comprend où Jean-Louis Leca veut en venir, même si pour le coup, pour Risser, ça se passe bien. Dernier rempart de la deuxième défense de Ligue 1, le portier de 21 ans vit de très loin sa meilleure saison en carrière. Ou tout simplement la première de sa vie au top niveau. Sa passe décisive pour le premier but d'Allan Saint-Maximin sous les couleurs des Sang et Or contre Rennes (3-1) image parfaitement son état de confiance. Alors que les siens étaient en infériorité numérique et mènent 2-1 à une dizaine de minutes du terme, après un ballon récupéré il a décidé, plutôt que de temporiser, d'envoyer une longue flèche qui est retombée parfaitement dans les pieds de son attaquant, qui va filer au but dans une série de dribbles. Presque personne n'aurait fait ce choix, lui si.

Les habituels appelés sont dans le dur

Pas certain que ce soit le genre de prise de risque qui convienne à la philosophie de Didier Deschamps, mais qu'importe. Car c'est le talent montré par Risser autant que la situation du poste chez les Bleus qui lui fait rêver certains. Mike Maignan, qui enchaîne à l'AC Milan, demeure indiscutable dans son costume de numéro 1. En revanche, derrière, ça se gâte. Surtout pour Lucas Chevalier, qui a vu Matveï Safonov le doubler. Aussi pour Brice Samba, qui était en délicatesse avec son entraîneur Habib Beye et qui avait commencé à goûter le banc avant le départ de ce dernier. Et même pour le numéro trois préféré de D.D, Alphonse Aréola, supplanté par Mads Hermansen dans le but de West Ham.
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Video credit: Eurosport

D'anciens gardien lensois, peut-être un peu biaisés par leur amour du maillot, voient en tout cas le jeune gardien de la maison avoir un ticket pour le prochain rassemblement. "Dans la continuité de son ascension fulgurante, une sélection serait beaucoup plus que normale. Pour moi, il peut être appelé dès mars", a lâché Charles Itandje, 170 matches à Lens entre 2001 et 2007, aujourd'hui entraîneur adjoint au FC Versailles, dans les colonnes de La voix du Nord. "Avec Chevalier qui ne joue pas, il faut répondre à un besoin, il y a un poste à pourvoir, Risser a toutes ses chances", a-t-il insisté.
"Je pense que c’est une possibilité (de le voir chez les Bleus) effective et réaliste, a jugé de son côté Guillaume Warmuz, gardien aux plus de 400 capes chez les Sang et Or entre 1992 et 2003. J’ai l’envie de dire que Robin Risser s’impose. (...) Avec tout le respect que j’ai pour les gardiens de France, il y a Mike Maignan, Lucas Chevalier et après, de qui parle-t-on au niveau international ? Il y a Brice Samba, qui a des bribes, mais sa saison est un peu compliquée, je ne parle pas de son niveau." Reste un nom de l'autre côté des Alpes, celui de Jean Butez qui performe avec Côme, qui vient notamment de briller dans une séance de tirs au but face à Naples en quarts de finale de Coupe d'Italie. Mais jouer en Ligue 1 donne sûrement quelques points d'avance à Risser.
Et puis il connaît déjà un tout petit peu la maison, puisqu'il est passé par presque toutes les équipes de France de jeunes, et faisait partie de l'aventure du dernier Euro espoir en Slovaquie. L'arriée chez les A ne serait qu'une suite logique, que ce soit dans les prochaines semaines ou les prochaines années. Reste à voir si sa confiance du moment lui donne des ailes et des envies de Coupe du monde aux États-Unis.
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