Ligue 1 | 2e journée | Avant le déplacement au LOSC, Ferran Torres, l'homme que Luis Enrique et Paris attendaient
Par Tristan HENRY
Publié 28/08/2026 à 00:06 GMT+2
En un match, ou plutôt en une mi-temps, il a balayé beaucoup de choses. Le Paris Saint-Germain avait la tâche délicate de remplacer Gonçalo Ramos ? Il a suffi de 45 minutes et d’un doublé à Ferran Torres pour rassurer tout le monde et ouvrir de sacrées perspectives à son équipe comme à son destin personnel. Si Luis Enrique se frotte les mains, il faudra confirmer face à Lille ce vendredi (20h45).
Ferran Torres (PSG), l'ambition du nouveau Parisien.
Crédit: Getty Images
Luis Enrique le répète à l’envi, il n’est "pas facile de signer des joueurs qui peuvent aider" le PSG. "Beaucoup veulent signer au PSG, mais pour nous, c’est difficile de trouver des joueurs qui peuvent nous améliorer niveau technique ou mental", a-t-il insisté en conférence de presse avant le déplacement à Rennes, au moment de parler du mercato. Une maxime qui s’applique tant au onze des double champions d’Europe qu’à ses très chers remplaçants. Même s’il est tôt pour le dire, Ferran Torres semble pourtant déjà cocher la case.
Entré à la pause au Roazhon Park, Ferran a eu tout bon. Un appel bien senti, suivi d’un contrôle efficace et d’une finition pragmatique sur le premier but (71e, 1-2), puis d’une splendide tête décroisée pour égaliser (82e, 2-2). L’attaquant a sorti toute sa panoplie. Il est devenu par la même occasion le premier Parisien à inscrire un doublé pour son premier match depuis Zlatan Ibrahimovic en 2012. C’était aussi lors de la première journée de Ligue 1, et c’était là encore après une entrée en jeu, et également pour revenir de 0-2 à 2-2 au Parc des Princes face à Lorient.
Un profil adapté
La comparaison s’arrête là. Tout champion du monde qu’il est, Ferran ne débarque pas à Paris comme un roi. Zlatan était considéré comme un des meilleurs joueurs du monde à l’époque, et surtout, il a fait franchir un palier au club de la capitale. Aujourd’hui, Paris a deux Ligue des champions dans la besace. Avant de rêver partir comme une légende, il faudra déjà trouver sa place, même s’il a donc montré qu’il en a les moyens.
Pour l’instant, il faut commencer par le comparer avec Gonçalo Ramos, qu’il a numériquement remplacé. Il paraît difficile de ne pas imaginer que l’Espagnol a beaucoup d’arguments pour faire mieux que le Portugais. Auréolé déjà d’un statut supérieur à son arrivée, il semble mieux répondre au moule de Luis Enrique. Déjà, il coche les cases de ce que demande l’Asturien. Une mentalité intacte, titulaire ou remplaçant, avec une capacité à faire basculer les rencontres en bon "supersub" ? Check, allez demander aux Argentins. Une grinta, notamment dans le travail défensif ? C’est bon encore. Le profil technique pour le poste de 9 à Paris ? Validé, et même avec mention.
En termes de pures qualités de 9, Ferran n’a pas tellement à envier à son prédécesseur, lui qui a marqué 65 buts depuis 2022 avec Barcelone. Il a même rassuré par ce sacré coup de boule à Rennes sur sa qualité de jeu de tête, un point fort du Portugais que Paris n’a de toute façon jamais vraiment su, ou voulu, utiliser. Son déplacement sur les deux buts est parfait, et il associe à son sens du jeu une belle vélocité. Il ajoute à tout cela une technique supérieure à Ramos, et une capacité à être un faux 9. Il est aussi capable de permuter sur le front de l’attaque et d'aider ainsi à désorganiser le bloc adverse, lui qui a joué partout en Catalogne.
Bref, il se rapproche plus de ce que fait Ousmane Dembélé, et de ce que demande son entraîneur, comme il l’a montré sur une subtile déviation qui a failli envoyer Désiré Doué à dame à la 76e minute. Des armes que n’avaient pas Ramos, qui apportait un profil différent. Et si Luis Enrique a bien perdu un type précis d’outil qui était à sa main, il s’est ouvert une panoplie de potentialités savoureuses avec un joueur qu’il affectionne.
Son premier devoir, c'est de postuler
Evidemment, il faudra durer, et il ne s’agit pas de s’enflammer, mais ce début en fanfare mérite de continuer à être scruté. Notamment car avec son profil, Ferran n’est pas qu’un supersub, mais bien un potentiel titulaire en puissance. Les messages de Luis Enrique adressés à ses joueurs sont clairs : personne n’aura de "crédit" ou de carte blanche. Pas même Ousmane Dembélé, qui a été mis au repos à Lille, même si l'entraîneur a quelque peu rétropédalé jeudi sur le Français : "Il a été, il est et il sera un joueur clé pour nous". Ferran a du travail avant de déboulonner le Ballon d’or, mais c’est justement tout ce que lui demande son entraîneur : augmenter toujours la qualité du onze en faisant jouer la concurrence.
Après la lente résignation des Ramos et autres Kang-In Lee, Luis Enrique a fait venir plusieurs joueurs aux dents longues pour bousculer tout cela. Pour l’instant, Ferran est sous le feu des projecteurs. Combien de temps ? A la même époque l’an passé, Ramos avait le vent en poupe. C’est dur de s’imposer à Paris, et c’est au moins aussi dur de conserver la confiance en sa capacité à le faire. C’est tout le défi de l’Espagnol, et cela commence à Lille ce vendredi (20h45) dans un match aussi difficile que mine de rien important pour Paris.
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Lille OSC
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Paris Saint-Germain
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