Ligue 1 | Kang-In Lee, Gonçalo Ramos, et maintenant Bradley Barcola : le PSG fait face à la grogne de ses remplaçants
Par Tristan HENRY
Publié 27/07/2026 à 00:02 GMT+2
Au revoir, Kang-In Lee. Après Gonçalo Ramos, le milieu sud-coréen fait aussi ses valises dans ce mercato d'été rentable côté parisien. Bradley Barcola, qui a décidé de ne pas prolonger, pourrait de son côté suivre, lassé d'être le douzième homme. Plus qu'une remise en cause du système de Luis Enrique, ces changements viennent acter un nouveau cycle à Paris, et demandent des choix difficiles.
Barcola et Ramos se congratulent lors de la victoire du PSG face au modeste club d'Espaly, en Coupe de France.
Crédit: Getty Images
Avec le départ de Kang-In Lee vers l'Atlético de Madrid pour 40 millions d’euros, le PSG continue à bien vendre cet été, dans la foulée des quelque 70 millions et plus obtenus pour le départ de Gonçalo Ramos à Milan. Cependant, Paris dégarnit aussi un effectif plus aussi pléthorique qu’à l’accoutumée. Et ce ne sont pas les envies d'ailleurs de Bradley Barcola qui vont arranger les choses. À Paris, une page se tourne sur le banc. Gérer cette période est vitale pour un club confronté à des saisons à rallonge et animé par la volonté de faire constamment jouer la concurrence.
"C’est injuste ce que je fais avec Gonçalo Ramos". Début avril 2026, Luis Enrique salue la performance de son attaquant portugais, buteur en sortie de banc lors de la victoire face à Toulouse. "Injuste", l’entraîneur espagnol l’a également été de ses propres mots avec Warren Zaïre-Emery, en privant son couteau suisse de titularisation en finale de Ligue des champions. Et, bien qu’il ne l’ait pas reconnu publiquement, il l’a été aussi avec Kang-In Lee, systématiquement remplaçant dans les matches qui comptent malgré les louanges récurrentes de l’Asturien.
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Kang-in Lee après avoir remporté sa deuxième Ligue des champions avec le PSG
Crédit: Getty Images
Cette injustice, fruit de la règle basique selon laquelle onze joueurs, et onze joueurs seulement, peuvent débuter un match de football, n'est assurément pas du fait de Luis Enrique, qui fait son travail, et plutôt très bien. Cependant, après une saison d'union sacrée pour la première Ligue des champions, une autre à espérer bousculer la hiérarchie sans y arriver, le Coréen et le Portugais ont visiblement lâché l'affaire, préférant, et c'est compréhensible, retrouver du temps de jeu et un statut ailleurs. Quatrième pointe du trident offensif, Barcola pourrait les imiter. Qu'il parte ou non, Paris va devoir relancer un nouveau cycle collectif. L'impact de ces joueurs est plus profond qu'il n'y paraît, les remplacer ne sera pas si aisé.
Des remplaçants irremplaçables ?
Si Luis Enrique a si souvent sorti la brosse à reluire pour ces joueurs-là, c’est pour une raison simple : il savait ce qu’il leur devait, et il connaissait leur importance dans son groupe. Il serait en effet facile de ne retenir de la saison dernière du PSG que son final en trombe avec un nouveau titre en Ligue des champions, porté notamment par un Kvicha Kvaratskhelia déterminant. Ce serait oublier qu’il y a eu une nouvelle fois énormément de matches à disputer, dont un mois d’août compliqué après la Coupe du monde des clubs, et que, dans cet exercice, tout le monde a été impliqué.
Titulaires en début de saison dernière, Kang-In Lee et Gonçalo Ramos ont disputé respectivement 37 et 44 rencontres l’an passé, dont 18 et 15 titularisations, pour 3 et 11 buts. À titre de comparaison, Ousmane Dembélé a lui disputé 38 matches, dont 24 qu’il a débuté, pour 20 buts. Et si l’on prend Vitinha, qui n’a pas eu les mêmes problèmes physiques que le Français, il n’a cumulé "que" 48 matches. Dans un football toujours plus intense, certaines rentrées de ces joueurs ont été salvatrices, et un grand club ne peut pas se contenter d'un onze sur un match, a fortiori sur une saison.
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Gonçalo Ramos célèbre un but
Crédit: Getty Images
S’ils n’ont jamais franchi le dernier palier qui leur aurait permis de postuler plus sérieusement aux places de premier choix, des joueurs comme Ramos et Lee ont marqué le club de la capitale et ils ont quasiment toujours joué le jeu. Pour eux, face à une hiérarchie fixée par deux titres en Ligue des champions, il valait mieux partir. Voir Paris capable de vendre des joueurs à ce prix-là est un signe de bonne santé d’un club riche de joueurs et qui sait dorénavant remercier les bons et loyaux services par un bon de départ. Mais, sportivement, ils laissent un vide.
Pour Barcola, la messe n'est pas encore dite, mais son importance en championnat ou même pour pousser Désiré Doué dans ses retranchements n'est pas à démontrer, sa Coupe du monde ayant même laissé penser qu'il pouvait reprendre la main dans son duel avec son compatriote. Dans tous les cas, Paris devoir trouver des joueurs pour relancer sa dynamique.
Un effectif à étoffer
Entre les calendriers du PSG et la volonté de Luis Enrique de maintenir une concurrence, les seules personnes irremplaçables, ce sont les remplaçants. Avec l’enchaînement des saisons mais aussi le vieillissement de l’effectif, la possibilité de voir des longues blessures de titulaires augmente. Aujourd’hui, Paris n’a que 22 joueurs enregistrés, c’est évidemment trop peu pour s’engager sereinement dans une saison sur plusieurs fronts.
Comment remplacer un remplaçant ? C’est un peu la question à laquelle semble confronté le club aujourd'hui. Pour prétendre intégrer le club double champion d'Europe en titre, il faut tout de même un certain nombre de qualités. Dans le jeu, déjà, puisque, pour continuer à s’assurer le championnat tout en jouant tous les tableaux, les Parisiens ont besoin d’un effectif où n’importe qui serait titulaire dans la majorité - voire la totalité - des clubs de Ligue 1. Dans l’état d’esprit, surtout. Car arriver à Paris, c’est accepter "l’injustice" d’un effectif où les onze places de titulaires sont tout de même solidement attribuées. Mais c’est peut-être surtout accepter de tout faire tout de même pour tenter sa chance.
Un remplaçant doit être un potentiel titulaire
Yan Diomandé, Maghnes Akliouche… la consultation des premiers noms évoqués pour rejoindre l’effectif parisien offre quelques renseignements. Déjà, Paris est lié à des profils offensifs, alors que l’on sait qu’il y a de gros enjeux en défense, notamment sur les ailes ou ni Nuno Mendes ni Achraf Hakimi, hors dépannage de Warren Zaïre-Emery, n’ont de véritables doublures. Surtout, Paris vise tout de même haut, voire très haut. Avec de tels profils, le PSG ne recherche pas des remplaçants, mais des joueurs à même de bousculer encore la hiérarchie de l’effectif, quitte à pousser un joueur aujourd'hui indiscutable un jour vers le banc. Ou non, selon les résultats.
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Bradley Barcola et Désiré Doué durant le quart de finale de Coupe du monde des clubs entre le Paris Saint-Germain et le Real Madrid, le 5 juillet 2025
Crédit: Getty Images
Difficile de donner tort à Luis Campos dans cette option. Outre la nécessité de continuer à s'étoffer plutôt que d'uniquement conserver l'effectif, cela pourrait presque l'aider à recruter. Malgré la qualité des joueurs à Paris, il est peut-être plus simple de chercher un titulaire que de se balader sur le marché à la poursuite des joueurs rares en leur promettant le banc de touche, surtout quand on a les liquidités dont le club dispose. C'est d'autant plus vrai que son entraîneur reste une garantie que chacun aura sa juste chance de jouer.
Une des clés du système de Luis Enrique, cela reste d’avoir été capable de mettre Ousmane Dembélé sur le banc en octobre 2024 face à Arsenal pour le piquer, de remplacer la recrue Lucas Chevalier par Matveï Safonov, de maintenir la pression entre Désiré Doué, Bradley Barcola et Kvicha Kvaratskhelia pour la troisième place de titulaire en attaque. Pour que la concurrence demeure un maître-mot à Paris, il fallait peut-être justement renouveler l’effectif et de nouveau bousculer l’ordre établi. Sauf que la nouveauté est aussi une inconnue avec son lot de questions, et trouver les bons profils ne sera pas si simple. En tout cas, le besoin est désormais formellement créé, à voir maintenant comment le club y répond.
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