Ligue 1 | Ousmane Dembélé, une thérapie de choc signée Luis Enrique et le rôle de Ferran Torres

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Absent du groupe face à Lille, Ousmane Dembélé est officiellement au repos, trois jours après avoir été sorti à la pause face à Rennes. Sans blessure apparente, voilà donc le Ballon d’or 2025 débarqué. Une situation assez exceptionnelle en principe, sauf qu’elle s’inscrit dans la logique de Luis Enrique. D'autant qu'avec l’arrivée de Ferran Torres, Ousmane Dembélé a dorénavant un vrai concurrent.

Ousmane Dembélé (PSG) déçu face à Lens.

Crédit: Getty Images

Imaginez un peu. Août 2022, Christophe Galtier, mécontent, sort Kylian Mbappé et Lionel Messi à la pause d’un match de Ligue 1. Mené 2-0, Paris égalise. Quelques jours plus tard, Mbappé est absent du groupe. La bombe mondiale, la star française sur le départ, le vestiaire en crise. Imaginez le bien parce que ce n’est évidemment, sauf blessure, jamais arrivé. Pas plus à Mbappé qu’à Messi, non plus à Zlatan Ibrahimovic avant eux. Au PSG, sortir une star avant la 70e minute de jeu, cela a longtemps été impossible sans de lourdes conséquences derrière. Pas sûr qu’aujourd’hui, Ousmane Dembélé ne regrette pas un peu ces temps-là.
Le Ballon d’Or 2025 vient de suivre peu ou prou ce traitement. A Rennes, lorsqu’il a fallu trancher à la pause, il est sorti avec son compère Khvicha Kvaratskhelia, un des outsiders pour la récompense individuelle ultime cette année. Première claque. Après que son remplaçant Ferran Torres a sauvé le coup pour Paris, Luis Enrique a assaisonné en conférence de presse : "il n’y a pas de crédit", "pour gagner tout le temps, tu dois sortir de ta zone de confort, c'est clair". Suivez le regard, deuxième claque. Ce mardi, il a été annoncé qu’Ousmane Dembélé n’était pas dans le groupe pour un déplacement difficile à Lille et qu’il était mis au repos. Troisième claque ?

Trois causes, une conséquence

A ce stade, le comment du pourquoi de cette décision n'est pas certain. Il y a en fait trois scénarios. Soit elle a été prise d’un commun accord avec le joueur, éreinté, après discussion, soit c’est une sanction. Soit un peu des deux. On ne jouera pas à Madame Irma, mais étant donné qu’il y a souvent des nuances de gris et que le tout noir ou tout blanc reste rare… Le plus important, c’est qu’en termes de conséquences, tout cela paraît assez voisin.
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Luis Enrique

Crédit: Getty Images

Déjà, un constat est simple : il y a un problème avec l’état actuel d’Ousmane Dembélé au PSG. Accord ou pas, Paris ne se passe pas de son attaquant de pointe titulaire comme cela sans raison, surtout avant un déplacement à Lille alors que le premier match n’a pas été gagné. On rappellera à ce titre l’empressement qu’a eu Luis Enrique pour faire revenir son joueur de blessure en Ligue des champions au printemps pour appuyer le fait que le double meilleur joueur de Ligue 1 en titre a tout de même un petit peu de crédit aux yeux de son coach. 
Ensuite, Luis Enrique reste droit dans ses bottes. Une place à Paris, cela se mérite. L’an passé, le Catalan a fait le dos rond devant les prestations parfois insipides de ses hommes, conscient de l’état de fatigue avancé du groupe et du peu de solution en sa possession. Avec un été où plusieurs cadres ont enfin eu du repos, et surtout avec un renouvellement de l’effectif, Luis Enrique peut revenir aux bonnes vieilles méthodes. Et il ne compte pas faire autrement. 

Un constat plus qu'un exemple

"Ce que j’ai vu cette semaine à l’entraînement améliorera beaucoup le niveau par rapport à l’année dernière. Il y aura des joueurs que je devrais sortir de la feuille de match, et ça c’est très injuste. Ce que j’ai vu cette dernière semaine est bien meilleure en termes d’intensité que l’année dernière", déclarait l’Asturien en conférence de presse avant le match à Rennes. "On connaît la difficulté de gagner, donc il faut s’améliorer", martelait-il, dans ce qui est visiblement le mantra de ce PSG 2025-2026. 
De là à penser que Dembélé est un exemple pour tout le monde… il n’y a qu’un pas qu’il ne faudrait pas forcément franchir. Il y a évidemment une portée symbolique, d’autant plus que c’était déjà en sortant le Français du 11 le 1er octobre 2024 contre Arsenal que Luis Enrique l’avait forcé à évoluer, et avait cimenté sa maîtrise sur le groupe.
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Ousmane Dembélé (PSG)

Crédit: Getty Images

Cependant, et l’avenir le dira, c’est peut-être tout simplement justifié par l’état du Ballon d’or, qui est apparu loin de la forme de sa vie face à Aston Villa, Lens, puis Rennes, ratant des occasions qu'il ne manquait plus. Si son entraîneur n’avait voulu faire qu’un exemple, il aurait très bien pu inclure Khvicha Kvaratskhelia, assez indigent sur le terrain malgré une vraie pause estivale. Mais le Géorgien n’a pas besoin de repos, et le message passé au Roazhon devrait suffire.

Ferran Torres, plus qu'un remplaçant

Dans ces interrogations, un constat permet de trancher le nœud gordien. Etat de forme de Dembélé ou pas, ce qui change cette fois-ci, c’est que Luis Enrique a le remplaçant tout trouvé en la personne de Ferran Torres. Joueur qu’il apprécie énormément, décisif à Rennes. Plus compatible avec son jeu que ne l’était Gonçalo Ramos, Ferran pourrait vite devenir le chouchou de son entraîneur. Celui-ci n’avait d’ailleurs pas mis longtemps il y a deux ans pour se remettre du départ de Mbappé en installant Dembélé en pointe. Avec Luis Enrique, les choses peuvent vite tourner… et c’est là que la situation de Dembélé pourrait vite devenir épineuse. S’il n’est pas meilleur que Ferran, il ne jouera pas, ou en tout cas pas en pointe, Ballon d’or ou non. 
"Il est important que les joueurs qui viennent sachent qu’ils arrivent dans une équipe qui a gagné deux fois la Ligue des champions, mais ils doivent vouloir améliorer l’équipe et jouer. (...) La clé, c’est de savoir changer, savoir retrouver la mentalité, que les joueurs ressentent qu’il sera difficile de jouer tout le temps dans l’équipe titulaire", avait d’ailleurs exposé l’entraîneur avant Rennes. Buteur décisif en finale de Coupe du monde, Ferran Torres a un CV de titulaire aussi.
Cependant, la messe n’est pas dite. La balle est d’ailleurs dans le camp de Dembélé, finalement. Le Français n’est pas devenu Ballon d’or par hasard. Il l’avait rappelé cette année en plantant un doublé à Anfield puis contre le Bayern cette année. A son top, Ousmane Dembélé sera titulaire, et Paris n’en sera que meilleur.
Reste à savoir comment il gérera ou voudra gérer cette thérapie de choc, dont on rappellera encore que tant de Parisiens l’auraient refusé auparavant, que tant de stars le refuseraient aujourd’hui. Certains sur les réseaux sociaux voudraient déjà voir les velléités d’un départ, mais le 26 août, cela semble illusoire. D’autant que ce genre de décisions est aussi la force de Luis Enrique, et ce qui a permis l’improbable doublé européen de Paris, amenant l’ancien Rennais plus haut qu’il n’avait jamais été. Et Dembélé le sait. Aujourd’hui, l’Asturien doit en tout cas avoir le bénéfice du doute en sortant le Ballon d’or du groupe, et nul doute que Carlo Ancelotti, Unaï Emery, Thomas Tuchel, Christophe Galtier et consorts ont un petit sourire en coin.
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