Transferts - Ligue 1 - Le championnat français a profité de l'argent de la Premier League pour renflouer les caisses durant le mercato d'été

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La Ligue 1 a besoin d'argent et elle en a eu. Le championnat de France a réalisé un mercato record de bénéfices sur les transferts cette saison, bien aidé par les gros chèques venus de la Premier League. Cette mouture 2025/2026 du marché des transferts a vu de nombreuses ventes record mais aussi des clubs appauvrir leur effectif, forcés de vendre pour avancer. On fait le point.

Jérémy Jacquet, Ayyoub Bouaddi et Bradley Barcola sont tous les trois partis de Ligue 1 pour aller jouer en Premier League en échange de montants record.

Crédit: Getty Images

La "Ligue des talents" en avait à revendre cet été. Sans surprise, les clubs de l'élite française ont ouvert grand les vannes des départs durant le mercato estival, sur fond de situation économique dégradée et de revenus en berne, la faute à la chute des droits TV. Même les clubs les plus solides économiquement peuvent se targuer d'un solde estival positif même sans en avoir absolument eu le besoin.
Le PSG, qui n’avait pas connu une saison de transferts dans le vert depuis 2020 - la seule de toute l’ère QSI -, affiche un bénéfice de 182 millions d'euros, selon le site spécialisé Transfermarkt, qui ne compte pas les bonus dans les transactions (la vente de Bradley Barcola à Liverpool compte pour 125M€, mais est estimée à 145M€ bonus compris).
A Paris, il s'agit plutôt d'un mercato exceptionnel entre ventes très bien réalisées et joueurs valorisés par deux campagnes européennes brillantes. Presque partout ailleurs en Ligue 1, il fallait vendre. Dans l'ensemble, la Ligue 1 a vendu pour 1,33 milliard d'euros et recruté pour 605 millions. Soit une balance nette de +725 millions. Du jamais-vu.

La Premier League n'avait qu'à se baisser pour se servir

Sur le total des ventes, plus de 800M€ concernaient des transactions vers la Premier League. Outre-Manche, le cash coule à flot. Hors Bradley Barcola (125M€ hors bonus vers Liverpool) et Ayyoub Bouaddi (95M€ hors bonus vers Manchester City) en tête de gondole, il y a eu beaucoup de voyages aller vers l'Angleterre, peu de retours. Ibrahim Mbaye (55M€ vers Aston Villa), Mamadou Sangaré (48M€ vers Brentford), Matias Fernandez-Pardo (60M€ vers Newcastle), Jérémy Jacquet (63M€ vers Liverpool) pour ne citer qu'eux, ont aussi apporté leur pierre à l'édifice pour faire exploser les compteurs.
De nombreux clubs français en ont profité pour réaliser des ventes record. Le PSG avec Barcola, Lens avec Sangaré, Lille avec Bouaddi, Rennes avec Jacquet, on vient de les citer. L'OM a aussi réalisé potentiellement la plus grosse opération de son histoire avec la cession de Mason Greenwood à Fenerbahçe, même si une bonne partie du montant va finir dans la poche de Manchester United. Car aux 39M€ secs de son transfert devraient s'ajouter divers bonus, de quoi dépasser la barre des 39M€ du départ de Michy Batshuayi à Chelsea en 2016.
Quant à Strasbourg, bien aidé par la multipropriété de BlueCo, les ventes de Valentin Barco à Chelsea, la maison mère, pour 40M€ et de Diego Moreira à l'AC Milan pour 50M€ sont les deux plus gros chèques encaissés de l'histoire du club Julio Enciso (30,5M€), Guéla Doué (30M€), Emmanuel Emegha (30M€) et Abdoul Ouattara (20M€) se sont aussi insérés dans le top 7 des plus grosses ventes du club. Toulouse, enfin, a cassé la baraque avec les ventes d'Emersonn et de Dayane Metalie, tous les deux partis pour 28M€ hors bonus, respectivement à Ipswich et Sunderland. Réalisant au passage des plus-values exceptionnelles.
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Strasbourg a vendu de nombreux joueurs pour plus de 20 millions d'euros cette saison.

Crédit: Getty Images

Certains joueurs ont tout de même été bradés

Tout n'est pas rose pour autant. Si les ventes vont permettre d'équilibrer un peu plus les budgets, elles ont aussi appauvri le championnat. Sur l'ensemble de l'été, la plupart des écuries de Ligue 1 ont vu la valeur de leur effectif baisser, parfois drastiquement. Entre le 15 juin, date d'ouverture du mercato d'été, et le 1er septembre, date de sa fermeture en France, l'effectif de l'AS Monaco a perdu 17,6% de sa valeur marchande, Strasbourg 17,9%, l'OM 43% (!), Lorient 29%, Brest 34%...
Valait-il mieux conserver des joueurs attractifs pour faire remonter, à terme, la valeur des droits TV, ou vendre dans l'urgence ? La seconde option a visiblement été favorisée. Au point, parfois, de brader certains joueurs, par peur de ne pas voir la vente se conclure ou par nécessité de faire rentrer des liquidités immédiatement.
Si Grégory Lorenzi s'est bagarré et a fini par obtenir gain de cause auprès de la direction de l'OM, Igor Paixao a bien failli s'envoler vers Sunderland pour environ 30M€ hors bonus, alors qu'il devrait être le fer de lance de l'attaque olympienne et qu'aucune plus-value n'aurait été réalisée ou presque (il était arrivée pour 30M€ de Feyenoord l'été dernier). Même logique pour Malick Fofana, dont une ou deux saisons pleines auraient aisément fait croître la valeur marchande et qui a finalement signé pour 35M€ à Sunderland.
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Igor Paixao est finalement resté à l'OM après avoir été donné du côté de Sunderland.

Crédit: Getty Images

Le Mans et le PFC comme exceptions

Mais l'urgence est là. Au 30 juin 2025, la DNCG faisait état, avant apports des actionnaires et balance des transferts, le résultat d'exploitation des clubs de Ligue 1 affichait une perte de... 1,4 milliard d'euros. Les dépenses ont grimpé, les recettes n'ont pas suivi et le championnat a basculé vers un modèle structurellement déficitaire.
Alors forcément, cette année plus que jamais, il s'agissait autant de faire rentrer des liquidités que d'économiser sur les salaires. Car les charges d’exploitation des clubs ont atteint les 3,35 milliards d’euros en 2025 dont plus de 50% de masse salariale. La grande braderie de l'OM a été l'exemple le plus parlant.
Dans l'ensemble, seuls Le Mans, promu et ambitieux, et le Paris FC, ne suivent pas tout à fait la dynamique. Leurs effectifs ont gagné respectivement 43% et 13% de valeur marchande. Pour des raisons différentes, puisque les Manceaux ont vu la montre en Ligue 1 faire bondir quelques valorisations de joueurs, mais n'ont signé aucune recrue à part des prêts, et n'ont vendu personne. Côté PFC, il s'agit plutôt d'un recrutement ambitieux pour essayer de s'installer durablement dans l'élite.
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