"Pas juste la faute de Mbappé" : À Caen, les anciens tirent la sonnette d'alarme

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À treize journées de la fin du championnat de Ligue 2, le Stade Malherbe Caen se rapproche dangereusement du National. Alors que les supporters du club normand ont directement ciblé la famille Mbappé la semaine passée, et notamment Fayza Lamari, des anciens joueurs caennais, interrogés par Eurosport, estiment que le Madrilène n'est pas le seul fautif.

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Video credit: Eurosport

C'est la crise à Caen. Avant de recevoir Dunkerque, belle surprise de cette saison 2024-25, ce lundi soir pour le compte de la 22e journée de Ligue 2, le Stade Malherbe est bon dernier à huit points du premier non-relégable (Rodez). Alors que le club reste sur huit défaites toutes compétitions confondues, les supporters caennais ont laissé éclater leur colère en milieu de semaine passée.
Sur les grilles du centre d'entraînement, plusieurs banderoles visaient la nouvelle direction (ndlr : l'été dernier, Kylian Mbappé a repris le Stade Malherbe Caen à hauteur de 80%). "Ziad Hammoud (président délégué) démission. T'es où ?", "Pensez à ceux qui travaillent dans l'ombre" ou "Fayza (la maman de Kylian Mbappé qui oeuvre en coulisses sur le nouveau projet malherbiste), les bouseux sont dans la merde", pouvait-on lire à Venoix.
Les fans caennais ne sont pas les seuls à se soucier de l'avenir du champion de Ligue 2 1996 et 2010. Sur la page Facebook "Générations Stade Malherbe", Jimmy Hébert, 324 matches au compteur avec le club normand entre 1996 et 2006, a appelé à l'unité. "La situation est terrible pour tous. Notre coeur est lourd. La priorité est la survie du club peu importe comment", a écrit l'ancien milieu de terrain, qui réclame "des guerriers" pour la fin du championnat.
Lancé chez les pros à Caen par Pascal Dupraz et désormais titulaire à Nantes, Johann Lepenant a toujours un oeil sur le Stade Malherbe et ne cache pas non plus son inquiétude. "Ça m'attriste car Caen, c'est mon club formateur et mon club de cœur, nous a confié le vice-champion olympique 2024 dont le frère cadet (Tom) évolue actuellement avec l'équipe réserve malherbiste. J'espère qu'ils vont tout donner jusqu'à la fin et s'en sortir. Ce serait bien pour le club et la ville. C'est un club qui doit rester en haut."

G. Proment : "Pour moi, tout est parti en 2018 avec ce putsch pour virer le président Fortin"

Désormais entraîneur de l'équipe réserve de Clermont, Grégory Proment a toujours un oeil sur Caen, où il a évolué en tant que joueur (2016-2010 puis 2011-2012) et formateur. Selon l'ex-milieu défensif, la nouvelle direction - qui a investi près de 20 millions d'euros l'été dernier épongeant au passage une partie des dettes - n'est pas la seule responsable du naufrage caennais.
"Pour moi, tout est parti en 2018 avec ce putsch pour virer le président Jean-François Fortin, nous souffle Grégory Proment. A ce moment-là, le club fonctionnait très bien. Ça faisait quatre ans qu'il était en L1, les U19 avaient atteint la finale du championnat de France et le club était stable. Depuis, Malherbe descend de plus en plus. Je ne suis pas persuadé que c'est seulement la faute de la famille Mbappé."
Même son de cloche pour Christophe Le Grix, lancé en professionnel par Daniel Jeandupeux en 1993 puis revenu au sein du club normand en 2000 après des passages à Troyes, Metz et Lorient. "Il faut du temps pour mettre en place un projet. Dans l'organigramme, la famille Mbappé a ramené des personnalités qui ont fait leurs preuves dans le milieu du foot et qui ont des qualités à l'image de Reda Hammache (directeur du recrutement) ou Pascal Plancque (directeur technique)."

C. Le Grix : "En N1, tu pars au trou sans savoir quand tu vas remonter. L'histoire n'est pas la même qu'en L2"

En revanche, l'ex-milieu de terrain estime que la plus grosse erreur de la nouvelle direction est son choix d'entraîneur. "Nicolas Seube était la bonne personne au bon endroit et au bon moment. L'avoir évincé pour mettre quelqu'un qu'on ne connaît ni d'Adam ni d'Eve (Bruno Baltazar) et qu'on voit ce qu'il fait (aucun point en cinq matches), on se demande où est le bénéfice. C'est un gâchis, note Christophe Le Grix, qui pointe surtout la responsabilité des joueurs. Le Stade Malherbe Caen n'a pas un effectif extraordinaire. C'est assez pauvre. Nicolas Seube en tirait sûrement la quintessence la saison passée (6e). Ils auraient dû amener des renforts. Inconsciemment, avec l'arrivée d'un investisseur comme Kylian Mbappé, les joueurs se sont dits que ça allait rouler tout seul."
Au rythme où vont les choses, c'est le National qui pend aux nez des Caennais. Et là, le projet pour le clan Mbappé prendrait une tout autre tournure. Christophe Le Grix encore : "En N1, tu pars au trou sans savoir quand tu vas remonter. Regardez Rouen ou Le Mans. L'histoire n'est pas la même qu'en Ligue 2".
Grégory Proment a déjà vécu l'expérience National et ne la souhaite pas au Stade Malherbe. "Si le club venait à être relégué au troisième échelon, c'est sur les employés du club que ça retomberait. En 2012, quand j'arrive pour signer à Metz en N1, il n'y a plus personne dans les bureaux. Les joueurs ne se rendent pas compte, mais il y a des familles qui peuvent trinquer derrière les résultats professionnels. C'est là que l'identification au club prend tout son sens, assure-t-il. J'ai l'impression que Malherbe est en train de perdre son identité et c'est bien dommage. Quand on reprend une institution, il faut respecter l'histoire, les supporters et les salariés."
Les joueurs de Bruno Baltazar ont désormais 13 finales à jouer pour sauver la patrie. La première face à l'USL Dunkerque ne s'annonce pas des plus simples au regard des dynamiques des deux équipes.
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