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Chicharito les a bluffés
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Publié 06/04/2011 à 08:33 GMT+2
Arrivé l'été dernier, Javier Hernandez, dit Chicharito, s'est rapidement fait une place au soleil à Old Trafford. Beaucoup plus vite en tout cas que ne l'avait imaginé Sir Alex Ferguson. MU est tombé sous le charme du Mexicain, dont le jeu instinctif et le sens du but s'avèrent souvent précieux.
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Lorsqu'il a débarqué l'été dernier, l'Angleterre ignorait tout de lui. Il avait beau avoir dévoilé son talent lors de la Coupe du monde, contribuant notamment à la descente aux enfers de l'équipe de France, Javier Hernandez est arrivé sur la pointe des pieds à Manchester. Un Mexicain surnommé "petit pois" (Chicharito), il en faut plus pour affoler le peuple d'Old Trafford. Les Red Devils, pourtant, n'avaient pas attendu le Mondial pour le remarquer. Depuis octobre 2009, les scouts mancuniens le suivaient. Six mois plus tard, MU déboursait 10 millions d'euros pour s'attacher les services du jeune attaquant mexicain de Chivas. Mais personne n'attendait de sa part un tel impact dès sa première saison.
Sa vitesse, sa rapidité d'exécution et son sens du but n'ont pas surpris Sir Alex Ferguson. C'est cette combinaison qui lui avait plu. En revanche, l'Ecossais a été bluffé par la rapidité avec laquelle sa recrue s'est imposée. Presque naturellement. "Physiquement, je pensais que ce serait dur pour lui", avoue Ferguson. Il est vrai qu'Hernandez culmine tout juste au-delà du mètre soixante-dix pour une soixantaine de kilos. "Quand nous l'avons acheté, reprend le manager, nous pensions qu'il lui faudrait du temps pour s'adapter. Il découvrait un nouveau championnat, une nouvelle équipe, une nouvelle vie. L'idée était plutôt de le laisser grandir tranquillement et d'attendre la saison prochaine".
Scholes avait vu juste
Mais rapidement, Chicharito s'est fait sa place. Pas encore indispensable, parfois irrégulier d'un match à l'autre ou dans une même rencontre, mais déjà précieux. Souvent. En 35 matches, toutes compétitions confondues, il a déjà inscrit 17 buts. Une moyenne remarquable dans la mesure où il n'a été titulaire qu'une fois sur deux (18 sur 35). Dès l'été dernier, Ferguson a eu la puce à l'oreille. La puce, en l'occurrence, s'appelle Paul Scholes. Au mois de juillet, lors d'un match de pré-saison aux Etats-Unis face à une sélection de joueurs de la MLS, Hernandez marque son premier but, dès sa première apparition sous le maillot rouge. "Après le match, raconte Ferguson, Paul m'a dit qu'il (Hernandez, ndlr) mettrait 25 buts cette saison. Paul ne parle pas beaucoup, mais c'est un excellent analyste.Il ne s'était pas trompé."
Depuis, le Mexicain a marqué beaucoup d'autres buts, bien plus importants que celui inscrit à Houston. L'Olympique de Marseille en sait quelque chose. Chicharito a été le bourreau du champion de France voilà trois semaines en inscrivant les deux buts mancuniens lors du match retour à Old Trafford, en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Un soir important pour lui. Dans un match couperet, capital pour la suite de la saison du club, Ferguson n'a pas hésité à le titulariser, lui, plutôt que Berbatov. "Je n'avais aucun doute sur le fait qu'il réponde présent, assurait Ferguson après la rencontre. Je pensais que son jeu pourrait beaucoup nous apporter sur ce match et il m'a donné raison. Sur le premier but notamment, son déplacement est fantastique."
Instinct et professionnalisme
Et c'est vrai, Hernandez semble avoir le chic pour se retrouver exactement là où il faut devant le but adverse. "J'ai toujours eu cet instinct", explique-t-il. Peut-être un héritage familial. Chicharito vient d'une grande lignée de footballeurs. Son père et son grand-père ont été internationaux mexicains et eux aussi ont joué une Coupe du monde. Mais sa réussite est d'abord celle "d'un joueur extrêmement professionnel", selon les termes de Ferguson. "Je travaille beaucoup c'est vrai, confirme Hernandez. J'étudie le jeu des défenseurs adverses pour savoir leurs habitudes, connaitre leurs points faibles. Il n'y a pas de hasard."
Evidemment, ses performances et sa nouvelle notoriété lui valent d'être comparé à certains de ses prédécesseurs à Old Trafford. Beaucoup l'appellent le nouveau Tevez. Plusieurs journaux ont parlé de lui comme du nouveau Michael Owen. Le rapprochement le plus pertinent le lie peut-être à Ole Gunnar Solskjaer. Comme le Norvégien, il possède un vrai instinct de buteur, un physique un peu frêle et une faculté à cohabiter avec n'importe quel partenaire en attaque. L'intéressé rejette pourtant tout ça. "Je suis fier qu'on me compare à eux ou qu'on m'appelle le nouveau Tevez mais je ne veux pas être comparé à lui ni à d'autres. Je suis Chicharito et je veux vivre mon propre rêveet je sais qu'il y a encore tant à venir." Il y a déjà ce quart de finale de Ligue des champions face à Chelsea. Ne vous étonnez pas si Chicharito Hernandez y joue un rôle important. A Manchester en tout cas, plus personne ne parlerait de surprise.
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