Ligue des champions, Coupe du monde des clubs : Le foot plongé dans le burn-out

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En clubs comme en sélections, la saison 2024-2025 est maintenant pleinement lancée. Pour les joueurs, déjà surmenés, l'horizon est de moins en moins dégagé. Cette cuvée, qui lance les refontes de la Ligue des champions, de la Ligue des Nations et de la Coupe du monde des clubs l'été prochain, promet d'être infernale. Et de s'ouvrir vers un exercice encore plus chargé. Dangereuse fuite en avant.

Que retenir de ce rassemblement ? "On n'est pas plus avancés"

Video credit: Eurosport

Peut-être êtes-vous encore embués par la nostalgie des Jeux de Paris, stressés par la reprise du travail ou la rentrée des enfants. Mais si vous aimez le football, vous n'avez pas eu le temps de vous remettre de toutes les émotions d'une fin d'été olympique : mi-septembre n'a pas encore été atteint que les championnats domestiques sont bien lancés, le foot de sélections a également repris, et les compétitions européennes pointent déjà le bout de leur nez. Vous en vouliez ? Vous en aurez. Beaucoup. Partout. Tout le temps. Sans doute trop, au moins pour les joueurs.
Car si la saison 2024-2025 est partie vite et fort, c'est parce qu'elle s'apprête à marquer une nouvelle accélération dans une tendance claire depuis plusieurs années déjà. Pour des raisons évidentes, l'UEFA et la FIFA ont encore augmenté le nombre de matches. La Ligue des champions "new-look" propose désormais huit rencontres de groupe, contre six auparavant. La Ligue des Nations, elle, a délaissé son "Final Four" pour laisser place à des quarts de finale ainsi que des barrages inter-ligues. Viendra, en bouquet final de cette formidable cuvée, la toute nouvelle Coupe du monde des clubs, dont la plus haute instance du football est particulièrement fière, qui offrira donc du rab (jusqu'à 7 matches supplémentaires) à 32 équipes du monde entier. Bon appétit. Et bonne (in)digestion.
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Le foot plongé dans le burn-out

Crédit: Quentin Guichard

Bref, alors que de très nombreux joueurs et entraîneurs ne cessent de tirer la sonnette d'alarme face aux rythmes infernaux qui leur sont imposés, les organisateurs se bouchent les oreilles. "Les associations de joueurs en Angleterre et dans d'autres pays ont essayé de trouver des solutions, soulignait Kévin de Bruyne en conférence de presse, à l'ouverture de cette première fenêtre internationale. L'UEFA et la FIFA font de plus en plus de matches et on a beau dire quelque chose, aucune solution n'est trouvée. [...] Ils s'en foutent, c'est l'argent qui parle."

Au détriment du jeu

A l'évidence, les deux instances ont fait un choix très clair entre quantité et qualité. Impossible, pourtant, de ne pas voir un lien entre la surcharge des calendriers et l'appauvrissement du spectacle, devenu évident lors d'un Euro 2024 dont on ne se souviendra de rien, à l'exception du parcours de l'Espagne. "Nous avons tous vu à quel point les joueurs étaient fatigués pendant l'Euro, a constaté cet été Erling Haaland, qui n'a pas participé au rendez-vous continental. On a pu voir le niveau, on pouvait même voir sur les visages à quel point ils étaient usés par le football. Ce sera également le cas cette saison [...] car certains n'auront pas beaucoup de vacances. Mais c'est comme ça que ça se passe maintenant."
De Bruyne et Haaland évoluent dans l'un des meilleurs clubs du monde et sont donc forcément les premiers concernés par cet acharnement. Manchester City a officiellement débuté sa saison le 10 août avec le Community Shield remporté face à son voisin mancunien. En réalité, la préparation a débuté dès le... 15 juillet, au lendemain de la finale de l'Euro, avec un groupe évidemment privé de ses internationaux. Est venue ensuite la préparation estivale, que la direction des Citizens a décidé de faire aux Etats-Unis, avec des matches de prestige, là aussi pour des raisons pécuniaires.
Si les Skyblues réalisent une saison pleine, en disputant toutes les finales, ils joueront pas moins de 75 matches. Un total qui ne comprend donc pas les rencontres de pré-saison, ni celles de Ligue des Nations (11 jusqu'à la finale). S'ils disputent la finale de la Coupe du monde des clubs, le 13 juillet prochain, leur saison aura donc duré près de 365 jours. Tout simplement infernal pour une cuvée censée être creuse, puisque non conclue par une grande compétition internationale.

Encore pire la saison prochaine ?

Voici donc les joueurs plongés dans des exercices dont on ne sait plus vraiment quand ils commencent, ni quand ils se terminent. Prenez l'exemple de Julian Alvarez : l'Argentin a disputé (et remporté) la finale de la Copa América le 15 juillet, puis il a enchaîné avec le tournoi olympique jusqu'au quart de finale perdu face aux Bleus le 2 août, 17 jours seulement avant de jouer ses premières minutes sous le maillot de l'Atlético. Si les Colchoneros ont le "malheur" de réussir une grande saison, l'attaquant n'est pas près d'en voir le bout.
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Les entraîneurs des plus grands clubs, aux effectifs fournis, vont donc eux aussi devoir accentuer les rotations, comme ils l'ont fait de plus en plus régulièrement ces dernières années. Carlo Ancelotti a d'ores et déjà laissé entendre qu'il pourrait offrir quelques jours de congés aux joueurs qui en auront besoin, en plein cœur de la saison. Le coach du Real Madrid avait créé un malaise, au début du mois de juin, en annonçant que la Casa Blanca ne disputerait pas la Coupe du monde des clubs - ce qu'elle a dû démentir par la suite.
Mais la question se pose, et les craintes pourraient encore s'accentuer au fil des mois, alors que le nombre de blessures graves ne cesse d'augmenter en Europe. D'autant que la saison 2025-2026 s'annonce encore plus lourde avec un calendrier international chargé : les qualifications de la zone Euro seront ramassées sur quelques mois avant une Coupe du monde à... 48 équipes. "Il n’y aura que trois semaines entre la finale de la Coupe du monde des clubs et le premier match de Premier League l'été prochain, a déjà noté De Bruyne. Trois semaines de vacances et de préparation pour jouer encore 80 matches la saison suivante...".
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