Le jeu : Projections rapides contre possession stérile

De l’agressivité, une détermination à toute épreuve et l’envie irrépressible de faire mal d’entrée : au fond, la superbe ouverture du score d’Amandine Henry (5e) a parfaitement illustré le match des Lyonnaises. Celles-ci n’ont pas perdu de temps et ont tout de suite mis leurs adversaires à mal, avec beaucoup de verticalité. Les Fenottes ont fait de grosses différences en passant par les ailes et en n’hésitant pas à chercher Ada Hegerberg en première intention. Elles ont un poil abusé du jeu long en seconde période, mais on ne leur en tiendra évidemment pas rigueur.
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En face, le FC Barcelone a, comme à son habitude, eu la possession du ballon. Les Catalanes ont cependant trop souvent paru empruntées et le déchet technique dont elles ont fait preuve, trop important, les a empêchées de faire planer un danger permanent sur la cage de Christiane Endler. La pression blaugrana s’est logiquement intensifiée tout au long du second acte. Mais cette séquence d’attaque-défense s’est avérée désespérément stérile pour les joueuses de Jonatan Giraldez.

Les joueuses : Hegerberg en mission, Paredes en apnée

Comment pouvait-elle passer à côté ? Pour sa première finale de C1 depuis 2019 - elle avait alors inscrit un triplé face à ce même Barça (4-1) -, Ada Hegerberg a assumé son statut d’attaquante de classe mondiale et a pesé de tout son poids sur cette rencontre (un but, une passe décisive). Son entente avec Selma Bacha, intenable sur son côté gauche, a fait des étincelles. Delphine Cascarino a également tenu son rang sur l’aile droite, alors que la paire Amandine Henry-Lindsey Horan a régné sans partage dans l’entrejeu. Prises à défaut une seule fois, après une glissade de Kadeisha Buchanan (41e), les défenseures de l’OL ont été à la hauteur de l’événement.

Ada Hegerberg

Crédit: Getty Images

On ne pourra pas en dire autant de leurs homologues barcelonaises. Celles-ci ont été mises au supplice par la vivacité et la puissance des attaquantes adverses. À l’image d’Irene Paredes, qui a vécu un calvaire en première période. L’ancienne parisienne n’a pas été aidée par ses coéquipières Mapi Leon et Marta Torrejon, souvent en retard. Si elle a relancé le suspense peu avant la pause, Alexia Putellas n’a pas eu l’influence escomptée sur cette finale. Quant à Jennifer Hermoso, elle n’a pas existé devant et a été remplacée dès la mi-temps par Asisat Oshoala.

Le facteur X : À quelques centimètres près…

Ça aurait pu être un but exceptionnel, sans doute même le plus beau de cette 21e édition de la Ligue des champions féminine. Mais ça restera un geste fou qui n’a eu aucune conséquence sur le score, ni sur la physionomie du match. Voyant Christiane Endler avancée, Patricia Guijarro a tenté un lob insensé depuis le rond central. La gardienne chilienne, probablement trop courte, a été sauvée par sa barre transversale (58e). À quelques centimètres près, cette finale aurait donc pu être totalement relancée.

Le tweet qui témoigne d’une complicité redoutable

La stat : 6

L’Olympique Lyonnais en est désormais à six victoires sur ses six dernières finales de Ligue des champions féminine. Vous avez dit culture de la gagne ?

La décla : Wendie Renard (au micro de DAZN)

On a démontré qu'on avait envie de reconquérir ce titre. On n'avait pas envie de montrer quoi que ce soit, on voulait juste gagner. Je l'ai dit avant le match, on a assez parlé, il était temps d'agir. On veut simplement continuer à écrire notre histoire collectivement. Il ne faut pas oublier que beaucoup jouaient leur première finale en tant que titulaire. Il faut continuer comme ça, garder de l'humilité. L'an dernier on ne méritait pas de passer, et cette année on voulait aller au bout.

La question : L’OL a-t-il posé les bases d’une nouvelle hégémonie ?

Pendant cinq ans, c’était très simple : sur la scène européenne, il y avait Lyon devant, les autres derrière. De 2016 à 2020, les protégées du président Jean-Michel Aulas ont remporté cinq Ligues des champions de rang, la plupart du temps avec une maîtrise déconcertante et une marge évidente sur la concurrence. Et puis, il y a eu le couac de 2021. Dominé par le PSG - qui lui aura aussi volé la vedette en championnat - en quarts (1-0, 1-2), l’OL avait suivi la finale entre Barcelone et Chelsea de loin. La fin d’une époque ? Peut-être. Le déclin d’un géant ? Certainement pas.
Tout au long de la saison et jusqu’à ce samedi, les Fenottes ont montré avec éclat qu’il faudrait continuer à compter avec elles. Bien sûr, le paysage du football féminin a bien changé au cours des dix dernières années. Outre Paris, d’autres grandes puissances ont émergé en Espagne (FC Barcelone, Real Madrid), en Angleterre (Chelsea, Manchester City) et même en Italie (Juventus Turin). La formule même de la C1 a évolué, se rapprochant davantage de celle en vigueur chez les hommes. La concurrence est plus accrue, ce dont on ne saurait se plaindre. Remporter des titres continentaux n’en sera que plus savoureux.
Pour ce faire, Sonia Bompastor semble avoir toutes les cartes en mains. À commencer par sa carte maîtresse, Ada Hegerberg, qui a profité du rendez-vous turinois pour acter son retour au sommet. On notera également, et c’est sans doute encore plus important, la montée en puissance des nouvelles pépites du centre de formation, notamment Melvine Malard et Selma Bacha. Si l’on y ajoute des cadres toujours performantes (Amandine Henry, Wendie Renard), on obtient un effectif qui a encore de très beaux jours devant lui. Et qui dispose des atouts nécessaires pour débuter une nouvelle hégémonie.

L'Olympique Lyonnais a remporté la finale de la Ligue des champions contre le FC Barcelone.

Crédit: Imago

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