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Le mur de la Méditerranée
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Publié 07/05/2004 à 13:15 GMT+2
Critiqué ces dernières semaines, Flavio Roma a répondu présent mercredi soir à Stamford Bridge. Malgré les deux buts encaissés, le portier de l'AS Monaco a maintenu son équipe à flot dans la tempête. Aussi zen sur la pelouse qu'après le match, l'Italien e
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Crédit: Eurosport
Flavio Roma le savait. Plus que tout autre Monégasque, le gardien italien était promis à une soirée d'enfer à Stamford Bridge. Il n'a pas été déçu, mais il n'a pas flanché. Dans cette enceinte à nulle autre pareille, où la foule n'est qu'à quelques centimètres de la pelouse, il ne fait pas bon être gardien de but. En première période, dans une ambiance ébouriffante et assourdissante, Roma a joué avec dans son dos le Shet Stand, la tribune la plus chaude du stade.
On a fait plus simple, car à Chelsea, le public n'est pas spectateur, mais un acteur à part entière de la rencontre. Heureusement, Roma a assumé. "Notre défense est très jeune. C'est rare à ce niveau. Alors c'est à moi de leur parler, de les guider. Mais en début de match, ce n'était pas évident. On ne s'entendait pas tellement le public faisait du brui. Mentalement, c'était très dur" explique-t-il. Tympans saturés, mais oeil acéré, le grand Flavio a vu une succession de vagues bleues se déchaîner sur son but.
L'hommage du capitaine
Après seulement 38 secondes, il put se chauffer sur une première frappe d'Hasselbaink. Une simple mèche dans l'incendie qui s'annonçait, le premier des huit tirs cadrés de Chelsea en première période. Sur deux d'entre eux, Roma s'est incliné, sans rien pouvoir faire, notamment sur le premier: "le but de Gronkjaer est un peu chanceux à mon avis" estime-t-il. Un avis partagé par l'intéressé, le Danois avouant après le match qu'il avait voulu centrer. La frappe de Lampard, avant la pause, était en revanche totalement volontaire et tout aussi imparable.
Mais sans Roma, l'addition aurait pu être beaucoup plus lourde. Impeccable devant Hasselbaink, il s'est montré exceptionnel sur la volée à bout portant de Lampard à la demi-heure de jeu. Une manchette à l'horizontale, un arrêt de classe mondiale. Ce n'était plus le mur de l'Atlantique, mais celui de la Méditerranée. "Flavio a fait le match parfait en première mi-temps, malgré les deux buts. Il nous a maintenus dans le match. Sans lui, on en prenait quatre ou cinq et c'était fini" note Giuly en guise d'hommage.
"Je veux rester ici"
Souvent louée, à juste titre, pour son formidable potentiel offensif, l'équipe de Didier Deschamps sait donc ce qu'elle doit à son dernier rempart. Lui reste imperturbable devant les éloges, comme il l'était devant les critiques le mois dernier: " J'ai simplement fait mon boulot, et j'ai essayé de le faire du mieux possible, comme toujours". Rien ne semble l'atteindre. Oublié par l'Italie qui n'en voulait plus, il ne nourrit pas davantage de rancoeur. "Je ne veux pas parler de revanche" assure-t-il. Je cherchais simplement un endroit pour m'exprimer. Cela n'a pas pu se faire en Italie, c'est comme ça. Aujourd'hui, je suis heureux à Monaco et je veux rester ici."
En débarquant sur le Rocher voilà trois ans, il n'imaginait pourtant pas une telle trajectoire. Pas plus qu'il ne songeait à la finale de la C1 en début de saison. "Notre objectif, c'était de franchir le premier tour, raconte l'Italien. Après, on a simplement cherché à tout donner, match après match. Paradoxalement, même si on a sorti le Real et Chelsea, c'est le Lokomotiv Moscou qui nous a posé le plus de problèmes. C'est une équipe très bien organisée et qui sait jouer au ballon. Mais comme toujours cette saison, on s'en est tiré. Je suis vraiment content".
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