"Plus rien à perdre"

Après un incroyable parcours, Robert Pires estime qu'Arsenal n'a plus rien à perdre en finale face à Barcelone, ce soir. C'est avec cet état d'esprit que les Gunners peuvent s'imposer. Car même les joueurs ne croyaient pas arriver jusque là, raconte le Fr

Eurosport

Crédit: Eurosport

ROBERT PIRES, dès le mois de septembre, Arsène Wenger a dit que vous seriez en finale...
R.P. : Il n'y a que lui qui y a cru. Ca a mis du temps (de nous le faire croire). Le déclic, c'est février: les victoires à Liverpool, Madrid et après on a très bien enchaîné. Sincèrement, c'était le seul à y croire. Nous on était en plein chamboulement avec le départ de Patrick (Vieira), qui a fait du bruit, qui nous a fait mal. C'était le seul à y croire. Il y avait le traumatisme du départ de Vieira. On n'a pas perdu un petit joueur, mais un joueur imposant, notre capitaine, qui était là depuis neuf saisons, c'était plus qu'un joueur. Ca a été difficile et lui a cru en nous, car il connaît ses joueurs. Mais nous les premiers on disait: 'Mais cette équipe là, elle est trop jeune'".
Vous avez payé le prix de cette jeunesse en Championnat...
R.P. : On a mis du temps à montrer qu'on avait des qualités. C'est normal, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Mais c'était un pari risqué. Les jeunes sont surprenants au niveau de la maturité. Moi à leur âge, je n'aurais jamais fait ça. Si. Chez moi à Reims, pas à Arsenal.
Le déclic n'a-t-il pas eu plus précisément lieu à Madrid ?
R.P. : Avant Madrid, on n'était pas serein, on ne savait pas où on allait. Le déclic, c'est la victoire (1-0), qui fait du bien à tout le monde. Si ce soir-là on repart avec une défaite, on n'est pas là aujourd'hui. On est conscient que ça ne tient à rien. Au retour à Villarreal (0-0), normalement on doit repartir avec quatre buts, si on n'a pas un grand Jens Lehmann (dans les buts). Ce soir-là, je pense qu'on avait choisi la mauvaise option, trop défensive. On a vraiment joué avec le feu.
Mais vous avez su tenir le score...
R.P. : Peut-être qu'on est en train de devenir un club anglais, dans notre façon de jouer, de gérer. Maintenant, il y a du tempérament, du caractère, avant non. Enfin pas assez. On ne savait pas gérer un match. 1-0 avant Villarreal, il y a trois ans on ne passait pas là-bas.
Vous voilà au pied de la dernière marche...
R.P. : On n'a plus rien à perdre. En ayant cette mentalité là, cette qualité, on est capable de les battre. Tous les gens vont dire que le Barça va être champion d'Europe. Ca nous convient très bien. On a créé la surprise en 8e, en quarts. Le Barça est la meilleure équipe d'Europe, car il joue sur les deux tableaux.
Quel secteur de jeu sera selon vous primordial ?
R.P. : L'essentiel, c'est le milieu de terrain. Avec des joueurs aussi doués, si tu leur laisses le moindre espace, le temps d'organiser le jeu, tu es mort. C'est surtout là qu'il va falloir être présent, les harceler, faire un pressing sur les trois du milieu pour les empêcher d'alimenter leurs deux attaquants. Il va falloir essayer d'avoir le ballon, de les en priver d'entrée de jeu. Il faudra leur montrer que ça va être une soirée difficile pour eux. On sait que ce ne sera pas évident. Mais si on les laisse monopoliser le ballon, on va courir, se fatiguer, et à un moment il y aura une brèche.
Il vous faudra réussir un peu le même match qu'au Real Madrid ?
R.P. : Il faudra refaire effectivement ce qu'on a fait au Santiago-Bernabeu : attendre un peu, pas trop bas, faire en sorte que le milieu et la défense soit compacts, leur laisser le minimum d'espaces et placer des contres. Avec ce genre d'équipe, il faut être patient.
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