Eurosport
Avant Juventus - Barça : 3-4-3, la solution miracle de Luis Enrique face au révélateur turinois
Par
Publié 11/04/2017 à 00:23 GMT+2
LIGUE DES CHAMPIONS - L'entraîneur du FC Barcelone Luis Enrique devrait reconduire son système en 3-4-3 qui a fait ses preuves ces dernières semaines et a relancé le jeu catalan. Reste encore à confirmer ces effets contre la Juventus Turin (20h45), une des équipes les plus à même de mettre à mal une telle disposition.
Luis Enrique en pleine discussion avec Neymar
Crédit: AFP
La remontada face au Paris Saint-Germain n'était-elle qu'un coup d'un soir ? C'est à cette question que le Barça de Luis Enrique va répondre lors de sa double confrontation à venir face à la Juventus. Un deuxième test de taille pour le 3-4-3 mis en place le mois dernier par le coach du Barça.
Un nouveau système pour régler certains points faibles
En modifiant son système de jeu préférentiel, Luis Enrique a d'abord corrigé une partie des problèmes d'animation dont souffrait son équipe. Trop souvent cette saison, le 4-3-3 du Barça a connu des soucis au moment de progresser dans la moitié de terrain adverse. En cause principalement, le manque de mouvement au milieu et en attaque, qu'il fallait ajouter aux prises d'initiative trop rares des défenseurs. Des lacunes qui forçaient les créateurs à redescendre très bas pour toucher le ballon, compliquant de fait l'avancée vers le but adverse.
En passant en 3-4-3, Luis Enrique a redonné de vraies responsabilités à ses défenseurs lorsqu'il s'agit de construire. Les deux excentrés, et plus particulièrement Umtiti ou Alba puisque le jeu du Barça penche à gauche (Iniesta + Neymar), portent plus le ballon et participent au jeu. Conséquence immédiate, les milieux redescendent moins : Iniesta d'un côté et Rakitic de l'autre jouent plus haut et vont jusqu'à occuper des espaces entre les lignes. De fait, la MSN est moins esseulée et l'adversaire est souvent contraint de reculer pour réduire au maximum les espaces autour de tous ces joueurs ultra-talentueux.
Réussir à faire reculer l'adversaire, c'est une première victoire pour les Catalans. Cela permet de faire monter le bloc, réduit les distances entre les joueurs et favorise les combinaisons. Avec deux ailiers, la moitié de terrain adverse est aussi mieux occupée. L'équipe utilise ainsi bien mieux la largeur. Sous-utilisé jusque-là, le flanc droit du Barça a retrouvé une certaine utilité, même si c'est souvent pour terminer des mouvements construits à gauche.
Un adversaire qui est forcé de défendre bas, c'est aussi un adversaire qui peut être mis sous pression lorsqu'il récupère le ballon. Paris en a fait l'amère expérience au match retour : le Barça a retrouvé le pressing qui lui faisait défaut ces derniers mois. L'équipe est bien plus réactive à la perte de balle et va presser très haut la relance adverse. Au-delà du système, le retour de Rakitic fait aussi du bien dans ce domaine. Et il le faut car le 3-4-3 n'est absolument pas bâti pour subir.
Mais quelques interrogations subsistent...
C'est d'ailleurs l'une des interrogations qui subsistent : que se passerait-t-il si le Barça ne parvenait pas à maintenir ce pressing sur 90 minutes ? Certes, les Catalans sont allés chercher leur qualification dans les dernières minutes contre le PSG, mais ce sont surtout les Parisiens qui ont perdu pied dans cette fin de match. Tout le monde se souvient de leurs 3 pauvres passes réussies dans les 7 dernières minutes... Luis Enrique a une solution en cas de temps fort adverse : avec la présence de Sergi Roberto sur le terrain, son 3-4-3 peut redevenir un 4-3-3 en phase défensive.
L'autre questionnement renvoie à la capacité du 3-4-3 à se sortir d'un pressing très haut, lancé dès la relance de ter Stegen. Avant de faire exploser le PSG, le Barça avait eu beaucoup de mal à se défaire de l'Atletico Madrid. Pendant 10 minutes en première mi-temps, les Blaugrana avaient été incapables de sortir de leur camp, pris par la pression des hommes de Simeone. Ce jour-là, les joueurs du technicien argentin avaient fait un petit récital tactique expliquant comment empêcher la progression du Barça. Emery ne s'en était pas inspiré, à voir ce qu'en fera Allegri...
A quoi s'attendre face à la Juve ?
Car au-delà du 3-4-3 du Barça, l'approche de la Juventus sera évidemment très importante dans cette double confrontation. Fort de son expérience et du vécu de son équipe, Allegri a le choix : son équipe est capable d'aller chercher haut mais aussi de défendre très bas. Son arrière-garde est plus expérimentée que celle du PSG pour soutenir ce style et on l'imagine mal faire les mêmes erreurs. Face à une Juve capable de ne rien donner quand elle est dans un bon jour, Messi, Suarez et surtout Neymar devront s'employer pour faire des différences.
A 0-0, la confrontation pourrait vite ressembler à une guerre de position aux abords des 30 mètres turinois ; d'un côté, les attaques placées du Barça, de l'autre la défense de position de la Juve. Et dans ce contexte, l'une des clés du match se situera certainement sur les côtés. Le Barça y est plus vulnérable de par son système de jeu sans latéral. Or, en face, les Bianconeri peuvent s'appuyer sur deux excellents contre-attaquants dans les couloirs avec Alex Sandro et Juan Cuadrado.
Du talent dans les deux camps, un système de jeu très ambitieux d'un côté, une équipe qui sait tout faire de l'autre... Si aucun favori ne se dégage pour l'instant vraiment, un chose est sûre : tous les ingrédients sont réunis pour assister à l'une des meilleures double-confrontations de ces dernières années.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité