C'est toujours un club ou rien ne se passe comme ailleurs. Les années filent et le constat ne change pas. Avec le PSG, il y a non seulement l'art mais aussi la manière. Ce club a une faculté rarissime à se compliquer la vie. Surtout quand les choses paraissent simples. Elles le sont. Paris n'a pas ramené un mauvais résultat de Dortmund. Dans sa défaite sur la plus petite des marges, il a marqué ce but si important à l'extérieur en Coupe d'Europe et ses chances de qualification restent intactes. C'est bien le message le plus important. C'est aussi le plus inaudible.
Cela peut surprendre de retenir le contenu plutôt que le résultat. En Coupe d'Europe, le deuxième compte infiniment plus que le premier. Ce n'est pas vraiment l'impression qui reste au lendemain de ce déplacement à Dortmund. Probablement parce que le score ne reflète pas le naufrage du PSG au Signal Iduna Park. Il était bien trop spectaculaire. Surtout, il a dépassé le simple cadre du terrain. De l'annonce des compositions d'équipe à l'après-match, Paris a tellement tout fait de travers que la perspective d'une qualification, pourtant bien concrète, passe au second plan.

Tuchel, ce pyromane

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18/02/2020 À 23:36
C'est une spécialité dans la capitale. Ce qui frappe toujours plus, c'est que rien ne semble pouvoir être maîtrisé dans ce club. Le moindre grain de sable suffit à tout dérégler, irrémédiablement. De ce point de vue, Thomas Tuchel a joué les pyromanes. Que son système soit inédit ou pas n'est pas la question. Le plus marquant, c'est surtout sa décision de renoncer à un schéma sur lequel il s'est systématiquement appuyé depuis près de trois mois. Et ce que cela traduit. L'Allemand ne s'explique pas la peur qui a pu gagner ses joueurs à Dortmund. Mais cette peur, c'est d'abord la sienne.

"Tuchel a fait du Blanc et il a brouillé les cartes"

Tuchel a allumé un incendie dans sa propre maison. Son immobilisme n'a fait que le propager. Paris n'a jamais été lui-même au Signal Iduna Park mais son entraîneur n'a rien changé. Ni le système, ni les hommes. Il n'a même pas donné une minute de jeu à Mauro Icardi, pourtant déterminant en phase de groupes. Tuchel est resté passif face à l'enjeu. Celui du club, mais aussi le sien. Il est condamné à réussir un bon parcours en Ligue des champions pour conserver son poste l'été prochain. Une élimination dès les huitièmes de finale sonnera la fin de son aventure dans la capitale.

Un silence dans la cacophonie

La défaite du PSG aurait pu se résumer à l'erreur de son entraîneur. Elle ne doit pas faire oublier la responsabilité des joueurs pour autant. Ils n'ont pas su eux non plus se mettre à la hauteur de l'événement. Ils n'ont pas su mettre l'intensité nécessaire pour un rendez-vous à Dortmund. Ils ont ce relâchement coupable après l'égalisation, sanctionné par le but sublime d'Erling Haaland. Ils ont enfin manqué de sang-froid en fin de match. Surtout Verratti et Meunier. Leurs avertissements étaient largement évitables. Ils les priveront d'un match retour où Paris aurait bien eu besoin d'eux.

Erling Braut Haaland et Marco Verratti (PSG) lors de la rencontre Borussia Dortmund-Paris Saint-Germain / Ligue des champions

Crédit: Getty Images

Mais il y a aussi tout ce qui se passe après le coup de sifflet final. Des déclarations au vitriol de Neymar sur la gestion de sa blessure à la sortie très maladroite de Thomas Meunier sur sa suspension, en passant évidemment par les réseaux sociaux et la vidéo insultante du frère de Presnel Kimpembe, l'après-match a été à l'image de la performance des Parisiens sur le terrain : sans la moindre maîtrise. Dans cette cacophonie que le PSG arrive à créer mieux que personne, le seul silence entendu restera celui de sa direction.

L'indispensable sérénité

Quand Paris brûle, il brûle de partout. Il n'y a pourtant lieu de s'alarmer après une défaite 2-1 à l'extérieur dans un tour à élimination directe en Coupe d'Europe. Mais personne au club ne semble assumer ce revers. S'il y a des raisons de s'inquiéter pour le PSG, c'est pour sa gestion de la situation. Pour son incapacité à faire preuve de sérénité dans une compétition où cette qualité est exigée. Elle est même indispensable tant la route vers un sacre européen s'apparente à tout sauf à un long fleuve tranquille. Le plus grave, c'est que le phénomène n'est pas nouveau. Il se répète invariablement et colle à ce club comme un aimant.
Même quand tout est simple. Et la vie n'est pas aussi compliquée qu'elle y paraît pour le PSG. À Dortmund, il a déjoué avec la crainte de l'échec. Et il a sombré. Mais il en est reparti avec les cartes en main pour se qualifier. C'est bien tout ce qu'il doit avoir à l'esprit. Sa meilleure chance de succès, c'est de rester lui-même. De jouer sur ses qualités avec sérénité, quitte à échouer. Cela ne paraît pas grand-chose. Mais si le PSG parvient à adopter enfin cette attitude dans trois semaines au Parc des Princes, il aura réalisé le plus important de ses progrès.

Neymar et Kylian Mbappé face à Dortmund en Ligue des champions (PSG)

Crédit: Getty Images

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