C'est l'histoire d'un sourcil gauche qui traverse les décennies comme si de rien n'était. Un sourcil gauche devenu mythique partout où il est passé, tout comme son propriétaire, qui le qualifiait de tout simplement "incontrôlable" en 2016. Samedi soir, ce même sourcil gauche va connaître une nouvelle finale de Ligue des champions, après en avoir disputé trois avec l'AC Milan (2003 - 2005 - 2007) et une avec le Real Madrid (2014). Oui, nous parlons bien de Carlo Ancelotti, l'homme qui a toujours su dompter la coupe aux grandes oreilles mais jamais son sourcil. Au Stade de France, le technicien italien et son acolyte de toujours auront fort à faire, puisque Liverpool et Jurgen Klopp ne comptent pas si facilement se laisser amadouer. "Carletto", lui, peut toutefois compter sur le soutien de son pays, qui sera en grande majorité derrière lui.
Après avoir remporté la Liga, devenant le premier entraîneur de l'histoire à avoir été sacré champion dans les cinq "grands" championnats après avoir été titré en Italie, en France, en Angleterre et en Allemagne, Ancelotti compte désormais retrouver son premier amour : la Ligue des champions. En 2009, le titre de son autobiographie ne laissait d'ailleurs pas de place au doute : "Je préfère la coupe". Il pourrait la remporter pour la sixième fois (deux en tant que joueur, quatre comme entraîneur), ce qui le ferait entrer un peu plus dans le panthéon des plus grands entraîneurs italiens de l'histoire.
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Carlo Ancelotti reste un entraîneur classique, comme le costume bleu ou gris
Début mai, après la victoire du Real Madrid face à Manchester City en demi-finale de la C1, la Gazzetta dello Sport s'est d'ailleurs posée la question : "Est-il le plus grand de tous les temps ?". Face à lui, des légendes comme Arrigo Sacchi, qui a révolutionné le football avec son Milan des années 90, Giovanni Trapattoni, le plus victorieux avec ses clubs, Marcello Lippi, vainqueur de scudetti, C1 et Mondial, Fabio Capello, Nereo Rocco, Antonio Conte ou encore Massimiliano Allegri. Ce dernier lui a d'ailleurs récemment rendu hommage : "Il a accompli quelque chose d'extraordinaire (...) C'est un entraîneur qui n'est jamais dépassé. Comme je dis toujours, les modes passent, et les classiques restent. Carlo Ancelotti reste un entraîneur classique, comme le costume bleu ou gris (...) Nous devons simplement l'admirer et l'applaudir".
Pour Sacchi, Ancelotti est parvenu à "honorer" son pays partout où il est passé. "C'est une grande personne, un entraîneur qui a été classé à la huitième place des plus grands de l'histoire de ce sport par France Football", confiait-il en décembre 2019. Salué par ses pairs, "Carletto" est également parvenu à un véritable exploit : faire l'unanimité chez les tifosi de la Botte, bien que minés par la rivalité omniprésente entre clubs (ceux de la Juve, d'ailleurs, n'ont pas vraiment apprécié son passage sur le banc entre 1999 et 2001). Dans un sondage effectué par le site Tuttomercatoweb à la mi-mai, il a ainsi été élu plus grand entraîneur de l'histoire du football italien. Avec 58,19% de voix (sur 3099 votants), il devançait Marcello Lippi (17,97%), Arrigo Sacchi (14,2%) et Fabio Capello (3,52%).
"Il fait partie des meilleurs, je veux saluer sa nouvelle qualification en finale", saluait de son côté José Mourinho après la qualification de l'AS Rome en finale de la Ligue Europa Conference. Tout comme le Portugais, Ancelotti a également connu des périodes plus critiques ces dernières années, notamment lors de son passage sur le banc du Napoli.

Un divorce napolitain sans conséquences

Entre le natif de Reggiolo et le club parthénopéen, l'histoire, qui n'aura duré qu'un peu plus d'un an, s'est terminée dans la douleur. A l'époque, son vestiaire est en lambeaux. Malgré une mise au vert décrétée par leur direction, Lorenzo Insigne et ses coéquipiers décident de se révolter après un match face à Salzbourg (1-1) en Ligue des champions pour rentrer chez eux. Une véritable mutinerie qui provoque notamment une altercation entre Edo De Laurentiis, vice-président et fils du patron Aurelio, et les leaders du groupe. De son côté, Ancelotti, dont la tentative de médiation est restée vaine, se dit "contre" le choix de son président en conférence de presse. Le début de la fin. Et comme souvent avec "ADL", le divorce ne se passe pas vraiment bien. Mais ce dernier n'a pas terni l'image de "Carletto" de l'autre côté des Alpes, où sa personnalité, son authenticité, sa bonne humeur et sa simplicité ont toujours plu au grand public.
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"Quand l'entraîneur et les dirigeants ne sont pas sur la même longueur d'ondes, c'est normal de se séparer, confiera Ancelotti en septembre 2021. C'était le bon choix, ce divorce a fait du bien aux deux parties." Pour beaucoup, le technicien aux trois C1 était probablement trop grand pour une réalité comme Naples. Même chose pour Everton peu après. "C'est un entraîneur qui sait gagner et qui le fait plutôt bien, reconnaissait Aurelio De Laurentiis il y a trois semaines. Il a toutefois besoin de diriger des équipes composées de stars, de "top players" (...) C'est un fuoriclasse qui a eu la malchance de ne pas paraître sympathique aux yeux des tifosi napolitains. Il n'a pas eu la malice d'y parvenir et n'a jamais été vu comme "quelqu'un des nôtres" par les ultras."

Ancelotti et la Nazionale, un rêve impossible ?

A bientôt 63 ans, Carlo Ancelotti commence forcément à songer à sa possible retraite. Mais la prendra-t-il vraiment sans jamais avoir endossé le costume prestigieux de sélectionneur de la Nazionale ? Malgré plusieurs refus au cours des dernières années, notamment après la défaite face à la Suède en barrages du Mondial en 2017, le "Mister" demeure toujours le choix numéro un des soixante millions de sélectionneurs transalpins. Un véritable plébiscite qui ne fait pourtant pas sourciller Ancelotti, sous contrat jusqu'en 2024 avec le Real Madrid.

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"Après le Real, j'arrêterai probablement. Mais si le Real me garde ici pendant dix ans, j’entraînerai pendant dix ans. J’aimerais passer du temps avec mes petits-enfants, aller en vacances avec ma femme, il y a tant de choses que j’ai négligées et que j’aimerais faire. Aller dans des tas d’endroits où je ne suis jamais allé", révélait-il il y a quelques semaines dans une interview à Prime Vidéo. Et la Nazionale, alors ? "Il pourrait y avoir une équipe nationale mais c’est prématuré pour l’instant", reconnaissait l'adjoint d'Arrigo Sacchi lors de l'aventure de la Nazionale jusqu’à la finale du Mondial 1994, sans toutefois en dire plus. Le destin pourrait se charger du reste...
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