Ligue des champions | Arsenal : et maintenant... ? 

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Une finale de Ligue des champions perdue qui ne change finalement rien au projet. Le titre de champion d'Angleterre avait apporté des certitudes, conforté Mikel Arteta à son poste et les dirigeants londoniens dans leur vision. Ils apprécient aujourd'hui ce qu'ils ont et ont une idée précise de ce qui leur manque pour y retourner. Très vite.

"On ne peut pas dire que l’arbitre ait fait tourner la finale"

Video credit: Eurosport


Les rues de Highbury ont retrouvé leur calme habituel. Il ne reste déjà plus aucune trace des centaines de milliers de personnes qui s'étaient retrouvées la veille pour saluer le cortège des champions d'Angleterre, dont la défaite en finale de la Ligue des champions avait à peine atténué la joie du peuple Gooner. 

Mikel Arteta, lui, a choisi de se retirer de la scène pour se détendre en compagnie de son épouse Lorena et de leurs trois enfants, loin des terrains et des caméras. Seize de ses joueurs, dont dix des titulaires du match de Budapest (*), sont en route pour retrouver leur sélection ou l'ont déjà rejointe, pour disputer les derniers matches de préparation avant le coup d'envoi de la Coupe du monde. 
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"Au moins une fois dans notre vie, on aura vécu un club français qui domine l'Europe, savourons !"

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Mais le temps ne s'est pas suspendu pour Arsenal. Demain est déjà aujourd'hui pour ses dirigeants. Arsenal a rempli les objectifs que ces dirigeants s'étaient fixés avec leur manager avant le début de la saison, même si les deux finales de Coupe disputées par les Gunners se sont soldées par des échecs : Arsenal est champion, pour la première fois depuis 2004, et être champion est le mètre étalon par lequel leur réussite serait jaugée ; un aboutissement, mais aussi un tremplin. Comme le dit Josh Kroenke, fils de Stan et co-président du club : "c'était notre ambition avouée, car si vous êtes en lice pour la Premier League, vous êtes en lice pour tout le reste". 

"Mikel aime le projet"

La victoire du PSG "ne change ni n'affecte qui nous sommes", dit-il. "Nous allons nous renforcer, parce que nous savons que nos rivaux vont se renforcer aussi. Si vous n'essayez pas d'évoluer et de grandir en permanence, vous faites du surplace." 
La priorité, pour Kroneke, est d'assurer que le principal architecte de la transformation de son club - son manager - lie son avenir à Arsenal au-delà de la saison à venir, au terme de laquelle son contrat actuel expirera. Les choses sont en bonne voie de ce côté. "La bonne nouvelle pour les supporters est que Mikel aime le projet", ajoute Kroenke, "qu'il se sent bien ici et qu'il est 100% Arsenal, comme il l'était du temps qu'il était joueur et qu'il l'est maintenant". Arteta se verrait proposer une prolongation de contrat de deux ans, jusqu'en juin 2030, donc, avec une augmentation de salaire conséquente qui le verrait devenir l'un des entraîneurs les mieux payés de la planète. 
Si le dossier Arteta peut être considéré clos, celui des renforts attendus cet été est encore en suspens, d'autant plus que la proximité de la Coupe du monde ne simplifie pas les choses en la matière. Le match contre le PSG aura confirmé que les Gunners, défensivement parlant, n'ont peu ou pas de rivaux dans le monde du football. Existe-t-il un trio gardien-défenseurs centraux qui puisse être comparé au triangle Raya-Saliba-Gabriel ?
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Martin Odegaard et Mikel Arteta avec le trophée de la Premier League, le 31 mai 2026 à Islington

Crédit: Getty Images

Arsenal prêt à casser deux tirelires

Le bât blesse au sommet de la pyramide, en attaque, où les individualités d'Arsenal, à l'exception du Bukayo Saka qu'on avait vu en début de saison, ne soutiennent pas la comparaison avec celles du Real Madrid, de Paris-Saint-Germain, du Bayern Munich, de Barcelone ou de... Manchester City, autrement dit des "superclubs" dont le club londonien ambitionne de rejoindre les rangs. C'est pourquoi la cible numéro 1 des Gunners (et pas d'hier) demeure l'avant-centre argentin de l'Atlético de Madrid Julian Alvarez, auteur de 10 buts en 15 matches de Ligue des champions avec les Colchoneros cette saison.  
Viktor Gyökeres n'a pas démérité, loin de là. Il a été lui-même, particulièrement lors de ces dernières semaines, même s'il fut incapable de peser sur le match de Budapest comme Arteta l'aurait espéré. Mais être ce "lui-même" ne suffit pas, ne suffit plus, quand Arsenal entend s'installer au sommet du football européen ; ce dont Arsenal a les moyens, si c'est de ressources qu'il s'agit. Alvarez, dont les envies d'ailleurs ne sont pas un secret, coûterait plus de 100 millions d'euros ; Morgan Rogers, autre recrue en vue, ne quitterait pas Aston Villa pour moins de 70 millions. Arsenal peut se les offrir.

Rester très ambitieux, être malins

Le titre de champion d'Angleterre rapportera plus de 220 millions en droits TV à lui seul, sans prendre en compte ses retombées commerciales et les bonus que les sponsors actuels des Gunners devront débourser. Leurs parcours en Ligue des champions en générera 142 millions supplémentaires, quasiment autant que ce que touchera le PSG. Au total, on estime que le revenu d'Arsenal pour la saison 2025-26 avoisinera 770 millions, un nouveau record pour un club anglais, ce qui les propulserait à la troisième place de la Rich List du football mondial que le cabinet comptable Deloitte établit chaque hiver. 
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Un fan d'Arsenal avec le portrait du coach Mikel Arteta lors de la célébration du titre en Premier League, le 31 mai 2026 à Islington

Crédit: Getty Images

Aussi, lorsqu'Arteta déclarait à Budapest qu'Arsenal allait "commencer à prendre quelques décisions très importantes" et que "nous allons devoir nous montrer très, très ambitieux, très rapides et très malins", ce n'étaient pas des paroles en l'air, mais un plan d'action dont les bases - et le financement - sont en place depuis des mois.  
Certains des joueurs qui ont participé à la conquête du titre vont probablement quitter le club : Gabriel Jesus, Ben White et, au grand chagrin de beaucoup de supporters, Gabriel Martinelli, admirable dans son attitude et parfois décisif, particulièrement en Ligue des champions, mais qui semble avoir atteint son plafond. Qu'Arsenal songe se séparer de tels joueurs montre assez combien le club a progressé, et combien cette progression l'encourage maintenant à viser encore plus haut. Savoir si cette ambition se manifestera aussi dans le jeu des Gunners est une autre question, dont seul Mikel Arteta connait la réponse. 
(*) L'exception est Myles Lewis-Skelly, non retenu par Thomas Tuchel pour la sélection anglaise. 
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