Ligue des champions I PSG - Tottenham I 15 matches, 0 but et des sifflets : Xavi Simons, pourquoi ça coince
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 26/11/2025 à 11:57 GMT+1
Il est au creux de la vague. Xavi Simons connaît un début d’aventure compliqué avec Tottenham au moment de retrouver le PSG mercredi (21h), lors de la 5e journée de la Ligue des champions. L’ancien Parisien sous-performe et a déjà été pris en grippe par son propre public. Une impasse qui symbolise ses difficultés à exploiter pleinement son potentiel.
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Il avait laissé quelques regrets. Comme un mauvais goût d’inachevé au bout d’une histoire contrariée. Entre Xavi Simons et le PSG, le mariage s’est terminé sans avoir été véritablement acté. Après plus de cinq ans de vie commune, l’ancien prodige de la Masia avait tourné la page au cœur de l’hiver dernier. Un transfert définitif à Leipzig pour lancer une carrière annoncée brillante depuis son plus jeune âge. Ce tremplin l’a mené à Tottenham l’été dernier. Où le Néerlandais a toutes les peines du monde à décoller.
Sa dernière sortie est à l’image de ses débuts chaotiques chez les Spurs. Simons n’était même pas dans le onze de départ de Tottenham pour le derby perdu contre Arsenal (4-1). Thomas Frank avait préféré titulariser un autre ancien Parisien, Wilson Odobert, avant de lancer la recrue estivale la plus chère des Lilywhites (65 millions d’euros) à la pause. Sans succès. Simons n’a pas eu l’impact espéré dans une animation offensive en berne. Et dans les duels, il a systématiquement subi la supériorité des Gunners.
Pas de quoi réchauffer des relations déjà fraîches avec les supporters des Spurs. Ils avaient bruyamment réagi à une autre prestation sans relief de l’ancien Parisien face à Manchester United (2-2) avant la dernière trêve internationale. Titulaire en meneur de jeu, Simons était passé à côté de son sujet avant de sortir sous les sifflets de ses propres fans. La sanction, aussi, d’un bilan famélique depuis son arrivée : 15 matches, 0 but et 2 passes décisives toutes compétitions confondues.
La Premier League n’est pas la Bundesliga
Le Néerlandais est loin d’afficher son rendement de Leipzig (22 buts et 24 passes décisives) mais cela n’inquiète pas Thomas Frank. "Il ne fait aucun doute que Xavi sera performant chez nous, assurait le coach de Tottenham début novembre. Cela dépend de lui, de moi, de l’équipe et de tout le monde pour y arriver. La seule chose qui manque dans le football, c’est le temps. Cela prendra du temps et c’est tout à fait naturel. Parfois, on ne peut pas parler de processus, de temps, mais le fait est qu’on en a besoin."
C’est particulièrement le cas pour Simons. Il a besoin d’une phase d’adaptation légitime dans un championnat totalement différent de la Bundesliga. "On peut aussi le voir avec Florian Wirtz à Liverpool, j'ai toujours un doute sur les joueurs qui sont performants en Allemagne, avançait Thierry Henry dimanche sur Sky Sports. Je ne dis pas qu'ils ne seront pas performants dans un autre championnat, mais que par rapport au style de ce championnat, ils sont vraiment mis à rude épreuve."
S’adapter à la Premier League est déjà une chose. Et se fondre dans un autre collectif en est encore une autre. Ce n’est pas tant une question de positionnement. Jusqu’ici, Simons globalement alterné entre le côté gauche de l’attaque et un poste de meneur avancé. Deux rôles qu’il a régulièrement tenus depuis le début de sa carrière avec une efficacité assez similaire. Mais, au regard des chiffres, il est bien plus rarement en mesure d’être décisif dans le plan de jeu des Spurs que dans celui de Leipzig la saison passée, qui n’était pourtant pas sa meilleure en Allemagne (0,06 "buts attendus" par match contre 0,21 et 0,09 "passes décisives attendues" contre 0,26).
Un plafond de verre
Aussi parce que Tottenham n’est pas exactement une équipe tournée vers l’offensive. Cela peut paraître paradoxal car les Spurs ont la quatrième attaque de Premier League (20 buts en 12 rencontres), mais avec la deuxième moyenne la plus faible du Royaume au nombre de tirs par match (9,17). Ses éléments créatifs donnent régulièrement l’impression d’être bridés dans un style de jeu plutôt frileux. "Si vous ne laissez pas les joueurs dribbler et faire des erreurs… la récompense réside dans le risque", soulignait Thierry Henry après la défaite contre Arsenal.
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"Dans la presse madrilène, la question est : ‘qu’est-ce que fait Xabi Alonso?’ "
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Si ça coince pour Simons, ce n’est pas totalement de son fait. Mais le jeune Néerlandais n’en reste pas moins bloqué par un plafond de verre. Sa dernière saison à Leipzig avait plutôt laissé le sentiment d’une légère régression par rapport à la précédente, même si sa blessure à la cheville au cours de l’automne 2024 n’était pas forcément étrangère au phénomène. Qu’il ne soit plus un titulaire indiscutable en équipe des Pays-Bas, comme il l’était à l’Euro 2024, tend à confirmer cette tendance.
Sa mauvaise passe actuelle en est un signe. Simons ne parvient pas encore à donner la pleine mesure de son indéniable potentiel. Malgré tout, il n’a que 22 ans et tout le temps devant lui pour surmonter cette période délicate. Elle fait aussi partie de ce processus d’apprentissage qu’il ne souhaitait pas vivre à Paris. Cela donnera une saveur particulière à ses retrouvailles avec le PSG. Et pour le Néerlandais, une occasion symbolique de mettre ses difficultés derrière lui.
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