Ligue des champions - Un seul titre en huit ans mais engagé par le Benfica Lisbonne : pourquoi des clubs embauchent encore José Mourinho ?

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Vingt-cinq ans après ses débuts en tant qu'entraîneur principal, José Mourinho parvient toujours à entretenir une certaine côte sur le marché. Le coach portugais n'a gagné qu'un seul trophée sur les huit dernières années, finit systématiquement par se faire virer, mais ne reste jamais au chômage longtemps. Depuis deux semaines, il est ainsi redevenu l'entraîneur de Benfica. Comment fait-il ?

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Il ne s'en cache pas, il sait que le temps à fait son œuvre, qu'il se lit sur ses cheveux qui ont perdu leur couleur depuis qu'il s'est assis sur son premier banc, qu'il se devine dans ses analyses et – il le dit beaucoup moins – qu'il se décèle à travers ses résultats. José Mourinho vient de souffler la vingt-cinquième bougie de sa carrière d'entraîneur, cela se voit et il l'assume. Parce qu'il a réussi, malgré tout, à entretenir sa côte et rester un homme demandé. Pas autant que lorsqu'il remportait régulièrement le titre de meilleur entraineur du monde (2003, 2004, 2010, 2012), mais assez pour ne jamais rester au chômage trop longtemps.
La preuve : il ne s'est écoulé que trois semaines entre son limogeage avec Fenerbahçe et son arrivée au Benfica Lisbonne cet été. Le 'Special One' n'a pourtant remporté qu'un seul titre sur les huit dernières années (une C4 avec la Roma en 2022) et n'a terminé qu'une seule fois dans le top 5 d'un championnat sur la même période. "Dans l'esprit de certains, j'ai deux CV, l'un qui a duré une certaine période et l'autre qui représente, disons, une période moins heureuse de ma carrière" a-t-il reconnu lui-même lors de son intronisation à Lisbonne mi-septembre. Cette période moins heureuse, il est justement en plein dedans.
Et pourtant, une aura spéciale l'entoure encore. C'est en partie pour cela qu'il est toujours aussi demandé. À son arrivée à Lisbonne, il y avait du monde pour suivre l'arrivée de son jet à l'aéroport, des télévisions ont suivi à moto son trajet jusqu'au centre d'entraînement, et quand il en est sorti, une bonne dizaine de micros l'attendaient pour capter ses premiers mots. Il y a quelque chose chez José Mourinho qui transcende le rationnel dans l'esprit des fans. L'espoir que cela va fonctionner cette fois, même si ça ne l'a pas fait les trois précédentes. Et, à Lisbonne, on suspecte le président du Benfica Rui Costa de l'avoir pris pour cela.

Alerte présidents en détresse

Le club est en pleine période d'élection – les votes auront lieu fin octobre – et l'ancienne vedette doit refaire son image s'il veut garder son poste. Le Benfica Lisbonne n'a gagné qu'un seul titre de champion depuis son élection en 2021 et sa côte de popularité décline chez les supporters. Il leur aurait donc offert, avec Mourinho, une belle louche de populisme. Il y avait aussi de ça dans sa nomination à Fenerbahçe, qui fonctionne également avec des élections. Le président Ali Koç l'avait intronisé pour la dernière saison d'un mandat très peu fructueux (un seul titre en sept ans), et a perdu le scrutin quelques jours après l'avoir remercié.
Une clause dans son contrat illustre très bien à quel point ce choix peut être politique : à la fin de la saison, le club et l'entraîneur auront pendant dix jours la possibilité, chacun de leur côté, de mettre fin unilatéralement au contrat qui les lie. Car il pourrait y avoir un autre président en place à ce moment, mais aussi parce que personne n'a manqué les échecs récents du Special One. "Je ne signe que ce qui me plaît, ce avec quoi je suis d'accord. Mais je pense que ce contrat repose sur une conception éthique formidable" s'est satisfait José Mourinho, heureux d'être sur un siège éjectable. Parce qu'il sait qu'il ne trouvera pas forcément grâce aux yeux de tous les candidats : "Rui Costa ne devrait pas engager le club avec des contrats alors qu'il reste un mois à son mandat" a ainsi déjà prévenu João Diogo Manteigas, qui brigue aussi la présidence.
Alors, pour mettre toutes les chances de son côté, José Mourinho se comporte comme s'il était en campagne lui aussi. Il promet qu'il a "plus faim aujourd'hui qu'il y a 25 ans", qu'il est "plus altruiste, moins égocentrique" que dans le passé et qu'il n'est pas venu pour se reposer : "Les paroles sont parfois emportées par le vent, mais pas les actes, et la promesse est très claire : je vivrai pour Benfica, pour ma mission."
Cette semaine sera le premier grand test pour lui, après des débuts pas franchement emballant dans le jeu en championnat. Hasard du calendrier, il retrouve la même semaine Chelsea, en C1, et Porto, en championnat. Et là-bas aussi, son retour est un petit évènement. À Stamford Bridge, les billets les moins chers sont vendus à quasiment 100 euros ce mardi. C'est aussi pour cela qu'il trouvera toujours un point de chute.
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