Après Turquie - France | Dembélé, Truffert, Mbappé, Cherki : Zidane a fait cinq paris, combien en a-t-il réussis ?
Eurosport sur GoogleZinedine Zidane a repeint l’équipe de France du sol au plafond. Le nouveau sélectionneur des Bleus ne s’est pas contenté de l’héritage de Didier Deschamps mais a repensé les Bleus. Face à la Turquie, il a pris quatre décisions fortes : un nouveau latéral gauche, un retour au 4-3-3 et des rôles repensés pour Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Rayan Cherki.
"Faire de Mbappé un ailier de débordement, c'est perdre tout ce qui fait la force de ce joueur"
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Vous ne trouverez pas ici de verdict définitif. Parce que Zinédine Zidane vient de débarquer, que Rome ne s’est pas faite en un jour et que personne ne peut modifier profondément l’ADN d’une équipe en quatre entraînements.
Malgré tout, en Turquie, comme attendu, le nouveau boss des Bleus a tenté cinq paris, plus ou moins risqués, pour trancher avec l’héritage laissé par Didier Deschamps parce qu’il n’a jamais été question pour ZZ de simplement enfiler les chaussons de son prédécesseur. Zizou voulait une rupture claire et nette. Mais ces cinq orientations sont-elles bien nées dans la fureur d’Izmit ?
1. Adrien Truffert mérite d’être revu
Voilà 4 ans, depuis la Coupe du monde 2022, que la France se cherche un arrière gauche fiable. Théo Hernandez, qui a fait des merveilles jusqu’au Mondial qatari, n’est plus que l’ombre de lui-même et Lucas Digne a montré ses limites cet été. Zinédine Zidane a donc confié le poste à un duo inattendu : Adrien Truffert et Andy Diouf.
Le premier n’a pas survolé les débats en Turquie mais il a réglé l’affaire avec du sérieux et de la personnalité. Truffert n’a jamais cessé de proposer une solution dans son couloir et Mbappé ne l’a pas souvent servi. Dommage, on aurait aimé en voir plus. Mais il a globalement réussi son retour en Bleu. Il est trop tôt pour affirmer que l’équipe de France a trouvé son latéral gauche pour les quatre années à venir mais il fallait changer et Truffert avait les épaules à Izmit.
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Quelle note pour la première de Zidane ?
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2. Le 4-3-3, de l’équilibre mais moins de panache
"Quatre attaquants, il ne faut pas exagérer". Dans sa conférence de presse de rentrée, Zinédine Zidane avait enterré le 4-2-3-1 de la Coupe du monde pour revenir à son 4-3-3 madrilène pour plus d’équilibre. La copie turque est sur ce point précis une réussite. La France a concédé assez peu d’occasions en transition mais son attaque a aussi semblé moins connectée qu’aux Etats-Unis. La faute à l’état du terrain mais pas seulement. En revanche, les Bleus ont su mieux gérer leurs pertes de balle. L’activité assez folle bien que parfois brouillonne de Manu Koné en est la principale explication alors qu’Adrien Rabiot a passé son temps à compenser.
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Zinedine Zidane pour sa première sur le banc des Bleus
Crédit: Getty Images
"L'équilibre de l'équipe, je pense que c'est la clé de tout, a expliqué Zidane au micro de TF1. On a mis des choses en place et je crois que ça a été très bien fait, notamment sur la pression après la perte de balle. On a été bons, on a avancé." Reste des questions en suspens : si Mbappé joue à gauche, comment le couvrir sans déséquilibrer l’ensemble ? Est-ce que Cherki a le volume physique pour travailler comme un vrai milieu relayeur à la récupération ?
3. Cherki a manqué d’épaisseur
Rayan Cherki peut-il devenir un milieu relayeur créatif comme Antoine Griezmann à la Coupe du monde 2022 ou Luka Modric au Real Madrid sous les ordres de… Zidane ? Voilà un vrai pari audacieux alors que l’ancien Lyonnais est désormais intégré au cœur du jeu. A Izmit, Cherki fut précieux face à la pression des Turcs mais il n’a jamais vraiment pris le match à son compte malgré 88 ballons touchés.
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Rayan Cherki après la victoire des Bleus en Turquie
Crédit: Getty Images
Cette grande première a manqué d’épaisseur mais il découvre le poste. Mais il a visiblement convaincu son sélectionneur : "Il a été très bon, s’est enthousiasmé le nouveau patron des Bleus. J'ai beaucoup aimé avec le ballon. Sans ballon, il a été aussi très bon, il s'est rapproché de la ligne avec ses deux autres copains du milieu, il n'a pas perdu la distance. Il a fait son match."
4. Mbappé à gauche, loin d’être convaincu
Mbappé a marqué mais son positionnement à gauche n’a pas convaincu. Sa première période est un festival de mauvais choix où il s’est enfermé dans un couloir sans soutien ni solution. "Au départ, on voulait que Michael et Kylian mordent un petit peu la ligne", a expliqué Zidane après la rencontre.
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"Quitte à les faire jouer ensemble, il faut tenter de rapprocher Dembélé et Mbappé"
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Sauf que les deux hommes ont développé une telle complicité à la Coupe du monde qu’il paraît difficile de les exiler chacun d’un bout à l’autre du terrain et ne pas s’appuyer sur leur complémentarité. C’est d’ailleurs quand le Munichois s’est rapproché du Madrilène que la foudre a frappé. Mbappé n’a pas semblé épanoui dans ce rôle d’ailier et quand il a cherché à combiner avec Dembélé, le château de cartes s’est effondré. Sa blessure reporte le débat autour de sa position à novembre. Zidane ne va sans doute pas abandonner après seulement une tentative ratée mais le chantier semble énorme.
5. Dembélé comme au PSG, le chemin est encore long
Les mois passent et les Bleus continuent de chercher la meilleure place pour Ousmane Dembélé. Après l’aile droite, l’axe en meneur de jeu, le voilà avant-centre. Ainsi en a décidé Zinédine Zidane pour sa grande première. Le résultat ne lui a pas donné raison. Ousmane Dembélé n’a jamais pesé balle au pied, les Bleus ont manqué de présence dans la surface, surtout en première période, et le Ballon d’Or fut le plus utile lorsqu’il a décroché ou lorsqu’il s’est exporté à droite comme en fin de première période. Globalement, son rendement avec le ballon fut insuffisant.
Dans son pressing, en revanche, il a déclenché des phases intéressantes et c’est sa générosité dans l’effort défensif qui a conduit à l’action du seul but du match. Mais c’est largement insuffisant. "Je me suis senti très bien, a commenté le principal intéressé au micro de TF1. J'évolue toute la saison dans l'axe au Paris Saint-Germain, donc ce n'est pas nouveau pour moi." Sauf que ce qui marche à Paris dans un écosystème très stable et parfaitement huilé ne pourra jamais se transposer dans les mêmes conditions en équipe de France.
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