Ligue des nations I Bleus I Kylian Mbappé : a-t-il vraiment un poste ?
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 23/09/2026 à 23:55 GMT+2
Il est établi comme un attaquant de référence depuis près de dix ans. Mais son positionnement reste encore une énigme. Installé dans l’axe au Real Madrid comme chez les Bleus avec Didier Deschamps, Kylian Mbappé devrait évoluer à gauche sous les ordres de Zinedine Zidane, le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. De quoi relancer le débat sur son meilleur poste. S’il en a un…
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Ces mots sont un symbole. Le débat de son positionnement sur le terrain dure depuis ses débuts. Et dont on ignore s’il sera clos avant la fin de sa carrière. "Aujourd'hui, je vous dirais dans l'axe, mais peut-être que dans un an je vous dirai autre chose, disait Kylian Mbappé lors de son interview de présentation au PSG. Mes formateurs ne m'ont jamais fait jouer plus de deux ans dans la même position." Il s’est passé des choses pour le Bondynois depuis cette fin d’été 2017. Mais ces phrases n’ont pas pris une ride.
Le poste de Kylian Mbappé, c’est tout un roman. Zinedine Zidane a ouvert un énième chapitre neuf ans plus tard. "Je ne sais pas si avant-centre c'est sa meilleure position. Il peut jouer dans les trois positions (de l’attaque, NDLR) et moi je l'aime beaucoup à gauche", a-t-il lancé vendredi, dès sa première conférence de presse en tant que sélectionneur de l’équipe de France. Mbappé est en effet pressenti pour débuter à gauche contre la Turquie, ce qui serait une grande nouveauté de l’ère post-Deschamps.
Un sacré symbole, là aussi. L’ancien sélectionneur s’est retrouvé au cœur d’un débat qu’il a lui-même alimenté par ses propres choix. Avec lui, Mbappé a joué trois Coupes du monde. Une sur l’aile droite en Russie. Une autre sur l’aile gauche au Qatar. Et la dernière en pointe, au Mexique et aux Etats-Unis. Peut-être qu’on se demandera encore, dans plusieurs décennies, quel était le meilleur poste de Mbappé. Ce n’est pas son parcours mondialiste sous l’ère Deschamps qui permettra de trancher.
Les chiffres ne tranchent pas vraiment
Le Bondynois a joué partout. Mais le débat s’est quand même recentré ces dernières années. Il n’a quasiment plus jamais évolué sur le côté droit de l’attaque depuis 2019. Et sur les trois dernières saisons, que ce soit en club ou en sélection, le capitaine des Bleus s’est stabilisé dans l’axe. Sans que cela fasse totalement l’unanimité. "Je dois être stupide, et beaucoup de gens ont dû être stupides en tant qu'entraîneurs, pour le placer au centre de leur attaque", avait dû se justifier Deschamps avant le dernier Mondial.
La question n’est pas réglée. Et les chiffres ne sont pas d’une aide si précieuse dans cette optique. Selon le site transfermarkt.com, Mbappé a joué 32 matches en sélection sur l’aile gauche, pour 21 buts (0,65/match) et 51 dans l’axe, pour 38 buts (0,74/match). L’écart n’est pas abyssal. Et il se resserre encore au regard de ses statistiques en club : 83 matches sur l’aile gauche, pour 68 buts (0,82/match) et 335 matches dans l’axe, pour 280 buts (0,84/match). La moyenne est quasiment identique.
Que ce soit à gauche ou dans l’axe, Mbappé est quasiment aussi efficace. Alors, la question se déplace plutôt sur l’impact de son positionnement sur le collectif. Toute l’essence de ce débat est là. Le Bondynois n’est pas un avant-centre classique et l’épisode resté fameux du "pivot-gang", survenu il y a quasiment quatre ans est toujours là pour le rappeler. Son style de jeu nécessite une liberté de mouvements permanente pour balayer le front de l’attaque.
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Ni avant-centre, ni ailier
Et surtout se déplacer vers ce côté gauche qu’il aime tant. Pour autant, Mbappé n’a pas non plus les caractéristiques de l’ailier classique. Que ce soit dans son style de jeu ou les zones qu’il recherche. Ce n’est pas un joueur de débordement ou de demi-espace. Son positionnement sur cette aile lui permet surtout de rentrer vers l’intérieur et de trouver les angles de tir qu’il apprécie sur son pied droit. Alors que, quand il est aligné dans l’axe, il va chercher à se décaler vers le côté gauche pour les mêmes raisons.
D’une manière ou d’une autre, c’est le chemin vers la surface qu’il privilégie. Il sait le trouver, quel que soit son positionnement initial. Ce n’est pas vraiment ce qui indique son meilleur poste. Pour régler cette question, l’impact de son travail défensif a aussi été mis en avant. Le pressing n’est pas la spécialité de Mbappé. Le repli non plus. Qu’il joue à gauche ou dans l’axe, cela n’est pas sans conséquence. Mais c’est un paramètre. Son apport est ailleurs, et c’est ce que ses entraîneurs vont chercher à valoriser, tout en minimisant ses défauts.
Année après année, débat après débat, ils ont tous été face à la même réalité. Mbappé n’a pas vraiment de poste. Mais cela ne le rend pas difficile à placer sur le terrain pour autant. C’est bien ce qui ressort des mots de Zidane. Pour le sélectionneur, comme pour son prédécesseur, ou tous les coachs qui ont eu Mbappé, l’objectif reste invariablement le même. Mettre en place le collectif le plus performant pour que le Bondynois soit le plus létal possible. Son positionnement peut rester un mystère éternel. Cela ne date pas d’hier. Mais cela n’a jamais empêché Mbappé d’enfiler les buts comme des perles.
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