"Sur ce que je vois, Lille est la seule équipe capable de contrarier le PSG sur la durée cette saison. Ils ont la capacité de les inquiéter et ça peut amener un beau duel sur le championnat cette année." Christophe Pelissier a été bluffé. A tel point que l'entraîneur de Lorient, écrasé 4-0 dimanche dernier, prédit de beaux lendemains aux Dogues. Et il n'est pas le seul. Au sein même du LOSC, cette impression ressurgit. "Tout le monde sait que le PSG, c'est le champion. Ils ont des joueurs du top mondial. Mais Lille a la capacité de les battre. Après, sur 38 matches, il faut être constant", avait ainsi estimé José Fonte, le capitaine Lillois fin octobre. Enthousiasme précoce ? Peut-être pas.

Certes, la L1 vient seulement de commencer. Il ne faut pas s'emballer alors que le championnat n'a pas encore atteint son tiers. Une saison est longue et il peut se passer de nombreux rebondissements dans les mois à venir. Surtout que l'OL, Montpellier et Monaco qui sont tous à deux longueurs de Lille, sont en embuscade au classement tout comme Marseille, qui compte deux matches de retard. Mais le terrain ne ment pas. Et à ce petit jeu-là, le LOSC semble avoir un temps d'avance et un avenir radieux. De là à venir jouer les yeux dans les yeux avec le PSG et ses stars comme a pu le faire Monaco en 2016-2017 ?

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Luiz Araujo et Burak Yilmaz (Lille) contre Metz - Ligue 1

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Paris impressionne moins, un coup à jouer ?

Le manque de régularité cette saison d'une équipe de Paris contrariée par les absences et l'enchaînement des matches pousse à se demander s'il y a un coup à jouer et la possibilité de voir une surprise comme en 2017. La comparaison avec l'AS Monaco, seule formation à avoir réussi à faire tomber le PSG depuis que le projet du club est vraiment en place (ndlr : Montpellier a été sacré en 2012, mais le PSG version QSI n’en était encore qu’à ses prémices), est alors forcément tentante. Surtout que ce LOSC et l'ASM 2017 ont été bâtis avec l'aide de Luis Campos.

Arrivé en 2017 dans le Nord pour devenir conseiller sportif de Gérard Lopez, l'ancien du Real Madrid a utilisé son réseau de scouting tentaculaire pour permettre de placer les Dogues dans les meilleures conditions en signant quelques coups magistraux (Ikoné, Pépé, Osimhen). Comme il l'avait fait à Monaco, où il a officié de 2013 à 2016 en tant que directeur sportif. "Luis Campos a fait ses preuves. Il a un œil hors-pair pour recruter des éléments à forts potentiels et des joueurs expérimentés. Après, il faut un entraîneur et un staff pour bonifier ces potentiels", remarque Jocelyn Gourvennec, l'ancien entraineur de Guingamp ou de Bordeaux qui est aujourd’hui consultant pour Canal +.

Christophe Galtier le fait à merveille, comme Leonardo Jardim à l'époque sur le Rocher. "Il y a des choses visibles dans le jeu de Lille, applaudit encore Jocelyn Gourvennec. Il y a un vrai travail sur les sorties de balles, qui ne sont pas forcément les mêmes d'un match à l'autre. Il y a une vraie demande sur un jeu de position avec les joueurs offensifs, qui sont soit plus sur le côté ou soit à l'intérieur. Et il y a une animation défensive qui est très cohérente où on l'on voit tout le travail de Christophe Galtier. Le talent de Galtier et Campos est qu'ils arrivent à se renouveler d'une année sur l'autre sur le plan offensif, malgré les départs". Par leur intermédiaire, Lille se retrouve ainsi avec un groupe étonnant, où les talents individuels ressurgissent pour donner une profondeur de banc intrigante.

Sven Botman lors de Lille-Nantes, en septembre 2020

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Pas les mêmes forces : "Monaco avait des joueurs plus confirmés"

Si Christophe Galtier avait souvent aligné le même onze de départ lors du premier mois de Championnat, le technicien nordiste se permet maintenant de faire plus tourner pour répondre aux exigences d'un calendrier dense avec la Coupe d'Europe. Et des profils comme Yusuf Yazıcı, qui ont su saisir l'opportunité, offrent aujourd'hui de nouvelles perspectives à un LOSC mieux armé comme l'a confirmé le succès contre Lorient en l'absence de joueurs clefs (Renato Sanches, Yilmaz, Fonte). "C'est l'équipe la plus forte dans laquelle j'ai joué à Lille, poste par poste. On a de l'expérience, de la jeunesse. Un bon mixte. À tous les postes, il y a de la qualité", reconnaît José Fonte.

Séduisant dans le jeu dans le sillage d'un Jonathan Bamba transfiguré (déjà 4 buts et 5 passes décisives en L1), Lille affiche des qualités certaines. Les forces lilloises ne sont ainsi cependant pas forcément identiques à celles de l'ASM 2017. Si le LOSC tourne bien offensivement (21 buts en 11 journées, soit 1.9 par match), cela n'a rien à voir avec la furie offensive de l'équipe de Jardim, emmenée par Falcao, Bernardo Silva ou Kylian Mbappé. Une armada qui avait fini avec 107 buts (2.8 buts par match).

Moins redoutable pour le moment devant, Christophe Galtier peut lui s'appuyer sur une belle solidité défensive, grâce à un Fonte revenu à son meilleur niveau et le jeune Néerlandais Sven Botman (20 ans) qui détonne. Sans s'emballer, sur de ses forces et de son groupe, le LOSC a en tout cas bien grandi. Alors peut-il rêver plus grand que prévu ? "Monaco avait des joueurs plus confirmés comme Falcao ou Subasic. Lille est encore une équipe en devenir. Mais s'ils arrivent à garder la base de l'équipe, ils seront encore meilleurs l'année prochaine", tempère Jocelyn Gourvennec. Mais il sera alors peut-être trop tard.

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