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Les notes de France-Espagne (1-0) : A ce niveau-là, Pogba est intouchable
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Publié 04/09/2014 à 23:32 GMT+2
Paul Pogba a régné en maître sur le milieu de terrain face à l’Espagne (1-0) et Mathieu Valbuena a su accélérer le jeu. Ce fut plus compliqué pour Matuidi et Evra. Nos notes en relief.
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Hugo Lloris
Une seule intervention pour un Lloris bien protégé par sa défense. Le gardien des Bleus s’est parfaitement couché sur un centre fuyant au milieu d’une forêt de tibias (23e). Pour le reste, RAS hormis une bonne lecture du jeu sur une ouverture de Fabregas (88e).
Mathieu Debuchy
Il a rapidement pris la mesure de Pedro en lui imposant un combat physique qu’il a remporté haut la main. On aurait aimé qu’il apporte davantage le surnombre en attaque mais il a avant tout assuré ses arrières et l’Espagne a déserté son côté gauche dans la première heure de jeu. Son sublime retour sur Pedro dans les arrêts de jeu a préservé la victoire.
Raphaël Varane
Avec Varane, rien n’est forcé, tout est savamment pensé et analysé. Ses couvertures de balle sont un régal. Il a éteint Diego Costa, sans forcer, presque en marchant. Le Madrilène n’a pas connu la même réussite sur ses ouvertures et son jeu long. Il a apporté le danger dès qu’il l’a pu sur corner sans parvenir à cadrer ses tentatives.
Mamadou Sakho
Un début de match compliqué à l’image d’une intervention complètement ratée dès la 3e minute. Mais Sakho est un roc, un dur à cuire et mieux vaut se lever tôt pour le faire douter. Il n’a pas perdu beaucoup de duels ce jeudi soir et s’est montré précieux dans ses seize mètres en jouant les pompiers de service (21e, 32e). C’est encore sur lui que David Silva a buté en fin de match (89e). En revanche, ses relances restent un chantier à ciel ouvert.
Patrice Evra
Dans les airs, il n’a pas laissé échapper un ballon. Au sol et dans le placement, en revanche… Souvent en retard, en grande difficulté face aux dribbles de Diego Costa ou Raul Garcia, il a causé quelques sueurs froides à un Stade de France qui lui a fait payer lors de son remplacement en le huant. C’est tout de même sévère, il sauve la baraque devant Cazorla (34e), mais Evra n’a pas dégagé la même autorité qu’au Brésil. Le danger est le plus souvent venu de son côté et son alignement laisse à désirer. Offensivement, il fut absent. Remplacé par Lucas Digne.
Paul Pogba
Mais quel régal de le voir régner sur l’entrejeu. Il a croqué le milieu de terrain espagnol, pas une mince affaire, et fait bouillir le Stade de France à chaque prise de balle ou presque. Mais Pogba, ce ne sont pas que des roulettes, des râteaux ou des talonnades. Oui, il passe par des trous de souris, peut humilier trois gardes du corps en une feinte de corps mais, ce jeudi, il a avant tout brillé par sa vision du jeu et ses balles longues. Il a écarté le bloc espagnol sur ses transversales ou transpercé par ses chevauchées. Pogba s’est comporté en patron. Dommage que Benzema ne soit pas allé au bout de ses intentions sur l’une de ses merveilleuses ouvertures. Il a perdu deux balles dans sa moitié de terrain exposant sa charnière à de grosses sueurs froides.
Blaise Matuidi
On l’avait quitté extenué et au bout du rouleau dans les couloirs du Maracana. On l’a retrouvé en petite forme deux mois plus tard. Matuidi, qui a débuté un seul match officiel avec le PSG cette saison, manque de rythme et ça crève les yeux. Si l’Espagne a si bien confisqué le ballon en fin de première période, c’est parce que Matuidi tirait la langue. Le 4-2-3-1 bride ses intentions offensives. Dommage car ses montées nous avaient plu au Brésil. Remplacé par Yohan Cabaye.
Moussa Sissoko
Deschamps l’aime en ailier droit, un rôle qui ne correspond pas, a priori, à ses qualités. Mais Sisssoko s’est montré disponible et a réveillé les Bleus en première période, quand ceux-ci tournaient en rond. Il a percuté avec force et bien combiné avec Valbuena. Mais il a mal conclu deux débordements intéressants en se précipitant dans le dernier geste. Il se bat, donne de sa personne. Il lui manque ce coup de patte dans les seize mètres adverses. Remplacé par Morgan Schneiderlin.
Mathieu Valbuena
Toujours disponible, toujours altruiste, toujours décisif. La Russie ne lui a pas refroidi les idées, il a retrouvé les Bleus comme les avait quittés : avec les clés du camion dans la poche. Il a parfaitement combiné avec Benzema (8e) ou Sissoko (19e), trouvé les espaces et accéléré le jeu. Moins en réussite qu’au Brésil sur ses coups de pied arrêtés, il y est tout de même allé de sa passe décisive pour Loïc Rémy. Un grand classique désormais. Pas toujours irréprochable dans ses replis défensifs. Remplacé par Rémy Cabella.
Karim Benzema
Timide en première période, il a même dû se relever de quelques sifflets du Stade de France. Il n’a pas toujours fait le bon choix, ni mis les Bleus dans le bon sens. Des frappes bien senties en première intention mais qui manquaient de conviction (8e, 38e). Il a raté des contrôles (26e, 38e). Ce fut mieux en seconde période et il marque un but injustement refusé pour hors-jeu. Précieux après la pause sur ses remises et dans le jeu en première intention, il a ouvert des espaces.
Antoine Griezmann
C’est sa spontanéité et son insouciance qui l’ont rendu indispensable aux Bleus en quelques semaines. Mais ce jeudi, c’est le Griezmann emprunté et timide de sa première sélection face aux Pays-Bas qui a refait surface. Il n’a pas pesé bien lourd face à la défense espagnole et a manqué d’audace dans son jeu à l’image de son bon débordement conclu par une passe en retrait (23e). Il a mieux débuté sa seconde période et son entente avec Benzema reste intéressante. Défensivement, il n’a pas toujours fait les efforts. Carvajal en a profité sur la plus dangereuse incursion de la Roja en première période (9e). Remplacé par Rémy, buteur quinze minutes après son entrée en jeu. La recrue de Chelsea a croqué dans ce match à pleines dents en se montrant disponible d’entrée. Justement récompensé.
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