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L'Italie, de Balotelli à Verratti, encore

L'Italie, de Balotelli à Verratti, encore

Le 10/10/2018 à 09:35

Statu quo de l'autre côté des Alpes. Les sélectionneurs passent, la tendance reste : Mario Balotelli et Marco Verratti sont finalement les deux potentiels hommes forts d’une Nazionale en pleine reconstruction.

On a beau essayer de faire tous les efforts possibles pour ne pas ruminer le passé, difficile de tourner la page de la cuisante désillusion du barrages contre la Suède. En effet, Giampiero Ventura, sélectionneur au moment des (mé)-faits, vient de s’engager avec le Chievo et refera son apparition sur les bancs de tous les stades de Serie A et les écrans de télévisions transalpins. Il faut admettre aussi qu’après des débuts encourageants en juin, les choix de Roberto Mancini ont moins convaincu le mois dernier en Ligue des nations. Mais à force de parler des sélectionneurs actuels ou anciens, on en oublie les joueurs qui sont autant responsables de cette période historiquement creuse d’une sélection quadruple championne du monde. Et au risque de tourner en rond, de par leur poste crucial et leur potentiel, les Italiens les plus à même de faire la différence restent Mario Balotelli et Marco Verratti.

Balotelli, ni messie, ni à jeter

Mario Balotelli est un joueur qui possède des qualités et des défauts assez évidents, il est ainsi impossible de se fourvoyer sur son compte. Et pourtant, beaucoup continuent de le faire. L’attaquant du Gym avait fait son retour en juin suite à une absence de quatre ans, rappelé par un Roberto Mancini qui l’a eu sous son aile à l’Inter et City. Une relation qui augmente les attentes déjà énormes placées en lui, car, quoi qu’on en dise, on attend toujours qu’il se passe quelque chose avec Balotelli sur le terrain. Et le retour avait été réussi, un but contre l’Arabie Saoudite et des prestations abouties, également face à la France future championne du monde quelques jours plus tard. SuperMario concluait une belle saison et n’avait qu’à surfer dessus afin d’emprunter le dernier important tournant de sa carrière mouvementée.

Mais puisqu’il s’agit de Balotelli, il s’est forcément planté, retard de deux semaines à l'entraînement, départ avorté, surpoids, condition physique déplorable. Bref, vous avez suivi ça aux premières loges en France. Sa prestation contre la Pologne a été un florilège de tout ce qui lui est reproché (les torts sont à partager avec le sélectionneur). Pour les moins mesurés, “Balo” est vite redevenu l’indésirable, la cible, le bouc-émissaire. Or, les chiffres le disent, il reste l’avant-centre le plus prolifique de la dernière décennie en Nazionale et même celui qui s’est probablement le mieux débrouillé en 2018, mieux que les Belotti et Immobile, constamment décevants. Or, la suite des choses ne dépend exclusivement que de lui, Mancini ayant logiquement décidé de ne pas le rappeler pour des raisons techniques. Super Mario devra encore repartir de zéro.

Mario Balotelli

Mario BalotelliGetty Images

Au tour de Verratti

Le petit hibou Marco Verratti a attendu moins longtemps, mais cela fait presque un an qu’il n’a plus pointé le bout de son nez avec la Squadra Azzurra, depuis le déplacement en Suède en barrages aller où un carton jaune pour une faute inutile au milieu de terrain l’avait privé du retour. Verratti va sur ses 26 ans mais il n’a aucune référence en Nazionale qu’il fréquente pourtant depuis 2012. Ses prestations les plus intéressantes remontent au Mondial 2014 et de nombreuses blessures l’ont aussi empêché de s’imposer. Plusieurs sélectionneurs ont essayé de le placer au centre du projet azzurro, sans réussite.

Malgré tout, et à l'instar de Balotelli, il détient encore les meilleurs arguments pour tirer l’Italie vers le haut, grâce à cette confiance en ses propres moyens et une vraie capacité à prendre des initiatives contrastant avec l'extrême timidité et fragilité mentale de ses partenaires. Son retour dans le onze-type du PSG après avoir peut-être enfin réglé ses soucis physiques a permis de se rendre compte une fois de plus de son influence sur le jeu de son équipe quand il est mis dans des conditions optimales. Mancini ne compte pas perdre son temps et le titularisera ce soir aux côtés d'un Jorginho volontaire mais moyen. “J’espère qu’il apportera sa contribution, celle d’un joueur d'expérience,” dixit le coach. Bien loin d’être le plus agé de cette sélection, Verratti est celui possède la plus grosse expérience du top niveau avec le duo Bonucci-Chiellini, un bagage qu'il serait temps de mettre à profit.

Vidéo - Mancini : "Verratti ? En club, ce n'est pas comme avec la sélection"

00:25

Quel autre homme fort ?

Si on continue cycliquement d'introniser ces deux joueurs comme fers de lance de l’Italie, c’est aussi parce que les autres n’ont jamais été à la hauteur. Ciro Immobile continue d'enfiler les perles avec la Lazio mais est muet depuis un an en sélection, et il reste un profil qui doit être avant tout servi. Lorenzo Insigne effectue un début de saison réussi grâce à Carlo Ancelotti qui a décidé de le rapprocher du but. Cela fonctionne avec six réalisations et un registre qui se complète après avoir été cantonné au flanc gauche de l’attaque toutes ces années.

L’autre élément qui se met en vue est Federico Bernardeschi souvent en ballottage favorable contre Paulo Dybala lorsque Max Allegri doit définir la formation titulaire de la Juventus. Il a pris de la caisse, de la confiance, des muscles et construit une relation technique intéressante avec Cristiano Ronaldo, en attendant plus d’incidence dans la zone de vérité face à des adversaires relevés. On espère en savoir plus après les matches contre l'Ukraine et la Pologne. La patience est de mise mais le temps presse, l'Italie ne peut continuer de vivoter et quelqu'un doit la prendre en main sur le terrain. Et les candidatures de Verratti et Balotelli restent en haut de la pile pour le poste de patron.

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