Match amical - De l'argent et du bruit : Pourquoi l'Argentine de Lionel Messi se déplace-t-elle en Angola ?

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Ce vendredi (17h00), l'Argentine se déplace en Angola pour affronter la 89e nation au classement Fifa. A l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance, Luanda accueillera un match de gala avec Lionel Messi. Mais la partie - estimée entre 7 et 12 millions d'euros - a déjà mal démarré avec trois joueurs recalés car non vaccinés.

"Ce qui fait de Messi un plus grand joueur que Ronaldo, c'est sa victoire en Coupe du monde"

Video credit: Eurosport

L'avant-match de gala a mal démarré. Lundi, la Fédération argentine de football a annoncé les forfaits de Giuliano Simeone, Nahuel Molina et surtout Julián Álvarez pour le déplacement en Angola. Recalés car non vaccinés contre la fièvre jaune, les trois hommes restent sur le quai pour ce seul et unique match de l'Albiceleste dans cette trêve de novembre. 
Le défi logistique est donc déjà manqué, pour ce match amical dont l'enjeu est d'abord lucratif. En avril dernier, à l'occasion d'un déplacement de son président à Buenos Aires, l'Angola (89e nation FIFA) avait décidé d'organiser cette rencontre exceptionnelle au stade du 11 novembre de Luanda. Le montant ? 12 millions d'euros selon plusieurs médias dont Sport News Africa. Les chiffres diffèrent, autour de 10 millions pour L'Equipe, près de 7 millions d'après Le Monde qui explique que le cachet aurait pu baisser de 30% en l'absence de Lionel Messi.
Forcément, les montants, justifiés par la fédération pour le cinquantenaire de l'indépendance de l'Angola, n'ont pas tardé à faire réagir. "Investir des millions de dollars dans un événement sportif quand des milliers de personnes souffrent de la faim, quand les hôpitaux s'effondrent et quand la répression s'accroît n'est pas une priorité légitime, c'est une insulte à la dignité humaine", s'indignait une ONG l'été dernier. Sixième puissance économique d'Afrique, le pays frontalier de la Namibie possède un indice de niveau de la faim "grave", d'après le Global Hunter Index qui rapporte qu'un enfant sur deux est victime d'un retard de croissance. 

Publicités mensongères, et Barthez "fracassé"

Mais les Argentins, qui étaient aussi convoités par le Maroc, n'ont rien inventé. Leur statut de champions du monde en titre, et le simple nom de Lionel Messi rend le phénomène toujours plus fou. Déjà, en juin 2023, l'Albiceleste s'était déplacé jusqu'en Indonésie (0-2) pour une rencontre qui avait fait autant d'excités (les 60 000 billets vendus en quelques heures), que de déçus voyant que le n°10 ne jouerait pas. "Publicité mensongère", avait-on entendu de la part des fans de "la Pulga".
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Zidane, Pires et Dugarry à Melbourne lors d'un déplacement express en Australie.

Crédit: Getty Images

Jeune Afrique rappelle aussi les déplacements en 2011 du Brésil au Gabon, suivis quelques mois après par le Portugal contre plusieurs millions d'euros. Si les tournées estivales des plus grands clubs d'Europe, notamment sur le continent asiatique, sont devenues communes, les délocalisations restent contestées à l'image d'un Barca-Villarreal prévu à Miami et finalement annulé. En 2022, quelques mois avant le Mondial, l'Argentine et le Brésil devaient se rencontrer… en Australie. L'accord financier n'aura finalement pas eu raison de l'intérêt sportif, et la rencontre n'a jamais vu le jour.
Certains auraient préféré une issue similaire, pour un déplacement du côté du "Land Down Under". Christophe Dugarry se rappellera, en novembre 2001 d'un match amical disputé à Melbourne (1-1), où il avait été victime d'un tacle assassin qui lui avait valu huit semaines d'absence. "Ne nous planquons pas.(...) Je trouve dommage qu'on ne tienne pas plus compte de la santé des joueurs. 22 heures d'avion aller, 22 retour, ça fracasse. [...] Je trouve normal que les présidents qui investissent des millions dans les joueurs se mettent en colère pour un match amical à l'autre bout du monde", regrettait à l'époque Fabien Barthez dans L'Equipe Magazine.
Le déplacement, un aller-retour express considéré en 2001 comme le plus cher de l'équipe de France, avait fait polémique. Réponse de Claude Simonet, président de la FFF à l'époque : "Si nous étions irrespectueux du contrat, je n'ose imaginer les conséquences financières, étant donné que 40 000 places ont déjà été vendues et que les droits télé ont été cédés." La preuve que le football n'a finalement pas totalement changé.
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