Matches amicaux - OL - Khalis Merah, la nouvelle attraction lyonnaise décryptée
Par Arthur Merle
Mis à jour 01/08/2025 à 09:58 GMT+2
Toujours titularisé par Paulo Fonseca depuis le début de la préparation de l’OL, le jeune Khalis Merah (18 ans) monte en puissance et vient d’inscrire son premier but avec l’équipe pro, contre Majorque. Prototype du milieu de terrain formé à Lyon, le gamin de Meyzieu excite les supporters dans le Rhône. Zoom sur la possible nouvelle pépite lyonnaise avec son ex-coach en U17, Amaury Barlet.
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Video credit: Eurosport
Corentin Tolisso, Tanner Tessmann et… Khalis Merah. Voilà le trio qui a débuté au milieu de terrain lors des quatre premiers matches amicaux de l’OL cet été. Pas une surprise pour les deux premiers. Un peu plus pour le troisième. Non pas que l’OL déborde de solutions dans l’entrejeu en cet été de restrictions budgétaires. Mais alors que Nemanja Matic ou Mahamadou Diawara, 28 matches de Ligue 1 au compteur, sont là, eux aussi, c’est bien un gamin de 18 ans qui s’est vu confier une partie de l’animation du jeu dans ce début de préparation.
Et il n’en fallait pas plus pour exciter la fanbase lyonnaise, en recherche de bonnes nouvelles, d’adrénaline et de recrues, ce que Merah pourrait être un peu tout à la fois. Sa montée en puissance estivale a atteint un point culminant : ce premier but avec les grands, mercredi contre Majorque (0-4), au cœur d’une prestation "compilation Youtube" compatible.
Disponible à gauche, entre les lignes et même en profondeur sur son but contre le club espagnol, mais surtout brillant un peu partout, quel est donc le poste de ce milieu de terrain aux multiples facettes ? "C'est un jeune qui a beaucoup joué numéro 6 au centre de formation, nous éclaire Amaury Barlet, son coach en U17. Mais c'est un garçon qui peut aussi jouer relayeur ou en 10. Ça dépend de ce qu'on lui demande. Où je l’imagine dans le système Fonseca ? Ce n’est que mon avis, mais sur des situations de contre, il ne peut pas forcément gérer sur le plan athlétique pour répondre à la vitesse des adversaires en numéro 6. Donc moi, je pense qu'il évoluera un peu plus haut".
Je ne suis pas sûr qu'on puisse lui apprendre des choses dans la compréhension du jeu
Son gabarit de "grignette", comme le qualifie son ex-formateur, saute en effet aux yeux. Loin des monstres de précocité physique tels que le football français forme régulièrement, Merah n’est pas loin de nager dans son maillot floqué du numéro 44, lui qui a connu quelques blessures en U16 et U17. "Il va avoir une marge énorme sur l'aspect athlétique. Ce n’est pas du tout rédhibitoire, et c'est sûr que ce sont des messages qu'on lui a fait passer pendant toutes ses années de formation".
Mais s’il enchaîne avec les pros, c’est qu’il compense ailleurs, évidemment. Dès la fin de notre discussion, Amaury Barlet s'empresse de nous partager une compilation de ses plus belles actions de futsal avec l’Académie rhodanienne. Elles en disent déjà beaucoup sur les qualités techniques nettement au-dessus de la moyenne du milieu de terrain, qui lui vaudront d’être régulièrement surclassé après son arrivée au centre de formation lyonnais en 2016. Jusqu’à intégrer les U17 d’Amaury Barlet à 15 ans.
"Bien sûr qu’il était au-dessus du lot, poursuit-il. C'est dur de jouer contre lui parce que c'est un garçon qui va prendre des décisions très rapidement. On ne va pas avoir le temps d'aller le cadrer qu’il aura déjà fait la passe. Il est très agile, très habile techniquement. Et quand il n'a pas le ballon, il cherche toujours à se déplacer dans des petits intervalles." Une qualité que beaucoup ont pu apprécier contre Majorque, notamment. "Je vais aller plus loin : aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'on puisse lui apprendre des choses dans la compréhension du jeu".
En résumé : le prototype d’un milieu de terrain formé à Lyon, qui lui a logiquement offert son premier contrat pro le jour de ses 18 ans, le 24 février dernier. Capitaine des U19, il y a inscrit cinq buts en 14 rencontres la saison dernière, avant de découvrir le groupe de National 3, où il a joué les quatre derniers matches de la saison, dont trois comme titulaire.
Coups francs et passion pour l’OL
Trois mois après, le voilà donc projeté à l'étage du dessus. "Ça me touche de voir que le coach compte sur moi", savourait-il après avoir été à l’origine de l’ouverture du score de Malick Fofana contre Hambourg. Sur un coup franc, l’une de ses spécialités. "Il a le pied réglé sur tout ce qui est coup franc direct", nous confirme Barlet, qui se souvient très certainement de celui qu’il avait inscrit lors d’un derby U17 contre Saint-Etienne, sous les yeux de John Textor et Pierre Sage.
"Et puis après, il a une grosse qualité sur le plan mental. C’est un super gamin. Il aime le foot, c’est un passionné de l’OL", explique celui qui en a vu passer, des générations, en 14 ans à la formation lyonnaise, mais qui vante l’état d’esprit de ceux qui tapent à la porte des pros aujourd’hui.
Au cœur d’une formation lyonnaise annoncée sur le déclin, au milieu des incertitudes économiques et de compétitivité de l’OL, Merah fait donc déjà office, après quatre matches amicaux, de lueur d’espoir, ce qu'il faudra doser, histoire de lui laisser le temps de se développer. Son club ne souhaite en tout cas pas communiquer à son sujet, pour le moment. Mais Barlet l’a quitté et ne peut cacher son excitation. "Je pense que ces prochaines années, il va s'étoffer et prendre une dimension folle". On serait presque impatient de voir l’OL et son joyau évoluer contre le Bayern Munich en amical samedi.
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