Match amical | France - Brésil : Le Brésil aujourd'hui, c’est les Bleus !
Par Maxime Dupuis
Mis à jour 26/03/2026 à 13:02 GMT+1
Jeudi à Foxborough, l’équipe de France retrouve le Brésil pour la 1re fois depuis onze ans et un amical perdu par les Bleus (1-3). Les deux équipes ont connu des fortunes diverses depuis cette dernière confrontation et même plus globalement au XXIe siècle où les Bleus sont devenus ce que les Auriverde ont cessé d’être. À savoir : une équipe qui gagne et dotée d’un réservoir offensif 5 étoiles.
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10 juillet 2018. Saint-Pétersbourg. 20 heures. La table était dressée. Le lieu, réservé. Les convives, prévenus. Le festin était prêt. Ne restait plus qu’à mettre les pieds sous la table. Malheureusement, à une époque de l’année où le soleil se couche à peine sur les bords de la Baltique, la nuit était déjà tombée sur les Brésiliens, boutés de Russie quelques jours plus tôt par les Belges. Tant pis pour l’histoire et la promesse d’un cinquième monument planétaire, après les chefs-d'œuvre de 1958, 1986, 1998 et 2006.
Jeudi après-midi, lorsque Brésiliens et Français se serreront la pince du côté de Foxborough, il ne sera pas question de demi-finale de Coupe du monde et n’y aura pas grand monde pour se souvenir de leur dernière confrontation, amicale celle-là, par une fraiche soirée de mars 2015 au Stade de France. Un soir de défaite pour Didier Deschamps (1-3), seul rescapé de cette partie en trompe-l’œil.
Si la suite de l’année fut tout aussi laborieuse pour l’équipe de France, la décennie suivante le fut pour le Brésil. Dix ans qui ont entériné le déclassement d’une équipe pas comme les autres, de la seule et unique nation mythique de l’histoire du jeu. En 2026, l’équipe du Brésil n’a sans doute été aussi éloignée de son lustre d’antan. Depuis leur cinquième et dernier titre planétaire, en 2002, les Brésiliens ont perdu pied, rappelant que personne n’est éternel, pas même les grandes équipes. Depuis le triomphe de Yokohoma, la Seleção ne s’est hissée qu’une dans le dernier carré d’une Coupe du monde. C’était en 2014 et, vu la tronche de leur demie, les Pentacampeões auraient peut-être mieux fait de descendre du manège un tour plus tôt.
Ce Brésil, incarné par Neymar, a grosso mode suivi la trajectoire de sa superstar, passée du rang de successeur annoncé et évident du duopole Messi – Ronaldo à triste sire, incapable de tenir debout et encore moins capable de faire tenir sa couronne sur sa tête.
Si les Bleus jouaient en jaune, on n’y verrait que du feu
Dans l’intervalle, les A ont bien gagné une Copa America de plus, en 2019, mais cet accomplissement continental ne pèse finalement pas lourd à côté des désillusions planétaires successives. Cela fait vingt-quatre ans que le titre suprême se refuse à la nation la plus prestigieuse de l’histoire. Vingt-quatre ans, soit autant qu’entre 1970 et 1994, l’autre interminable disette auriverde.
On veut bien être poli et respectueux de l’inégalable odyssée des Pelé, Garrincha, Jairzinho, Ronaldo, Romario, Zico et autre Ronaldinho, mais la magie brésilienne ne fonctionne plus. Carlo Ancelotti appelé au chevet des quintuples champions du monde, pour une mission commando en Amérique du Nord, le savait avant d’arriver. Suffisait de se pencher sur le réservoir. Il n’est certes pas complètement vide, mais loin d’être rempli de talent(s).
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Crédit: Getty Images
Aujourd’hui, si les Bleus jouaient en jaune, on n’y verrait que du feu. Parce que les Tricolores ont régné sur le XXIe siècle, disputant au passage quatre des sept dernières finales de Coupe du monde (de 1998 à 2026). Un rythme brésilien. D’ailleurs, à y regarder de près, et c’est nouveau, le potentiel offensif tricolore n’a peut-être jamais été aussi varié et complet. Il n’a peut-être jamais été aussi brésilien. Parce que, des grands buteurs, les Bleus en ont eu des pelletées (et parfois trop en même temps). De brillants créateurs, aussi. Mais depuis peu, le potentiel offensif tricolore est d’une telle variété et homogénéité qu’il a poussé le sélectionneur à déplacer le centre de gravité de l’équipe vers l’avant.
On ne va pas égrener les noms. Juste rappeler que les Bleus possèdent en leur sein le Ballon d’Or en titre et que celui-ci n’est pas indispensable à la bonne marche de l’équipe. Un luxe que le Brésil ne peut plus se payer. D’ailleurs, de Ballon d’Or, il n’est plus question. Kaka, sacré en 2007 et proche successeur de Ronaldinho (2005), Ronaldo (1997, 2002) ou Rivaldo (1999), n’imaginait sans doute pas qu’il serait le dernier, aussi tard. Cafu, sur le toit du monde en 2002, non plus.
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