Match amical I L'antisèche de France - Côte d'Ivoire (1-2) : un talent d’abord, trop de limites ensuite
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 05/06/2026 à 08:12 GMT+2
La France a montré ses qualités avant d’afficher ses défauts lors de sa défaite en amical face à la Côte d’Ivoire (2-1) jeudi à Nantes. Son incroyable potentiel offensif, illustré par le but génial de Rayan Cherki. Mais aussi ses errements défensifs, en partie liés aux nombreux changements, son aussi des sources d’inquiétudes à 12 jours de leur entrée en lice au Mondial 2026. Notre antisèche.
"Ce qu'il fait est de nature à planter une graine dans la tête de Deschamps"
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Le jeu : deux visages pour une défaite
Ce n’était pas l’équipe-type au coup d’envoi, mais elle s’en rapprochait. Il ne manquait que les Parisiens (Ousmane Dembélé, Désiré Doué ou Bradley Barcola), préservés après leur titre de champion d’Europe, ainsi que le Gunner William Saliba, touché lors de cette finale entre le PSG et Arsenal. Mais la base était suffisante pour permettre aux Bleus de dominer collectivement la première période.
La lourde préparation physique du début de rassemblement n’a pas empêché les Tricolores de montrer leur potentiel offensif, dans une configuration une nouvelle fois tournée vers l’avant avec quatre attaquants. Les Bleus ont su mettre la défense ivoirienne à mal avec des combinaisons rapides. Ils ont surtout un incroyable talent individuel, incarné par le but sublime de Rayan Cherki juste avant la pause.
Il y avait eu quelques alertes derrière mais le visage des Bleus était prometteur, comme en mars. Il n’a jamais été revu après la pause à la Beaujoire. Didier Deschamps tenait à procéder à une revue d’effectif et les multiples changements (10 au total) ont impacté le rendement du collectif tricolore. Moins saignant en attaque, il a été surtout plombé par des approximations défensives sanctionnées par Guéla Doué (54e) puis Amad Diallo (85e). Et au bout, il y a une défaite qui fait un peu tâche pour les Bleus.
Les joueurs : la magie de Cherki, les erreurs de Konaté
Il est vraiment capable des plus grands coups d’éclats. Rayan Cherki l’a montré en un geste, un enchaînement de dribbles ponctué d’une frappe victorieuse au milieu d’une forêt de jambes. Il a appuyé sa candidature pour un statut de titulaire, affichant dans ce sens une complémentarité évidente avec Michael Olise et Kylian Mbappé, peu en réussite jusqu’à sa sortie à la pause. S’il y a eu des satisfactions devant, c’était nettement moins le cas derrière, à l’image d’un Ibrahima Konaté en difficulté face à Yan Diomande en première période, et coupable sur l’égalisation ivoirienne.
Le facteur X : trop de changements ?
C’est compliqué de lire le résultat d’une équipe qui aligne dix joueurs de champ différents au coup de sifflet finale par rapport au coup d’envoi. Deschamps avait choisi de maximise les temps de jeu de chacun, procédant à cinq changements dès la pause (Mateta, Akliouche, Kanté, Lacroix, Digne) puis trois autres après l’heure de jeu (Koné, Gusto et Lucas Hernandez) et deux en fin de match (Zaïre-Emery et Barcola). Difficile de prendre des repères dans ces conditions. Cela s’est senti en seconde période, tant dans l’aspect défensif qu’offensif. La défaite des Bleus vient en partie de là.
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"Avec Tchouaméni, il y a toujours un oui mais..."
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La stat : 16
Voir la France perdre un match en mai ou juin avant une grande compétition internationale est un phénomène rare. Il ne s’était d’ailleurs jamais produit sous l’ère Didier Decshamps. Le dernier cas remontait à 2010 et un revers face à la Chine (0-1) juste avant le Mondial en Afrique du Sud.
La décla : Didier Deschamps (sélectionneur de l’équipe de France)
C'est une piqûre de rappel, si on en avait besoin. Il ne faut pas que l'on se voie plus beau qu'on ne l'est, mais je ne veux pas dramatiser, c'est un match de prépa'.
La question : que faut-il retenir de cette défaite ?
Elle est à relativiser. Déjà pour les raisons évoquées plus haut, avec les multiples changements qui ont nui au collectif des Bleus. Ce qui ne remet pas en cause la qualité du réservoir tricolore, évidente en mars avec les victoires face au Brésil (2-1) et à la Colombie (3-1) avec deux équipes très différentes au coup d’envoi. Sur deux périodes, avec un temps de jeu plus limité, c’est différent et cette défaite ne doit pas tout balayer.
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"Cette défaite va aider Deschamps à éteindre l'enflammade"
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Il ne faut pas la minimiser pour autant. Les Bleus ont un effectif d’une densité remarquable, mais pas dans tous les secteurs. Derrière, Ibrahima Konaté n’offre pas vraiment les mêmes garanties que William Saliba, et ce match est venu le rappeler cruellement. Dans ce système en 4-2-3-1 qui permet d’exploiter les atouts offensifs des Bleus, mais où la défense peut vite se retrouver exposée, la présence du joueur d’Arsenal semble indispensable.
C’est du moins ce qui ressort des trous d’air tricolores face à la Côte d’Ivoire. Quelque part, ils illustrent bien l’image de cette équipe de France, son fabuleux talent offensif et ses limites défensives. Il y a une part de risque dans ce schéma et le plan de jeu choisi par Deschamps. On avait peut-être fini par l’oublier après une série de neuf matches sans défaite. Ce revers est venu le rappeler, pas forcément au plus mauvais des moments. Il faudra en tenir compte.
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