Premier League I Ligue 1 I Passé du RC Lens à Crystal Palace, avec qui il défie les Sang et Or mardi, Pierre Sage fait face à son plus grand défi

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Il serait bien malvenu de résumer le nouveau club de Pierre Sage à un "15e de Premier League". Alors qu'il affrontera le RC Lens, tiens tiens, en amical mardi, le nouvel entraîneur de Crystal Palace prend ses marques au sud de Londres. Son nouveau défi professionnel est plus ambitieux qu'il n'y parait, au sein d'une entreprise qui a remporté trois titres au cours des quinze derniers mois.

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Sans doute ont-ils pensé, Pierre Sage comme ses anciens supporters, qu'ils se diraient au revoir d'une autre manière. Que ce serait bien lui, le Franc-Comtois, artisan du récent bonheur lensois, qui siègerait sur le banc du Racing face à Crystal Palace en match de préparation, à Côme, ce mardi (19h). Tout amical qu'il soit, le match, ce sera bien l'équipe adverse que dirigera Sage, un mois après son arrivée au sud de Londres, pour y découvrir si ce plafond-là sera assez bas pour l’exploser.
Au confort d'un club qu'il avait sacré en Coupe de France, l'entraîneur a préféré le frisson de sa Premier League rêvée. Reste à découvrir ce qu'il y fera, sous haute pression, mais sans se renier, avec l'ambition d'y instaurer l'idée de jeu qui l'avait porté tout là-haut, avec Lyon, puis avec Lens. Sage a quitté une équipe qualifiée en Ligue des champions pour un 15ᵉ de Premier League plus offrant, résumeront certains. Sage s’apprête à relever le plus grand défi de sa jeune carrière d'entraîneur, retiendra-t-on ici. Voici pourquoi.

Dans les pas du Glasner

Pierre Sage avait récupéré l'OL au bord de la relégation. Le RC Lens de Will Still, son prédécesseur aujourd'hui à Auxerre, restait une déception. Le Crystal Palace qu'il découvre est un club trois fois titré en moins de deux ans. Nommé en février 2024, l'Autrichien Oliver Glasner a laissé aux Eagles les trois premiers trophées de leur longue histoire : une Coupe d'Angleterre, un Community Shield (2025) et même un titre européen, fraîchement décroché en Ligue Conférence aux dépens du Rayo Vallecano (2026).
Par la grâce de Glasner, parti à Nottingham Forest, Sage débutera son mandat britannique par une saison européenne, teintée d'une première participation historique à la Ligue Europa. Pour une fois, le Français pourra s'appuyer sur une certaine expérience en la matière, tirée de son passé lyonnais. Tout cela n’est qu’une "pression positive", selon ses dires sur la chaîne YouTube du club. "Si l'on donne le meilleur de nous-mêmes, comme vous (Crystal Palace) l'avez fait l'an passé, vous pouvez accomplir ce que personne ne soupçonne. Et avec une bonne surprise, vous pouvez organiser une grosse fête à la fin de la saison."

(Re)construire un effectif…

Parce que l'été de Crystal Palace devrait permettre à certains cadres de s'envoler vers d'autres cieux. Et qu'il faudra décider sans tarder du sort des treize (oui) joueurs envoyés en prêt la saison passée. Au moment où s'intensifie la préparation, les Londoniens sont sur le point de perdre Maxence Lacroix, en partance pour Chelsea. Jean-Philippe Mateta est courtisé, le joyau du milieu Adam Wharton aussi. Son confrère de l'entrejeu Daichi Kamada a, lui, prolongé son contrat. À sa signature, le Japonais a promis aux supporters : "Merci pour tout, nous allons gagner un nouveau trophée". Vous avez dit pression ? 

… avec une préparation écourtée

Comme si découvrir la Premier League et la combiner avec la Ligue Europa sonnait un peu trop simple, Pierre Sage et son staff débarquent outre-Manche avec une foule de cadres qui ne se prépareront que tardivement, après avoir récupéré de leur Mondial. Yeremy Pino n'y a joué que 69 minutes, mais son Espagne s’est hissée en finale. Mateta et Lacroix (France) se sont arrêtés en demies, comme Dean Henderson (Angleterre). Jorgen Strand Larsen (Norvège) et Chadi Riad (Maroc) en quarts, Ismaïla Sarr (Sénégal), Daniel Munoz et Jefferson Lerma (Colombie), Chris Richards (Etats-Unis), Owen Goodman (Canada) ont tenu jusqu'en huitièmes, et Daichi Kamada (Japon) a été stoppé par le Brésil un tour plus tôt. Douze joueurs au total. Plus que Liverpool et Chelsea.
Pour l'heure, Sage et son staff n’ont presque dirigé que des jeunes joueurs. Seuls les huitièmes de finaliste du Mondial ont récemment fait leur retour avec le groupe, pour aller disputer le tournoi d'intersaison de Côme. Les autres suivront dans les prochains jours. Pour l'heure, ce groupe très rajeuni a écrasé Swindon (D4, 5-1), et aurait dû en faire de même de Bromley (D3), toujours en amical, mais il y a eu trop de déchets devant, et de mésententes à l'arrière (0-3). À Côme, Crystal Palace affrontera Lens (mardi, 19h), puis Famalicao (mardi aussi, 20h30), dans des matches à format réduit de 45 minutes.

La pression du résultat, même s'il pourrait avoir du temps

La première à domicile vaudra cher. À sa signature, aucun objectif de résultats chiffrés ne lui a été fixé, si ce n'est le maintien dans l'élite, ce qui pourrait offrir une certaine marge de manœuvre en cas de débuts contrastés. Mais Pierre Sage atterrit dans un univers qui tolère mal la défaite, et l’impute souvent au banc. Crystal Palace laisse en moyenne 1,42 saison à ses entraîneurs avant de les remercier, depuis l'introduction de la Premier League (1992). Le Français débutera à l'extérieur face à Everton, et Selhurst Park découvrira son jeu face à… Manchester City, dès la deuxième journée. Les Citizens n'ont plus jamais perdu face à Palace en championnat depuis 2021.
L'heure n'est pas à se laisser impressionner. Everton et City ? "Je me suis dit qu'on allait jouer contre Jake (O'Brien) et contre Rayan (Cherki), disait-il à L'Équipe début juillet. Ces joueurs-là, je ne les oublie pas parce qu'on a vécu quelque chose qui m'a permis de vivre d'autres choses ensuite. Ils ont changé ma vie, tout simplement." Et puis, Sage est venu pour ça, pour Manchester City, Arsenal et compagnie. "Quand on me dit : 'Tu ne vas pas jouer la Ligue des champions', je réponds : 'Non, mais je jouerai la Ligue des champions tous les week-ends en Premier League'."
Par chance, et stratégiquement, la direction de Crystal Palace a aussi choisi Pierre Sage pour le jeu du Lens de l'an passé, adepte lui aussi du trois derrière, trois devant (3-4-3). Système qu'a conservé Sage lors des deux premiers amicaux, et qui devrait perdurer. Pas besoin de révolutionner une structure implantée, qui a déjà démontré par le passé. Ne reste "qu’à" y implémenter son idée de jeu, plus offensive, avec un pressing haut sur le terrain qui tranchera avec l'approche plus attentiste d'Oliver Glasner.

Convaincre, et se faire adopter

En trois ans, Pierre Sage, le directeur du centre de formation de l'OL, est devenu un entraîneur de Premier League en devenir. Plafond après plafond, d'abord à Lyon, puis à Lens, il a su tirer l'absolu maximum d'un groupe, quelle que soit la qualité du matériel à sa disposition. L'effectif lensois a doublé de valeur en un an, selon Transfermarkt, de 105 à 215 millions d'euros.
Celui de Crystal Palace en vaut déjà près du triple (550 millions d'euros). Et l’écho de la success story de Pierre Sage ne résonne presque qu’en français. Aller convaincre un effectif dopé à la gagne est un autre défi. Surtout s’il perd un ou deux de ses Tricolores (Lacroix et/ou Mateta, alors que Jaydee Canvot devrait rester). Par chance, un gars du coin passé par Lorient vient de hisser le promu Sunderland (7e) en Coupe d'Europe via le championnat. Régis le Bris a été hors norme en terre britannique. Pierre Sage ne l'a été en qu'en France. Pour l'instant. The show must go on.
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