J’ai grandi dans un quartier privé de Buenos Aires. Privé de lumière, d’eau et de téléphone

Diego Maradona, c’est d’abord ça. Un gamin de Fiorito, quartier déshérité de la banlieue de Buenos Aires, qui grandit avec l’espoir d’une vie meilleure et le rêve de faire quelque chose de son talent. De tous les surnoms qu’il a pu recevoir, "Pelusa" (Peluche de laine, NDLR), issu de son quartier, est celui qu’il a toujours le plus aimé : "c’est celui qui me va le mieux car il me rappelle quand on jouait seulement pour un Coca et un sandwich. C’était ce qu’il y avait de plus pur".

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Je suis sorti de Fiorito pour atteindre le toit du monde, mais, une fois là-haut, j'ai dû me démerder tout seul

La paradoxe Maradona, parti tout en bas pour arriver au sommet. Pris de vertiges, il n’a jamais trouvé la façon de redescendre tranquillement.

Diego Maradona en septembre 1977 à Fiorito

Crédit: Getty Images

On m’a proposé d’en mettre deux à Gatti mais maintenant qu’il m’a traité de ‘petit gros’, je vais lui en mettre quatre

9 novembre 1980. Diego Maradona est une star montante du football argentin. Avant d’affronter Boca Juniors, le club qu’il incarnera à jamais par la suite, le jeune joueur de 20 ans se fait traiter de "gordito" par le gardien adverse Hugo Gatti. Résultat : un quadruplé pour Argentinos Juniors et cette punchline qui fera date.

Gagner contre River Plate, c’est comme quand ta mère vient te réveiller avec un bisou le matin

1981, il rejoint Boca et sa Bombonera mythique et découvre le charme du Superclasico face au rival River Plate. Et forcément, c’est Dalma Maradona, "Doña Tota" au pays, qui est utilisée pour une comparaison qui représente bien l’amour que Diego portait à sa mère.

26 octobre 1997, la der de Maradona avec Boca Juniors

Arriver dans la surface et ne pas pouvoir frapper, c’est comme danser avec ta soeur

L’une des phrases les plus iconiques du Diez et de son goût prononcé pour les comparaisons imagées.

Quand ils me disent que je suis Dieu, je leur réponds qu’ils se trompent : je suis juste un joueur de foot

"D10S" mais Maradona avant tout. Dans un pays qui l’a porté aux nues, où chacune de ses apparitions a électrisé les foules, Diego était bien plus qu’un simple joueur de foot. Même s’il a eu du mal à assumer ce statut.

10 secondes, 5 adversaires effacés et 32 km/h : le "but du siècle" de Maradona décortiqué

Comment j’ai marqué ce but ? C’est la main de Dieu

La plus mythique. Pour un but iconique. Face aux Anglais en quart de finale du Mondial 86, le génie argentin venge une Argentine meurtrie par la guerre des Malouines face à l’Angleterre en marquant de la main le premier but du match. Alors, comment a-t-il marqué ? "Un peu avec la tête de Maradona, un peu avec la main de Dieu".

Diego Maradona of Argentina uses his hand to score the first goal of his team during a 1986 FIFA World Cup Quarter Final match between Argentina and England

Crédit: Getty Images

Je ne veux pas dramatiser mais, croyez-moi, ils m’ont coupé les jambes

Prononcée en 1994 après son contrôle positif à l’éphédrine pendant le Mondial américain. Le chant du cygne pour Diego Maradona.

Je suis noir ou blanc. Je ne serai jamais gris

Existe-il meilleur résumé ?

L'autre "main de Dieu" de Maradona

J’ai été, je suis et je serai drogué

1996. A 35 ans, au terminus de sa carrière, il ne veut plus se cacher. "Une personne qui entre dans la drogue doit prendre conscience du combat qu’il faut mener, jour après jour".

Dans ma clinique, il y en a un qui se prend pour Napoléon et l’autre qui croit être Robinson Crusoé. Et moi, ils ne me croient pas quand je dis que je suis Maradona

Même lorsqu’il suit une cure de désintoxication en 2004, Maradona ne perd pas son humour.

Je me suis trompé, j’ai payé mais le ballon, lui, ne se salit jamais

Une Bombonera comble et en fusion rend un dernier hommage à son Dieu vivant en 2001, affiché sur tous les murs de la Boca, ou presque. Face au public, Maradona laisse échapper quelques larmes et lâche cette phrase immaculée et légendaire.

Si lui c’est Beethoven, alors je suis le Ron Wood, le Keith Richard et le Bono du foot. Tout ça en même temps. Car, moi, j’étais la passion

Ah Pelé… Combien d’embrouilles, de chamailleries et de phrases pleines de sous-entendus se sont échangés ces deux-là ? Entre respect et jalousie, le marque des plus grands de l’histoire.

Si je n’avais pas fait toutes ces conneries dans ma vie, Pelé ne serait même pas arrivé deuxième

Alors, qui est le plus grand des deux ? Maradona a sa petite idée…

Tu sais quel joueur j’aurais été si je n’avais pas été drogué ? J’aurais été un joueur de la 'puta madre'

Regrets éternels ? Pas sûr car un joueur de "la puta madre" (expression d’argot argentin), Diego l’aura été. Et même un peu plus.

À ceux qui n'ont pas cru en nous, je demande pardon aux dames, qu'ils me sucent et continuent à me sucer

Cash. Alors sélectionneur d’une Albiceleste qui a difficilement obtenu son ticket pour le Mondial 2010, il lâche cette phrase aux journalistes présents et s’engage dans un bras de fer qui mènera les siens à une piteuse élimination face à l’Allemagne en quarts de finale (4-0).

Maradona, sélectionneur argentin en 2009

Crédit: AFP

Même mort, je ne trouverai pas la paix

"Ils m’utilisent dans la vie et ils trouveront le moyen de le faire quand je serai mort", expliquait-il. De la difficulté d’être une icône.

Si je meurs, je veux renaître et devenir footballeur. Et je veux redevenir Diego Armando Maradona. Je suis un joueur qui a donné du bonheur aux gens, ça me comble et ça me suffit

L’amour du jeu, l’amour des gens.

Quoiqu'il arrive, quoiqu’on dise, tout le monde sait que le maillot numéro dix de la sélection sera le mien. Pour toujours

Hasta siempre.

Même le jour où je mourrai je serai incapable d’abandonner le foot

Ce jour malheureux est arrivé. Mais le football aussi est incapable de l’abandonner.

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