Ni Celtic, ni Rangers : et si les Hearts libéraient l’Écosse d'une domination vieille de quarante ans ?
Eurosport sur GoogleDans une semaine, l’Écosse connaîtra l'identité de son champion national. Avec deux matches à jouer, dont un choc de cloture qui les opposera samedi (13h30), le Heart of Midlothian, premier avec un point d'avance, et le Celtic Glasgow vont se disputer un titre au bout du suspense. Un sprint final pour l'histoire, alors que les Rangers et le Celtic confisquent le graal national depuis 1986.
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Même Andy Murray, du haut de ses trois titres en Grand Chelem, en a perdu la raison. Même lui, le supporter d'Hibernian, rival sempiternel des Hearts, ne peut plus attendre : "On va probablement me taper sur les doigts pour ce que je vais dire, mais personnellement je pense que c'est une bonne chose pour le football écossais si les Hearts pouvaient l'emporter", avait-il lâché, en avril. Sacrilège. Blasphème. Infamie. Mais telle trahison ne saurait survenir sans une occasion digne de ce nom. Car à deux matches du terme d'un interminable championnat, voilà : ni Celtic, ni Rangers, c'est bien le Heart of Midlothian qui domine la Scottish Premiership. Devant d'un seul maigre point, certes, mais devant, tout de même.
Après quarante et un ans d'une domination sans partage entre les deux ogres de Glasgow, l'Écosse attend une révolution venue d'en bas. Imaginez : la dernière fois qu'une autre équipe que celles du Old Firm a remporté le championnat, Sir Alex Ferguson avait 43 ans, et il menait Aberdeen vers le dernier sacre national de son histoire. Celtic et Rangers se sont partagé chacun des titres qui ont suivi en championnat. Une confiscation sans commune mesure, en Europe, qui pourrait prendre fin cette semaine. Ou pas.
Une finale de haute voltige pour le titre
Plantons le décor. Dans cinq jours, l'Écosse tiendra son champion. Dans cinq jours, les Hearts, leaders-surprise du championnat depuis l'automne, auront soit été couronnés, soit été doublés d'un cheveu. Car après le match nul concédé ce week-end par le club d'Édimbourg, le Celtic n'a plus qu'un point de retard sur son dernier adversaire pour le titre. Le tout avant deux ultimes journées à disputer, l'une mercredi soir, l'autre samedi midi, avec un duel au sommet entre les deux prétendants en clôture du championnat.
D'un côté, le Heart of Midlothian espère un premier titre depuis 1966. Pas si petit que ça, le Poucet d'Édimbourg a largement renforcé à l'intersaison avec un mercato XXL à son échelle. Tony Bloom, le propriétaire de Brighton & Hove Albion, y a investi 10 millions de livres l'été dernier pour acquérir 29% des parts du club, en affichant l'ambition de remporter le championnat dans les cinq dernières années. Il n'aura pas eu besoin d'attendre bien longtemps : au mois d'octobre, les Hearts dominaient déjà le tableau.
Peut-être qu'ils vont étendre le championnat pour que nous puissions les rattraper
Jamais, pourtant, depuis le début de saison, le suspense n'a été aussi grand en tête de la Premiership. Bien sûr, un triomphe des Hearts serait une révolution, mais il récompenserait surtout une résistance à toute épreuve, à commencer par le retour du premier poursuivant glaswégien, relevé à l'intersaison par l'arrivée sur son banc de Martin O'Neill.
En cinq mois à peine, le Nord-Irlandais de 74 ans, ancien sélectionneur de l'Irlande, a transfiguré un Celtic autrefois à la peine sous les ordres du Français Wilfried Nancy, devenu machine à gagner en cette fin de saison. Et tout, souriait O'Neill d'un air si détaché, dimanche, a été comme improvisé. "Ç'aurait été sympa de commencer la saison dans le calme, d'avoir des plans, une stratégie... Ça n'a pas été le cas, mais nous avons bien joué les poursuivants. Et nous jouons toujours les poursuivants. Donc, qui sait… Peut-être qu'ils vont étendre le championnat pour que nous puissions les rattraper." Comme si de rien n'était, sans pression, mais avec une sacrée efficacité.
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En bon chasseur qu'il est devenu, le Celtic s'est imposé ce week-end face aux Rangers (3-1) pour revenir à un point du leader édimbourgeois. Il est le seul, désormais, à pouvoir renverser les Hearts. Ce qui représenterait le quatorzième titre du Celtic lors des quinze dernières saisons. Il lui faudra pour cela tenir la cadence, en milieu de semaine, face à Motherwell (mercredi, 21h). Ce même Motherwell qui a freiné les Hearts, samedi (1-1), seulement sauvés par leur inévitable buteur Lawrence Shankland, 30 ans, qui compte déjà dix-neuf buts toutes compétitions confondues cette saison.
Suprématie ou fin de règne ?
Côté Celtic, aussi, on compte sur la forme canon de son attaquant. À lui seul, le Japonais Daizen Maeda maintient son équipe à flots, avec sept buts inscrits lors des trois derniers matches, excusez du peu. Face aux Rangers, le buteur de 28 ans a vu double, avec un retourné acrobatique absolument somptueux en prime pour offrir un triomphe (3-1) ô combien précieux aux siens dans l'Old Firm.
S'il récidive, et que son équipe s'impose à Motherwell, mercredi soir, le sort d'un championnat long de trente-huit journées se décidera sur un seul match. Quatre-vingt-dix minutes au sommet, samedi (13h30), dans un Celtic Park comble (60.000 personnes) où s'affronteront les deux survivants d'une folle course au titre. Un triomphe tout sauf dénué de saveur, qu'il récompense la chevauchée d'un outsider, ou la folle remontée d'un ogre sans pitié.
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