Foot -Paris 2024 : Après l'élimination de la France par le Brésil en quart, Hervé Renard reconnaît n'avoir "pas réussi"
Par Vincent Roussel
Mis à jour 04/08/2024 à 01:57 GMT+2
Éliminé pour la deuxième fois en deux compétitions en quart de finale, Hervé Renard a terminé par la petite porte son mandat à la tête de l’équipe de France féminine. Après l’énorme désillusion vécue ce samedi face au Brésil (0-1), il n’a pu que constater l’échec, laissant derrière lui une équipe toujours incapable de briser son plafond de verre.
Penalty manqué, barre et tergiversations : comment la France a pris la porte
Video credit: Eurosport
Ça ne pouvait être pire. Éliminée en quart de finale, comme toujours ou presque depuis 12 ans (1 seule exception lors des 8 dernières compétitions), l’équipe de France féminine a vécu un immense traumatisme, ce samedi à la Beaujoire, face au Brésil (0-1). Les larmes d’Amandine Henry, le regard hagard d’Eugenie Le Sommer au coup de sifflet final ont dit tout de l’abattement qui s’est emparé des Bleues, qui s’imaginaient au moins finir sur le podium sur leurs terres.
Avec, cette fois, un penalty manqué (16e), une barre (40e) et un poteau (78e) avant le but de Gabi Portilho (83e), que les Bleues ne sont pas parvenues à remonter malgré 16 minutes de temps additionnel. Cet échec, c’est aussi et surtout celui du sélectionneur Hervé Renard, arrivé il y a 1 an et demi avec un vent d’espoirs et qui échoue en quart pour la deuxième fois en deux compétitions. Si l’échec de la Coupe du monde était à relativiser, celui-ci laisse une grande tâche dans son mandat.
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Une hésitation coupable : le but qui élimine les Bleues
Video credit: Eurosport
"Quand on est éliminé mais qu’on ne fait pas ce qu'il faut c’est frustrant. Là, que dire… Les filles ne sont pas récompensées de leurs efforts, elles ont fait le match qu'il fallait, mais c’est comme ça. Le football n’en sort pas vainqueur mais c’est le Brésil qui va en demi-finale", a d’abord réagi le double vainqueur de la CAN en zone mixte.
J’ai vu des choses qui me dépassent ce soir, je ne sais pas comment on peut laisser faire ça sur un terrain
Interrogé sur son bilan en équipe de France, il ne s’est pas caché : "J’étais venu pour atteindre une demi-finale, ce soir on n’a pas passé le cap. À vous (journalistes) d’en tirer des conclusions. Mais quand on voit le nombre d’occasions qu’on a ce soir, ce qu’on a fait, que voulez-vous que je vous dise ?", a-t-il commencé par évacuer.
Une élimination plus embarrassante que celle de 2019
Avant d’enchaîner : "Il faut analyser sobrement les choses, cette équipe a tout fait. J’ai vu des choses qui me dépassent ce soir, je ne sais pas comment on peut laisser faire ça sur un terrain, a-t-il dit en direction de l'arbitrage. On s’est fait agresser maintes et maintes fois, si vous voulez dire que c’est un échec, allez-y… On n’est pas récompensés à notre juste valeur", a répété l’ancien sélectionneur de la Côte d’Ivoire et de la Zambie, où il avait réussi à faire beaucoup mieux avec, sur le papier, moins de talents.
Je ne suis même pas triste parce que c’est le métier, mais je suis déçu pour tous ceux qui ont travaillé comme des fous
Comme en 2019, pour la Coupe du monde à domicile, les Bleues ont été éjectées avant même le dernier carré. Mais quand elles avaient au moins l’excuse d’être tombées face aux Américaines futures championnes du monde il y a 5 ans, elles ont cette fois chuté face à une nation plus qu’à leur portée, qu’elles avaient dominée l’an passé en Australie et lors de leur dernier match à élimination directe… en huitième du Mondial à domicile en 2019 (2-1).
"Je ne suis même pas triste parce que c’est le métier qui est comme ça, mais je suis déçu pour tous ces gens qui ont travaillé comme des fous, a voulu souligner Renard à propos de son staff. Je suis ému parce que c’est des gens exceptionnels. J’ai eu tout ce qu’il fallait autour de moi et je n’ai pas réussi", a-t-il finalement concédé.
Le successeur de Renard sera annoncé "au moment venu"
Ce revers n’affectera de toute façon pas son avenir, puisqu’il était prévu qu’il cède sa place à l’issue de la compétition. Mais le fait de n’avoir pas réussi à faire au moins aussi bien que Corinne Diacre (demi-finale à l’Euro 2022), la coach débarquée suite à un putsch des joueuses en février dernier, va le suivre aussi.
Il laisse derrière lui une équipe morose, sans véritable élan. Philippe Diallo, président de la FFF, Jean-Michel Aulas et le reste du comité exécutif, n'auront pas le droit à l'erreur non plus sur le choix d'un entraîneur capable de lancer une nouvelle dynamique, qui permettra enfin de transformer toutes ces déceptions en succès.
"On se laisse quelques semaines pour faire les annonces nécessaires mais on a anticipé, le choix est murement réfléchi, j'ai en tête tout ce qu'il faudrait pour l'équipe de France à l'avenir, ce sera annoncé au moment venu", a réagi le président après le match. Il faudra, surtout, réconcilier cette équipe avec son public, qui verra donc les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne et le Brésil se disputer les médailles qui viennent d’échapper aux Bleues.
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