Deux derbies, deux réalités

Deux derbies, deux réalités
Par Eurosport

Le 30/09/2011 à 22:53Mis à jour Le 30/09/2011 à 23:54

Le derby de la Mersey entre Everton et Liverpool (samedi, 13h45) et celui du nord de Londres Tottenham – Arsenal (dimanche, 17h) seront les deux temps forts de la 7e journée de la Premier League. Derrière ces affiches se cachent deux réalités et deux rivalités bien différentes.

EVERTON - LIVERPOOL : LA MESENTENTE CORDIALE
185e match (57 victoires pour Everton - 70 pour Liverpool - 58 nuls)

Les Bleus contre les Rouges. Au niveau des couleurs, déjà, il y a comme une incompatibilité. A part le noir et le blanc, peut-on faire plus éloigné ? D’un point de vue géographique en revanche, on peut difficilement faire plus proche. Une même ville, un même fleuve (la Mersey) et deux stades (Anfield et Goodison Park) distants l'un de l'autre de moins d'un kilomètre. Pourtant, les relations entre les deux communautés sont apaisées. Certains ont tenté d’avancer un semblant d’opposition religieuse (Everton penche vers le catholicisme, Liverpool vers le protestantisme), mais rien de comparable avec ce qui sépare les deux clubs de Glasgow. La rivalité est plus taquine que haineuse entre le plus grand club anglais du XXe siècle et Everton qui, malgré un palmarès plus que respectable (9 titres de champion, 5 FA Cup et une Coupe des Coupes), ne pèse pas très lourd à côté des triomphes des Reds. Pas la peine d'en faire la liste, sinon de rappeler que Liverpool a gagné cinq fois la plus prestigieuse des Coupes d'Europe. Ça, les fans des Toffees en sont jaloux.

Si tout se passe souvent bien en dehors du terrain, c’est bien moins souvent le cas sur la pelouse. Depuis l'avènement de la Premier League, les duels entre Liverpool et Everton ont été les plus prolifiques en matière de cartons rouges (19). Sur les treize derniers derbies de la Mersey, les hommes en noir ont expulsé dix joueurs. Un peu trop fougueux pour la plupart. Carrément énervés même, comme Francis Jeffers (Everton) et Sander Westerweld (Liverpool) en 1999. Les deux joueurs s'étaient échangé quelques beignes en plein match. Et avaient été renvoyés aux vestiaires. Le public avait adoré.

TOTTENHAM – ARSENAL :
167 matches (52 victoires pour les Spurs - 69 pour Arsenal - 45 nuls)

Dimanche, sauf surprise, Emmanuel Adebayor entrera dans l'histoire. Histoire locale. Mais histoire quand même. Si le Togolais dispute le derby du nord de Londres face à Arsenal, il deviendra le huitième joueur à avoir connu ces drôles de rencontres dans les deux camps. Une rareté*. Une anomalie même, tant les deux écuries de Premier League et leurs supporters se détestent. Entre Tottenham et Arsenal, rien de cordial. De la haine. Simplement. Sol Campbell, rebaptisé "Judas" après avoir signé à Arsenal, en a été l’une des victimes. Les Spurs, qui n'ont jamais terminé devant Arsenal depuis l'arrivée de Wenger, n'aiment pas les Gunners. Ces derniers le leur rendent bien. Et ça fait un bout de temps que cela dure.

Pour expliquer les raisons de ce désamour entre les deux clubs, il faut remonter le temps et revenir à une époque que les moins de cent ans ne peuvent pas connaitre. 1913, Arsenal déménage. Du sud au nord de la capitale. Les Gunners s'installent à Highbury, à un peu plus de 5 kilomètres de White Hart Lane. Le coin est trop petit pour deux clubs. Il le deviendra plus que jamais après la première Guerre mondiale. 1919, le Championnat d'Angleterre reprend ses droits mais va passer de 20 à 22 clubs. Qui seront les deux heureux élus ? Très logiquement, les deux promus (Preston et Derby). Ensuite ? Chelsea, 19e du précédent exercice, est repêché. Tottenham, 20e, va descendre. Et laisser sa place à... Arsenal, 5e de deuxième division. Un incroyable micmac orchestré par Henry Norris, président des Gunners, qui a su convaincre les membres de la fédération de voter pour son club. Par quels moyens ? On dira qu'il fut très influent. A Tottenham, on n’a pas oublié. Si vous en doutez, rendez-vous dimanche à 17 heures.

*Avec Arsenal, Adebayor a marqué 8 fois face à Tottenham. S'il inscrit un but dimanche contre les Gunners, il ne sera que le deuxième joueur de l'histoire à marquer sous les deux maillots lors d'un derby.

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