Certaines équipes gagnent à être connues. Même lorsqu'elles n'évoluent pas sur les hauteurs de leur championnat. Swansea fait partie de celles-ci. Sans hésiter. Alors que la Premier League 2011/2012 arrive à quelques encablures de son terme, le promu gallois (12e, 44 points) est d'ores et déjà assuré de faire partie du casting du prochain exercice. Le maintien est assuré depuis un bon bout de temps avec des recettes que la Catalogne ne renierait pas. Mais qui laissent parfois pantois de l'autre côté de la Manche.

Si le "kick and rush" n'est plus roi, les "préliminaires" ballon au pied ont rarement eu droit de cité en Angleterre. Mis à part du côté du Liberty Stadium, antre du premier club gallois promu depuis l'avènement de la Premier League, en 1992. Et peut-être à Anfield où, un soir de novembre 2011, les supporters avertis des Reds ont fait connaissance avec le Swansea de Brendan Rodgers. A l'arrivée, un 0-0 et des applaudissements de fans bluffés par la prestation des Swans.

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En Europe, avec le FC Barcelone, Manchester United et le Bayern Munich, personne ou presque ne peut se targuer de faire plus de passes par match que Swansea. Possession du ballon et jeu à terre font le nid de cette équipe, surnommée "Swanselona" depuis la saison dernière. Pas la peine de chercher bien loin la référence. Brendan Rodgers, qui tient les rênes depuis 2010 et fut l'adjoint de José Mourinho à Chelsea, revendique haut et fort la filiation : "Mes plus grosses influences ont été espagnole et néerlandaise, cette idée du football total. Barcelone a fait ça depuis de nombreuses années, depuis que Johan Cruyff en a été le coach."

Crédit: AFP

Le Xavi de Wandsworth

Admirer, c'est bien. Reproduire, c'est mieux. Et même remarquable dans un contexte plus saxon que latin. Et c'est ce que Rodgers a réussi à faire. Si bien que dans les rangs de Swansea, tenir le ballon est devenu quelque chose de naturel. "C'est la seule manière de jouer que l'on connaisse", assurait Neil Taylor il y a quelques semaines dans les colonnes du Telegraph. "Si l'on reniait notre style, ce serait le début des problèmes." A Swansea, personne ne dira le contraire. Surtout pas le public qui est partie prenante dans la réussite des Gallois. "Dans ce pays, beaucoup ne comprennent pas ce que l'on fait. A Swansea, nous avons de la chance car nos supporters apprécient notre jeu. (...) Cela ne fait d'ailleurs pas l'ombre d'un doute : si nos supporters ne nous soutenaient pas et ne nous comprenaient pas, nous n'aurions pas accompli la moitié de ce que l'on a fait", juge Taylor.

 Le symbole de cette équipe n’est autre que Leon Britton, surnommé le "Xavi de Wandsworth" (le district de Londres dont il est originaire, ndlr). Associé à Joe Allen au cœur du jeu et dans un 4-2-3-1 huilé, Britton et ses 165 centimètres font merveille. Les deux hommes réussissent en moyenne neuf passes sur dix. Au cœur du mois de janvier, Britton présentait même un bilan supérieur à celui de... Xavi (93,3% de passes réussies contre 93%, selon Opta).

Crédit: PA Photos

 Si la courbe de performance des Gallois a quelque peu plongé depuis l'arrivée des beaux jours (une victoire lors des sept dernières journées, ndlr), Swansea, renforcé cet hiver par Gylfi Sigurdsson (7 buts), a globalement réussi sa première saison en Premier League. Et Sir Alex Ferguson, qui croisera la route des Swans dimanche, n'est pas le dernier à féliciter cette drôle d'armada : "Ce qu'ils ont fait cette saison est admirable. Ils ont joué un football offensif et fantastique. Ils veulent tous le ballon et aiment jouer. Brendan Rodgers est monté de Championship et a seulement fait venir deux joueurs, Danny Graham, de Watford, et Gylfi Sigurdsson, d'Allemagne (Hoffenheim). Il a fait avec ses joueurs et ces derniers l'ont récompensé." Le gâteau est beau. Manchester United et Liverpool, qui affronteront Swansea lors de deux dernières journées, feraient de belles cerises.

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