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Sylvain Distin (Everton), héros de l'ombre avant son déplacement à Arsenal
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Publié 16/04/2013 à 11:35 GMT+2
Sylvain Distin, en déplacement à Arsenal avec Everton (20h45), n'a jamais et n'est toujours pas reconnu à sa juste valeur en France, selon Julien Laurens.
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L’autre jour, avec quelques collègues anglais, et pour une fois (allez savoir pourquoi), on s’est mis à parler défense. Le débat a commencé sur : "faut-il jouer avec une ligne très haute?" puis a dévié sur le marquage individuel ou en zone sur les coups de pieds arrêtés, et enfin, il s’est terminé sur la meilleure paire de défenseurs centraux actuels en Premier League. Je leur ai dit direct : "Vu que Vidic et Ferdinand ne jouent quasiment plus ensemble, le débat n’existe pas. Les meilleurs, ce sont désormais Jagielka et Distin." Je ne parle pas de talent individuel ou de titres remportés (je voyais déjà mes amis supporters de Manchester United ou de Manchester City préparer leurs désaccords et leurs commentaires sur Ferdinand, Vidic ou Kompany !) mais bien de complémentarité, de rigueur et d’intelligence de jeu. Puisque Vidic et Ferdinand ne comptent pas puisqu’ils ne jouent que trop rarement ensemble cette saison, pour moi, le duo Jagielka - Distin est supérieur à Vidic - Evans, à Ivanovic - Luiz, à Kompany - Nastasic qui a encore tout à prouver, à Mertesacker - Koscielny ou à Dawson - Vertonghen.
Même si j’aime beaucoup Phil Jagielka, qui, il faut le reconnaitre, n’était pas le plus talentueux au départ mais qui, à force de travail et d’abnégation, est devenu l’un des meilleurs Anglais à son poste (cela force le respect et le mérite), il ne serait pas aussi bon avec les Toffees si Distin n’était pas à ses cotés.
Encore une fois, même si j’apprécie particulièrement l’homme et le joueur, je pense qu’il reste très objectif de reconnaitre que Distin est l’un de ces "unsung hero ", comme disent les Anglais. Littéralement ces héros dont on ne chante pas le nom parce qu’ils ne marquent pas des dizaines de buts, ne sont pas les plus extravertis ou les plus bankable. Mais Distin est bien un héros. Devenir le Français qui a joué le plus de match dans le championnat d’Angleterre dans l’histoire (405 exactement), être d’ailleurs plus connu ici qu’en France, s’imposer partout, souvent même comme capitaine, à Newcastle (2001-2002), à Manchester City (2002-2007), à Portsmouth (2007-2009) et à Everton (depuis 2009 où il est sous contrat jusqu'en 2014) lors de 13 saisons consécutives dans l’élite, être un monstre physique mais aussi un gentleman et enfin, à 35 ans, continuer de faire partie des meilleurs à son poste fait de vous un héros.
Jamais appelé en équipe de France, du grand n'importe quoi...
Quelques jours après la discussion avec mes amis britanniques sur la défense, Alan Hansen, l’ancien défenseur du grand Liverpool et aujourd’hui consultant pour "Match of the Day", l’équivalent sur la BBC du Jour de Foot de Canal +, est revenu sur les performances du Français cette saison. Les éloges ont plu, notamment sur le placement toujours impeccable du vainqueur de la Coupe de la Ligue 2000 avec Gueugnon contre le PSG, et cette capacité d’anticipation cruciale, notamment dans les duels. Il va aujourd’hui moins vite qu’il y a cinq ans, ce qui est logique, mais il lit beaucoup mieux le jeu, ce qui est aussi logique.
Qu’il n’ait jamais été appelé en équipe de France, quand Ciani, Squillaci, Givet, Rami ou Boumsong (et j’en passe) l’ont été, relève pour moi du mystère et du grand n’importe quoi des années Domenech. Peut-être a-t-il jugé qu’il ne jouait pas dans un "assez" grand club pour mériter une sélection, même dans un match bidon. L’ancien Parisien jure qu’il n’a aucun regret à ce propos. Moi je jure qu’il devrait en avoir !
Il préfère néanmoins se concentrer sur son club et il a bien raison. Mardi, il va défier Arsenal et Olivier Giroud à l’Emirates Stadium. Everton est actuellement sixième du classement, à trois points de Tottenham et Chelsea (qui compte un match de moins) et à quatre d’Arsenal. Les Toffees sont donc plus que jamais en course pour une qualification pour la prochaine Ligue des champions. La redécouvrir à 35 ans serait finalement un peu comme une ultime reconnaissance pour Sylvain Distin.
Julien LAURENS : Il a intégré la rubrique des sports du Parisien-Aujourd’hui en France en 2001. Depuis 2004, il couvre toute l’actualité de la Premier League pour le journal depuis Londres et suit également l’équipe de France. Depuis 2010, Julien Laurens est aussi le correspondant en Angleterre pour RTL. Il intervient également sur la radio anglaise TalkSPORT et sur CNN.
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