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Tottenham-MU: André Villas-Boas, la vision de "DVD"
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Publié 20/01/2013 à 09:01 GMT+1
Rejeté par les grognards de Chelsea pour ses méthodes, le jeune André Villas-Boas (35 ans) cultive son savoir-faire dans un vestiaire à sa mesure, à Tottenham.
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Crédit: Eurosport
A chacune de ses conférences de presse, dans le petit amphithéâtre du flambant neuf centre d’entrainement de Tottenham, André Villas-Boas arrive avec son cahier sous le bras. De ce bloc note de taille A4 noir, dépassent souvent les fiches tactiques avec lesquelles le Portugais travaille. On y voit des flèches, des schémas, des numéros. Ce n’est pas que "AVB" veuille se la raconter en exhibant ses outils tactiques, c’est juste qu’il les a presque toujours avec lui. Un peu à la manière d’un coordinateur offensif ou défensif de football américain. Dès qu’il a un peu de temps, il étudie, analyse, corrige plusieurs des systèmes qu’il a mis en place, fiches et vidéos à l’appui.
Lors de son passage à Chelsea (de juin 2011 à mars 2012), cela faisait rire les dinosaures du vestiaire qui l’avaient surnommé "DVD", lui qui passait beaucoup de temps à étudier à la vidéo les adversaires des Blues comme les performances de sa propre équipe. Sauf qu’aujourd’hui, l’ancien fidèle de José Mourinho (ils sont aujourd’hui en froid), ne fait plus rire personne. Ses Spurs sont quatrièmes du classement, à deux points seulement du troisième, Chelsea. Ils produisent un football de qualité qui leur a notamment offert une victoire à Manchester United (3-2) qu’ils retrouvent ce dimanche à domicile. Ils sont devenus une équipe plus sophistiquée que la saison dernière sous Harry Redknapp.
Quand le technicien anglais s’appuyait sur son relationnel avec ses joueurs pour les faire avancer, Villas-Boas les a lui fait progresser. Tactiquement déjà. Les nombreux exercices à l’entrainement, avec et sans ballon, pour déclencher le pressing, défendre en bloc ou assurer les permutations, portent leurs fruits. Malgré quelques soucis défensifs parfois, à mettre notamment sur le compte du 4-4-2 (on y reviendra), Tottenham est plus discipliné et équilibré que ces dernières saisons. A 35 ans, Villas Boas semble avoir bien changé depuis son échec à Stamford Bridge. Il parait plus assagi, bizarrement plus sûr de lui aussi. Déjà, il ne dort plus dans son bureau du centre d’entrainement, ce qui est une bonne chose. Ensuite, il est à la tête d’une équipe qu’il est lui-même en train de construire. Lloris, Vertonghen, Dembélé, voire Naughton ou Dempsey, sont ses joueurs à lui.
Parfois difficile à suivre
Surtout, il sait désormais s’ouvrir à son groupe. Quand il vivait reclus sur lui-même à Chelsea, probablement intimidé par le vestiaire, il a pris la mesure d’un groupe plus à l’écoute à Tottenham. Début décembre, son équipe avait encaissé dix buts lors des quinze dernières minutes de match depuis le début de la saison. Sans ça, les Spurs auraient été en tête de la Premier League. Il a ainsi ordonné une réunion avec son groupe pour trouver une solution, a organisé des séances vidéos ciblées pour rectifier les erreurs et mis un peu plus l’accent sur le foncier et la concentration pour tenir la distance : depuis, les Londoniens n’ont plus pris un seul but en fin de match.
Mais si le AVB des Spurs parait plus mature que celui des Blues, il reste tout de même parfois difficile à suivre. Il a été capable d’annoncer en début de saison que le 4-4-2 n’était pas un système adapté à son effectif avant de l’imposer après deux mois dans la saison et de persévérer avec même si la complémentarité entre Defoe et Adebayor, par exemple, n’est vraiment pas évidente. Il a aussi été capable de totalement foirer les premiers pas d’Hugo Lloris à White Hart Lane. En voulant être trop loyal envers Brad Friedel qu’il voulait mettre sur le banc progressivement à la faveur du Français, il s’est totalement compliqué la vie. Les choses sont rentrées dans l’ordre parce que Lloris a su être intelligent et patient. Mais ailleurs et avec un autre joueur, cela aurait surement explosé.
Le clash face à Manchester United dimanche à White Hart Lane représente un nouveau test pour lui, tant au niveau tactique, face à Sir Alex Ferguson, que mental pour prouver qu’il est capable de grandes choses avec cette équipe de Tottenham. Il se voit grandir avec elle, pour aller très haut.
Julien LAURENS : Il a intégré la rubrique des sports du Parisien-Aujourd’hui en France en 2001. Depuis 2004, il couvre toute l’actualité de la Premier League pour le journal depuis Londres et suit également l’équipe de France. Depuis 2010, Julien Laurens est aussi le correspondant en Angleterre pour RTL. Il intervient également sur la radio anglaise TalkSPORT et sur CNN.
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