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"On a retrouvé notre Arsenal" : Emery a déjà fait une partie du chemin
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Publié 02/11/2018 à 13:15 GMT+1
PREMIER LEAGUE - Unai Emery réalise un début de mandat encourageant avec Arsenal, qui reçoit Liverpool samedi (18h30) pour l'affiche de la 11e journée. L'ancien entraîneur du PSG a su redonner une identité de jeu aux Gunners, actuellement classés en quatrième position. Mais il lui reste encore beaucoup de travail pour faire du club londonien un véritable prétendant au titre.
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"We've got our Arsenal back, we've got our Arsenal back…". Traduction : "On a retrouvé notre Arsenal". Ce refrain entonné pour la première fois par les supporters des Gunners pendant la correction infligée à Fulham (1-5) n'était pas passé inaperçu. Au cœur de la série de 11 victoires consécutives de la formation d'Unai Emery, il traduisait l'enthousiasme retrouvé des supporters londoniens après tant d'années de déception. L'Espagnol s'est empressé de le tempérer. "Je ne suis pas totalement d'accord avec ça", avait-il insisté en conférence de presse. A raison.
L'ancien entraîneur du PSG a donné ce nouveau souffle dont les Gunners avaient tant besoin pour rompre avec l'ère Wenger. Le chantier était vaste et Emery l'a déjà bien avancé. Mais il est loin d'être terminé. Les deux revers inauguraux face à Manchester City (0-2) et Chelsea (3-2) avaient montré l'écart qui séparait son équipe des prétendants au titre. Depuis, Arsenal a affronté des adversaires de moindre calibre. Mais samedi, c'est Liverpool qui débarque à l'Emirates. Avec sa faculté indéniable à mettre en lumière les défauts persistants de ces Gunners. Mais aussi leurs qualités retrouvées.
Le retour à l'essentiel
Les forces d'Arsenal étaient plutôt en attaque qu'en défense sous l'ère Wenger. Cela n'a pas changé avec Emery. Les Gunners ont la deuxième équipe la plus prolifique de Premier League avec 24 buts inscrits, autant que Chelsea. Seul Manchester City fait mieux avec 27 buts. Le but d'anthologie inscrit par Pierre-Emerick Aubameyang au terme d'une action collective sublime face à Leicester (3-1) illustre la qualité technique et collective londonienne, comme aux plus belles heures des années Wenger.
Mais il faut aussi souligner l'efficacité d'Arsenal. Selon le site whoscored.com, les Gunners n'adressent que 12,3 tirs par match et ne se classent qu'à la 10e place dans ce domaine parmi les équipes de Premier League. Alors qu'ils ont la deuxième attaque du championnat. "Ils sont excellents face au but : Aubameyang est d'une efficacité mortelle et Lacazette a beaucoup progressé depuis la dernière saison", souligne Alex Chick, journaliste pour Eurosport.co.uk. La réussite actuelle du duo d'attaque permet à Arsenal d'exploiter tout son potentiel offensif. C'est essentiel sur ses résultats.
C'est certainement le changement le plus marquant à Arsenal. "Ils travaillent très dur et n'ont pas peur de se salir les mains, résume Alex Chick. Quand les fans ont chanté 'We've got our Arsenal back' face à Leicester, c'était parce que l'équipe avait un visage qui ressemblait à celles des premières années d'Arsène Wenger : avec de la technique et de la vitesse, mais aussi avec dureté." Un nom est systématiquement associé à cette avancée : celui de Lucas Torreira. "Il a été crucial pour permettre cette progression, même s'il a encore beaucoup de chemin à parcourir pour imiter Patrick Vieira."
Le milieu uruguayen, arrivé de la Sampdoria cet été, n'en symbolise pas moins l'intensité retrouvée d'Arsenal à la récupération par son énergie et son volume de jeu. Un apport capital tant les Gunners étaient limités dans ce domaine lors des dernières saisons. "C'est une recrue incroyablement brillante, s'enthousiasme Matt Spiro, journaliste pour BeIN Sports. L'équipe est mieux équilibrée depuis que Torreira joue plus régulièrement." Avec lui, Arsenal a trouvé plus de force et de consistance au milieu. Et sa qualité collective s'est améliorée dans tous les secteurs avec son apport.
Si Arsenal a haussé le niveau, c'est aussi le fruit du travail d'Emery dans le management et la gestion de son groupe. Il a notamment su instaurer une concurrence qui semblait parfois faire défaut sous l'ère Wenger. "La principale avancée avec Unai Emery, c'est notamment qu'il choisit les joueurs qui méritent de jouer et n'hésite pas à remplacer les joueurs qui ne sont pas performants comme Granit Xhaka, Mesut Özil ou Aaron Ramsey, explique Matt Spiro. Avec Arsène Wenger, certains joueurs restaient invariablement dans le onze quel que soit leur niveau de performance."
Les places sont plus chères dans le onze de départ d'Arsenal avec Emery. L'Espagnol se sert du levier de la concurrence pour tirer le meilleur de ses joueurs. Cela lui permet d'impliquer tout son effectif et de faire ainsi fructifier sa méthode de management. "La saison dernière, aucun joueur n'a progressé, estime Matt Spiro. Certains avaient besoin de consignes ou d'être encadrés par le coach. Des joueurs comme Alex Iwobi ou Hector Bellerin ont beaucoup progressé avec Emery parce qu'il leur donne des consignes bien plus claires et parce qu'il travaille individuellement avec eux."
Les lacunes persistantes
C'est la majeure partie du chemin qu'Emery doit encore parcourir. Même si Arsenal dégage plus de qualité à la récupération, sa défense reste bien trop fragile. "Arsenal a déjà concédé 13 buts alors que City n'en concédé que trois, Liverpool quatre et Chelsea sept pour parler des équipes invaincues, constate Alex Chick. Ils ont connu beaucoup de blessures mais globalement les joueurs ne sont pas suffisamment bons. La volonté d'Emery de jouer court dès la ligne arrière exige des joueurs à la fois doués techniquement et forts défensivement. Mais Arsenal n'a pas ces joueurs-là."
L'écart avec prétendants au titre est plutôt d'ordre structurel. Sur la qualité individuelle, Arsenal a du répondant devant, éventuellement au milieu, mais certainement pas en défense. "Les rivaux d'Arsenal ont ce type de joueurs à la fois techniques et solides, notamment Liverpool avec Virgil van Dijk, Manchester City avec John Stones ou Aymeric Laporte, ou Chelsea avec David Luiz, détaille Alex Chick. Face à Crystal Palace, la paire Holding-Mustafi n'a pas tenu la comparaison. Arsenal va devoir investir dans ce secteur pour être considéré comme un prétendant crédible pour le titre."
La tendance était déjà nette dès le coup d'envoi de la saison avec un but encaissé dans le premier quart d'heure face à City, puis deux dans les vingt premières minutes face à Chelsea. Même si les Gunners étaient parvenus à revenir au score avant la pause à Stamford Briddge, ils ne savent pas rentrer dans leurs matches. C'est même dramatique. Si les matches s'arrêtaient à la mi-temps, l'équipe d'Unai Emery n'occuperait que la 17e place du classement. Elle est beaucoup plus dans la réaction que dans l'action. Ce qui limite fatalement son potentiel.
Et traduit son inconstance. Sur un même match, sur une période, Arsenal peut passer d'un extrême à l'autre, du brillant au quelconque. L'équipe d'Emery peine à gérer ses temps faibles. Elle n'en a pas spécialement souffert depuis le mois de septembre face à des adversaires d'un calibre moins important. Mais c'est le genre de lacune qui se paie au prix fort face à une opposition plus relevée. Et dont Liverpool ne se privera pas de profiter.
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