Convoité par un fonds saoudien, Newcastle reprend samedi dans le flou sur son avenir, après que Ryad a été pointé du doigt par l'Organisation mondiale du commerce dans une affaire de piratage d'images sportives qui affecte aussi la Premier League. L'ambiance, déjà largement irréelle sur les terrains du championnat d'Angleterre, en raison du huis clos généralisé lié à l'épidémie de Covid-19, risque d'être encore plus lourde à Saint-James Park pour la réception de Sheffield United, dimanche (15h).

Saint James' Park, le stade de Newcastle.

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Il y a quelques semaines, pourtant, les supporters des Magpies s'y voyaient déjà... Mi-avril, le processus de vente semblait bien engagé entre le groupe PCP Capital Partners, associé au Fonds d'Investissement Public (PIF) saoudien, piloté par le prince héritier Mohammed Ben Salmane qui devait détenir 80% du club au terme du rachat, et le propriétaire du club historique du nord-est de l'Angleterre, Mike Ashley. La perspective d'une destinée à la Manchester City, qui croule sous les titres depuis son rachat par les Emiratis en 2008, a totalement subjugué les supporters noirs et blancs.

Les nuages s'accumulent

Mauricio Pochettino sur le banc, Kalidou Koulibaly en défense, Philippe Coutinho et Adrien Rabiot au milieu, Edinson Cavani et Gonzalo Higuain en attaque... Les noms de recrues potentielles ont commencé à fleurir dans une presse désoeuvrée depuis l'interruption des compétitions. Mais les nuages n'ont fait que s'accumuler au-dessus du projet, lorsque la Premier League a engagé son processus d'évaluation des soupirants, dernières étape avant la concrétisation d'un rachat estimé à 300 millions de livres.

La première vague de résistance a porté sur les droits de l'Homme et l'affaire Jamal Khashoggi, du nom du journaliste saoudien assassiné fin 2018 dans le consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul. Le prince héritier Mohammed ben Salmane, désigné par des responsables turcs et américains comme le commanditaire du meurtre, a dit plus tard assumer, en tant que dirigeant, la responsabilité de ce crime, tout en niant en avoir eu connaissance avant qu'il ne soit commis.

Newcastle United

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Amnesty International et surtout Hatice Cengiz, la fiancée de Khashoggi, ont ainsi écrit à la Premier League pour la conjurer de ne pas donner son feu vert à la transaction. C'est ensuite la chaîne qatarie BeIN Sport qui a attaqué sur un terrain sensible : les droits télévisés.

Diffuseur de la Premier League dans de nombreux pays, BeIN est en guerre contre un système de diffusion illégale de ses images via satellite, baptisé BeoutQ derrière lequel elle voyait la main de Ryad. Mardi, l'Organisation mondiale du commerce lui a donné largement raison en estimant dans un rapport que les autorités saoudiennes n'avaient en tout cas rien fait pour empêcher et sanctionner ce piratage.

Chevalier blanc ?

Difficile dans ces conditions pour la Premier League d'ouvrir la porte à quelqu'un qui, même indirectement, nuit à ses propres intérêts... Très prise par le "Project Restart" pour faire redémarrer la saison, l'organisateur du championnat anglais avait prudemment mis le brûlant dossier de côté, mais il ne pourra pas fuir éternellement ses responsabilités.

Le temps presse pour Newcastle, dont le propriétaire Mike Ashley, très impopulaire chez les supporters et ailleurs - il avait essayé de défier les directives du gouvernement au début du confinement en affirmant que ses magasins d'articles sportifs resteraient ouverts car ils étaient des magasins "essentiels" - semble se désintéresser totalement du club.

Mike Ashley lors de Newcastle - Rochdale en FA Cup le 14 janvier 2020

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Pendant le confinement, il a, en outre, mis au chômage technique une grande partie du personnel du club, y compris le directeur du centre formation et la totalité de la cellule de recrutement, qui n'a donc rien préparé pour le mercato estival. Petite lueur d'espoir, Sky Sports a évoqué mercredi l'existence d'un "chevalier blanc" : Henry Mauriss, magnat américain des télés dans les aéroports, qui aurait mis 350 millions de livres sur la table. Mais avec sa 14e place seulement au classement, Newcastle n'est pas sorti d'affaire et ses 8 points d'avance sur la zone rouge interdisent tout atermoiement dans le sprint final.

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