Dissipons un doute d'entrée : Arsenal ne sera pas champion d'Angleterre 2020-2021. Sauf miracle, écrivons-le quand même, histoire de s'offrir une porte de sortie en cas de surprise. Le débat, concernant les Gunners, ne se situe plus là depuis longtemps de toute façon. Au grand dam des supporters londoniens sans doute mais, factuellement, une équipe qui sort de quatre saisons d'affilée terminées, au mieux, à la 5e place ne se transforme pas magiquement en candidat crédible à la timbale suprême. Surtout quand il faut presque viser les 100 points désormais pour espérer décrocher le Graal.

Une fois ce doute chassé, évoquons les sourires. Ceux qui ne cessent de s'accumuler depuis quelques semaines du côté des Gunners. La victoire face à Liverpool en fin de saison dernière (2-1), le goût d'une Cup fièrement gagnée face à Chelsea (2-1), un Community Shield rondement mené en début de saison et les débuts en fanfare de ce cru 2020-2021 face à Fulham (3-0) ont constitué des bouffées d'oxygène bienvenues dans un club qui semblait tourner en rond.

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Ajoutez-y l'apport des recrues (Willian double passeur décisif pour sa première avec Arsenal, on avait plus vu ça depuis Ray Parlour en 1992) mais surtout la prolongation officialisée de Pierre-Emerick Aubameyang et vous comprendrez que le ciel s'est éclairci ces derniers temps au-dessus de l'Emirates Stadium. Symbolisée par un homme qui n'a pas encore perdu sa bonhommie : Mikel Arteta.

La joie de Mikel Arteta dans les vestiaires d'Arsenal après la victoire en Cup

Crédit: Getty Images

Le 3-4-3, le schéma qu'il fallait aux Gunners

Arrivé avec une réputation flatteuse après avoir secondé Pep Guardiola, l'Espagnol a eu le mérite de ne pas imiter totalement son mentor. Avec lui, pas de doxa mais une adaptation à la situation qu'il a fini par rendre possible. "Ça a pris un peu de temps pour lui mais certains de ses changements ont été immédiats, avance Pete Sharland, journaliste anglais d'Eurosport, mettant en avant la nécessité d'Arsenal de mettre fin aux portes ouvertes derrière. Il a rendu Arsenal bien plus compact que sous Emery où c'était vraiment trop facile pour les adversaires derrière".

La première conséquence fut de passer en 3-4-3 plutôt qu'en 4-2-3-1. Avec un défenseur central supplémentaire, Arsenal a gagné en solidité derrière et a surtout permis de relancer certains, comme David Luiz ou Granit Xhaka, bien plus à leur avantage dans ce schéma de jeu. Depuis l'instauration de nouveau système, Arsenal présente des chiffres à faire pâlir n'importe quel coach de Premier League : 13 matches, 9 victoires, 2 petites défaites mais surtout, uniquement 9 buts encaissés, une nouveauté pour ces Gunners.

Offensivement aussi, Arteta a fini par trouver a bonne formule. "Sans surprise, surtout venant d'un disciple de Guardiola, il a permis à Arsenal de mieux gérer les transitions depuis l'arrière avec une relance réellement repensée, surtout dans les deux premiers tiers du terrain, pour mieux s'appuyer sur la vitesse de ses attaquants dans le derniers tiers", complète Pete Sharland. A cet égard, le but d'Aubayemang face à Fulham ressemblait à s'y méprendre à celui inscrit face à Liverpool dans le Community Shield avec une relance courte puis un changement de rythme soudain issu d'une ouverture côté opposé. Le tout dans une chorégraphie tactique, avec le piston gauche qui déborde, assez bluffante.

L'enthousiasme, enfin

Détail sémantique qui n'en pas un, Arteta est récemment passé du statut de "head coach" à "manager" : une manière de dire que l'avenir des Gunners passe désormais forcément par lui. Tout n'est pas encore au point, certes, que cela soit défensivement ou en termes de caractère. Mais, pour la première fois depuis bien longtemps à l'Emirates, il y a quelque chose en mouvement qui n'a plus rien à voir avec le cercle vicieux dans lequel le club londonien semblait pris ces dernières années, même avec Arsène Wenger comme manager.

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Comme un symbole, cette accalmie relative semble accompagnée celle qui entoure le Manchester United d'Ole Gunnar Solskjaer. Les méthodes diffèrent certes, mais l'impression que ses deux géants du passé ont une vision claire pour le futur n'a jamais été aussi concrète que ces derniers mois. Et franchement, c'est rafraîchissant. Car dans ces nouvelles ères, post-Ferguson et post-Wenger, on y voit enfin plus clair.

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