Mettre fin à une malédiction vieille de 30 ans ? C'est fait. Conserver son titre, 36 ans après le triplé de 1982 à 1984 ? C'est une autre histoire. Si Liverpool demeurait favori à sa propre succession en septembre dernier, les récents événements font planer un doute sur la capacité des hommes de Jürgen Klopp à réaliser un hypothétique doublé. Le technicien allemand le reconnaît d'ailleurs volontiers : "Si nous remportons le titre, ce sera un énorme accomplissement. Peut-être plus grand (que celui de la saison dernière)".

Les obstacles s'amoncellent en effet sur la route des Reds. Dans une saison jouée à vitesse grand V, il eut été miraculeux d'éviter les blessures. Non seulement Liverpool n'a pas pu le faire, mais celles-ci ont touché l'axe de la défense, élément-clé de l'obtention du titre la saison dernière. Si la blessure de Virgil van Dijk ne peut être imputée aux cadences infernales - n'est-ce pas Jordan Pickford ?-, Klopp a un autre avis concernant Joe Gomez. "Nous avons perdu des joueurs. Avec Joey (Gomez), c'était à cause de l'intensité de la saison", a-t-il assuré dans une interview au Daily Mail. Une intensité qui ne va pas baisser de sitôt : d'ici au 2 janvier, Liverpool s'apprête à jouer 12 matches… en 42 jours.

Ligue des champions
Blessures, boxing day et pression des diffuseurs : Klopp et Liverpool au bord de la rupture
IL Y A 10 HEURES

La défense de Liverpool, sa meilleure arme

Changée par l'arrivée de Van Dijk en janvier 2017, la défense de Liverpool ne fait désormais plus tache face à l'armada offensive des Reds. Mieux, ces deux dernières saisons, Liverpool a terminé meilleure défense de Premier League. De l'autre côté, l'attaque n'a jamais fait mieux que celle de Manchester City (89 buts marqués contre 95 en 2018-2019, et même 85-102 en 2019-2020). La base de ce mur, c'était la paire Van Dijk-Gomez. Surtout le premier d'ailleurs. En son absence, et en celle de son partenaire, Klopp va devoir innover sans avoir le droit de se manquer. Sans quoi, Liverpool perdrait un atout essentiel.

Fabinho ou l'un des jeunes Nathaniel Phillips (23 ans), Rhys Williams (19 ans ) et Sepp van den Berg (18 ans) : qui accompagnera Joël Matip ? Contre West Ham, Klopp avait opté pour Philips, qui avait fait mieux que répondre présent. Absent de la liste de la Ligue des champions, il devrait enchaîner les matches d'ici janvier, au moins. Avant que les Reds ne se renforcent à ce poste ? "Je ne sais pas ce qu'on pourra faire en janvier, mais bien sûr qu'on regardera le marché", a lâché Klopp, qui doit aussi se passer de Trent Alexander-Arnold pour quelques semaines.

Dans une saison qui n'est "pas normale" selon les mots du coach, Liverpool doit donc se battre plus que les autres pour le moment. Et s'il y a eu cette défaite incompréhensible à Aston Villa (7-2), les Reds le font plutôt bien. Mais jusqu'à quand ? Les matches s'enchaînent, les blessures et les absences liées au Covid-19 se multiplient comme des petits pains. Déjà difficile, la saison peut l'être encore plus pour un groupe qui se bat au plus haut niveau depuis plus de deux ans.

Le "Fabulous Four" des Reds : idée suicidaire ou coup de génie tactique ?

"100 points ? Je ne crois pas cela possible"

L'usure du pouvoir n'est pas une chose à prendre à la légère. Deuxième de Premier League en 2019 après une saison exceptionnelle (97 points) et vainqueurs de la Ligue des champions, les Reds peuvent-ils tirer la langue plus que d'autres ? "Nous sommes un groupe très uni. Et plus nous avons de problèmes, plus nous sommes solidaires, nuance Klopp. Nous avons toujours été comme ça et ça se passera toujours comme ça dans ce club. Donc, comme je l'ai dit, nous ne cherchons pas d'excuses". Reste que dans une saison spéciale, avec un groupe diminué, la perspective de voir Liverpool lâcher dans la tête n'est pas irréaliste.

Il serait cependant bien prématuré d'écarter le champion en titre de la course à sa succession. Troisième à un point de Leicester, son adversaire ce dimanche, Liverpool compte cinq unités d'avance sur Manchester City, jusqu'à preuve du contraire son rival numéro un. Mais dans une saison particulière, un vainqueur particulier peut-il se dégager ?

Selon Klopp lui-même, il ne faudra pas aller chercher des hauteurs exceptionnelles cette fois. "Je ne pense pas que quelqu'un puisse aller chercher les 100 points. Cette saison ? Avec quatre semaines de moins et le même nombre de matches ? Je ne crois pas cela possible. Même les 87 points semblent très loin". A qui cela profitera-t-il ? A un Liverpool moins dominateur capable de faire la différence aux moments opportuns avec son expérience ? A un champion inattendu ? Réponse dans quelques mois.

Participants possibles, milliards et rôle de la FIFA : tout savoir sur la Super Ligue Européenne

Premier League
"Pas sûr que nous finissions la saison avec 11 joueurs" : le cri d'alarme des coaches anglais
23/11/2020 À 14:33
Premier League
Même blessé, Liverpool marque les esprits
22/11/2020 À 21:07