Arsenal - Liverpool (Premier League) I 3 rouges en 8 matches : les Gunners ont les nerfs à vif
Par Vincent Bregevin
Publié 26/10/2024 à 23:55 GMT+2
L'expulsion de William Saliba le week-end passé était déjà la troisième de la saison pour Arsenal, qui reçoit Liverpool ce dimanche (17h30) pour le choc de la 9e journée de la Premier League. Voir rouge est devenu une mauvaise habitude pour les Gunners depuis que Mikel Arteta a pris place sur le banc des Londoniens en 2019. Un excès de nervosité rédhibitoire pour le titre ?
Mikel Arteta, dépité lors de la défaite d'Arsenal à Bournemouth
Crédit: Getty Images
Ce sera l'un des enjeux du rendez-vous avec Liverpool. Voir si Arsenal est capable de finir le match à onze. C'est loin d'être acquis. Après huit journées de Premier League, les Gunners ont déjà vu rouge à trois reprises, plus que n'importe quel autre club dans l'élite du Royaume. Une quatrième expulsion sur les neuf premiers matches de championnat serait un record égalé. Seuls Liverpool, à deux reprises (1999-00 and 2023-24), Leicester City (1994-95) et Sunderland (1996-97) ont connu cette mésaventure jusqu'ici.
Trois rouges, c'est déjà trop, et ça coûte des points. Arsenal a remporté ses cinq matches de Premier League quand il a terminé à onze, aucun des trois qu'il a finis à dix. Les Gunners ont concédé un nul face à Brighton (1-1) après l'expulsion de Declan Rice, un autre à Manchester City (2-2) après celle de Leandro Trossard, et donc une défaite à Bournemouth (2-0) après celle de Saliba. Si les hommes de Mikel Arteta pointent à quatre longueurs de Liverpool avant de recevoir les Reds, c'est en partie dû à cette fâcheuse tendance à terminer un match en infériorité numérique.
18 expulsions sous l'ère Arteta
L'entraîneur du club londonien a bien identifié le problème. Il est totalement conscient de ses conséquences sur le parcours de son équipe, et de la nécessité de le régler au plus vite. "Nous ne pouvons pas continuer à jouer à dix, surtout à ce niveau, et vous voyez toutes les difficultés que rencontrent les équipes pour gagner des matches de football, a reconnu le technicien espagnol lundi en conférence de presse. Nous devons éradiquer cela, c'est clair."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/10/18/4052318-82184008-2560-1440.jpg)
Pourquoi le Ballon d'Or 2024 ne passionne pas les foules
Video credit: Eurosport
La tâche ne s'annonce pas simple pour autant. Car le problème ne date pas d'hier. Depuis l'arrivée de Mikel Arteta sur le banc d'Arsenal en 2019, les Gunners ont reçu pas moins de 18 cartons rouges. Cinq de plus que Wolverhampton et Everton, les deux équipes qui les talonnent dans ce "classement". Sur la même période, Manchester City, son principal rival dans la course au titre, a subi deux fois moins d'expulsions (9). Et Liverpool, l'actuel leader de la Premier League, trois fois moins (6). L'écart est trop important pour ne pas être pénalisant.
De la nervosité plus que de l'agressivité
Il n'est pas totalement dû au hasard. Les Gunners ont progressé dans la qualité collective sous la direction d'Arteta pour devenir les dauphins de City ces deux dernières saisons. Mais ils sont aussi devenus plus agressifs. "Arteta voulait que son équipe soit agressive et difficile à jouer, explique Pete Sharland, journaliste à la rédaction britannique d'Eurosport. En tant qu'ancien joueur, il est conscient de l'étiquette d'Arsenal, qui était parfois 'facile' à jouer et qui pouvait être un peu malmené par les petits clubs. Clairement, depuis qu'il est arrivé, il a essayé de se débarrasser de cette étiquette et de rendre l'équipe plus méchante."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/10/14/4051407-82165788-2560-1440.jpg)
"Klopp n'a jamais revendiqué le fait d'être le dernier grand romantique du foot"
Video credit: Eurosport
Pour autant, cela ne ressemble pas vraiment à un excès d'agressivité au regard de la nature des cartons rouges reçus par Arsenal cette saison. Ceux de Rice et Trossard ont résulté d'un deuxième carton jaune pour gain de temps. Et celui de Saliba pour une faute en position de dernier défenseur après intervention du VAR. "Je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'un manque de discipline, je pense qu'il s'agit plutôt d'un excès de nervosité parce qu'Arsenal ressent vraiment la pression d'un candidat au titre", avance Pete Sharland.
Un écart à combler avec City
Maîtriser ses nerfs, c'est encore une qualité qui fait chroniquement défaut à Arsenal. Cela se ressent sur certaines phases de jeu, notamment celles qui ont entraîné les expulsions adressées aux Gunners cette saison. Savoir gérer ces petits moments de nervosité qui peuvent avoir les plus graves conséquences, c'est justement ce qui sépare encore Arsenal d'une équipe comme Manchester City. Les hommes de Josep Guardiola n'ont d'ailleurs reçu que deux cartons rouges sur les deux dernières saisons de Premier League.
Combler cet écart, cela fait partie des impératifs pour Arsenal dans sa quête d'une première couronne en Premier League depuis 2004. "Ces cartons rouges, c'est une raison pour laquelle ils ont perdu des points lors de ces matches, il y en a d'autres, estime Pete Sharland. La dernière fois qu'un champion avait reçu trois cartons rouges ou plus, c'était Leicester en 2015-16. Il y avait aussi eu Chelsea en 2014-15. Mais depuis ces deux-là, ce n'est pas arrivé." Trois expulsions en huit journées, c'est peut-être déjà rédhibitoire pour les ambitions de titre d'Arsenal. Et s'ils ont le temps de prouver le contraire, les Gunners vont devoir corriger cette mauvaise habitude de voir rouge pour y parvenir.
Sur le même sujet
Plus de détails
Arsenal
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/sport/football/club/logo/300/4007.png)
2
2
Liverpool
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/sport/football/club/logo/300/4075.png)
Publicité
Publicité